‹ Histoiree générale du IVe siècle à nos jours (volume 3)Chapitre 106 sur 166 · Voir ci-ile'isus, t. IV, p. 4o5 et suiv · texte numérisé non relu

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IlETOUR SUR L'HISTOIRE ANTÉRIEURE 793

divisait la confession religieuse, ainsi Glaris et Appenzell. Ce dernier canton comptait, et compte encore, TEtat (Stand) ou demi-canton catholique des Rhodes Intérieures et TEtat ou demicanton prolestant des Rhodes Extérieures.

Les alliés et sujets. — Le xni'' siècle et le xiv* constituent, en Suisse, le temps des luttes pour l'indépendance; le xv** et la première partie du xvi% celui des guerres de conquête ou Tàge de gloire militaire. A partir de cette époque, bien que les Suisses au service de l'étranger soutiennent la vieille réputation militaire de la nation, celle-ci s'arrête dans son expansion territoriale, soit à cause de ses querelles intestines, religieuses et sociales, soit à cause de l'influence exercée par les puissances voisines, notamment par la France. Ce n'est pas que la Confédération n'ait jamais étendu ses bras au delà des limites des Treize Cantons. Elle comptait, d'abord, un certain nombre d'alliés de premier ordre {Zngewandte), qui se trouvaient unis par des traités, soit avec le Corps Helvétique dans sa presque totalité, soit avec deux ou trois seulement de ses membres. Ces alliés de premier ordre étaient Tabbé de Saint-Gall et la ville protestante de Saint-Gall, l'évèque de Bàle et la ville protestante de Bienne, sa vassale. Les villes impériales de Mulhouse, de BoUweil et môme de Strasbourg en faisaient aussi partie, ainsi que les trois Ligues Grisonnes, le Valais, la principauté de Neuchâtel et la république de Genève. Cette dernière cité, qui chassa son évêque et rejeta les prétentions du duc de Savoie au xvi° siècle, avait d'abord été l'alliée de Berne et de Fribourg; elle resta, jusqu'à la fin, celle de Berne et de Zurich. Parmi ces alliés de premier ordre, l'abbé de Saint-Gall, les villes de Saint- Gall, de Bienne et de Mulhouse, et le Valais lurent les seuls dont les députés se vissent tolérés à la Diète. Venaient ensuite des alliés de second ordre {Verumndte) ou simples protégés. C'étaient, comprises dans les limites suisses, un certain nombre de seigneuries, d'abbayes ou de petites républiques, comme Gersau. Dans cette catégorie rentraient aussi des Etats voisins plus importants, des duchés comme celui de Milan, qu'un capitulât unissait aux cantons catholiques, des provinces, comme la Franche-Comté, des cités impériales, comme les quatre villes

forestières du Rhin, au sud de la Forêt Noire. Tous cesnienibre:^ appartenaient au Corps Helvétique sous la désignation générale de Cantons et Alliés.

Plus qu'à ces alliés de catégories diverses, le Corps Helvétique attachait d'importance aux jmys sujets, c'est-à-dire aux conquêtes que les cantons avaient faites dans le cours du xv^ cl du XVI* siècle. Ces sujets rentraient, en premier lieu, dans les bailliages dépendant de plusieurs cantons à la fois, surtout des huit cantons primitifs. C'était le cas de l'Ârgovie et de la Thurgovie, arrachées à la maison d'Autriche, et du Tessin, dépouille du Milanais. D'autres pays sujets ne relevaient que d'un seul canton : ainsi, le pays de Vaud, des Bernois; la Marche, des Schwytzois; le comté de Werdenberg appartenant à Glaris, celui de Toggenburg à l'abbé de Saint-Gall, le Bas- Valais romand au Haut- Valais allemand, la Valteline aux Grisons. On voit combien était compliqué le système intérieur de la Suisse, qui resta jusqu'en 1798, malgré ses formes républicaines, un véritable imbroglio féodal.

Indépendance et neutralité de la Suisse. — Si la Suisse s'arrêta dans ses conquêtes au xvi* siècle, elle jouit, du moins, à partir de cette époque, d'avantages définitivement acquis. Quoique ce soit seulement le traité de Weslphalie qui ait établi officiellement la souveraineté intégrale de la Suisse, la nation vivait en fait, depuis 1500, dans une indépendance absolue, soit à l'égard du Saint-Empire romain germanique, soit à l'égard de tout autre Etat européen. Au xvi*^ siècle aussi, la Suisse proclama un principe qui ne fit que se développer dans la suile des temps, celui de la neutralité. Elle déclara s'abstenir de toute participation aux guerres de ses voisins et ne souffrir, si possible, aucune violation de son territoire, ni aucune ingérence étrangère. Cette neutralité n'embrassait pas seulement les limites des Treize Cantons, mais elle s'étendait aux Alliés. Le Corps Helvétique la réclama et la fît respecter pour la Franche-Comté et pour Strasbourg jusque sous Louis XIV, et, jusqu'à la Révolution, pour les villes forestières du Rhin, pour Mulhouse, RottweiK l'évêché de Bàle, Genève, Neuchatel et même la Savoie du Nord. La possession en commun des pays

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