I. — Retour sur rhistoire^^antérieure
La Confédération des Treize Cantons. — De 151*^ à 1798, pendant près de trois siècles, la Suisse resta la Confédération des Treize Cantons, généralement connue, au xvi° siè~ cle, sous le nom de Ligues de la Haute- Allêinàyne^ et, aux siècles suivants, sous celui île Louable Corps Helvétique.
La configuration géographique, le régime politique intérieur, les conditions mêmes de Talliance de ces Etats les différenciaient entre eux. Les uns étaient des cantons campagnes, comme les cantons forestiers primitifs {Wahhtœtten), que dirigeaient des assemblées, composées de tous les citoyens, et appelées Landsgemeinden ; leurs chefs étaient des Landammanns^ Les autres étaient des républiques citadines, à la manière des villes impériales, des cantons urbains, gouvernés par des Conseils aristocratiques. Tandis que les villes de Ziirich et de Bàle, par exemple, présidées par des bourgmestres ^ gardaient davantage le caractère d'aristocraties marchandes, Berne, dont le premier magistrat était un avoger (Schultheiss), avait un
I. Voir ci-dessus, t. HI, p. f>ii et Ooo. — Sur !<'s frinM-ros iwvv «lliarlcs W Téméraire, t. lU, p. 180 et suiv.
patriciat plus semblable à la noblesse des autres pays, parce que ses membres possédaient les domaines seigneuriaux de ce vaste canton et poursuivaient une fortune plus spécialement militaire *. Ces treize cantons {Orte) exerçaient chacun, sur leur territoire, un droit absolu de souveraineté, qui leur permettait, au besoin, de contracter des alliances particulières avec d'autres puissances, sans que ces alliances allassent toutefois jusqu'à la rupture de la Confédération même. Ils ne se trouvaient |kis régis par une constitution fédérale précise. Il n'existait que certaines stipulations générales, réglant des principes de droit ou d'organisation militaire et gouvernementale, telles que la Charte des Prêtres de 1370, celle de Sempach de 1393, le Convenant de Stanz de 1481, sans compter les actes de renouvelleraenl d'alliance. Des Diètes fédérales, ordinaires ou extraordinaires, composées des députés des treize cantons (en général, deux par Etat), se réunissaient, une ou deux fois par an, pour régler les intérêts communs. Un lien central manquait. La ville de Zurich, qui l'emportait par la richesse comme par l'activité commerciale et intellectuelle et qui avait donné le signal de la Réforme religieuse de la Suisse % jouait cependant le rôle d'un Etat directeur {Vorort). Ce n'était pas assez que les intérêts sociaux et politiques privés séparassent les différents cantons. La Réforme du xvi° siècle les avait désunis encore, créant parmi «ux un corps catholique et un corps évangélique, qui réunissaient, chacun, une diète à part. Au premier appartenait la majorité des cantons, au nombre de sept. C'étaient, il est vrai, les moins considérables : cantons forestiers primitifs d'Uri, de Schwytz et d'Unterwald (Obwahl et Nidwald), puis Zug et les villes de Soleure, de Fribourg et de Lucerne, celle-ci prenant en main la direction de la cause. Le corps évangélique, dont Zurich et Rerne se disputaient la direction, se composait du reste des cantons. Encore, parmi ceux-ci, s'en trouvait-il que
\. 11 y avait des avoyers dans les cantons très aristocratitjues de Berm*, Lucerne, Fribourg et Soleure; des bourgmestres à Zurich, Mie et SchafTouse, des landammanns à Schwytz, Uri, Unterwald (Obwald et Nidwald), Zug, (ilari<. Appenzell (Rhodes Extérieures et Intérieures). Parmi les alliés, Mulhouse, Sainl- <jall et Bienne avaient des bourgmestres; (lenève, îles syndics.