‹ Histoiree générale du IVe siècle à nos jours (volume 3)Chapitre 116 sur 166 · Voir ci-dessus, t. VU, p. 837 et · texte numérisé non relu

Voir ci-dessus, t. VU, p. 837 et

H'ti L'AMÉRIQUE

assemblée refusa de reconnaître la nouvelle colonie. La Virginie réclamait en effet, comme comprises dans les limites établies par sa charte, aussi bien les régions de la rive gauche de rOhio que celles de la rive droite. Elle oi^anisa la Transylvania en comté sous le nom de Kentucky (1776). La population s'accrut promptement et de petites villes prirent naissance, <;omme Lexington. Des déserteurs de l'armée américaine grossirent le nombre des colons. Les tribus indiennes du nord de rOhio étant venues une fois de plus attaquer les aventuriers du Kentucky, Rogers Clark, chargé par le gouvernement virginien de la défense du nouveau territoire, passa le fleuve, battit les Peaux-Rouges, et s'empara (1778) du pays entre le Mississipi •et le Wabash, territoire que la Vii'ginie érigea aussitôt en comté dlilinois. Les succès de Clark mirent fin aux incursions des Peaux-Rouges de TOhio en Kentucky.

Shelby fut pour le Tennessee ce que Boone et Clark avaient -été pour le Kentucky. Il battit les Cherokees (1779) avec des troupes de la Caroline du Nord, et se fit céder par eux le haut Tennessee. La vallée duHolston vit affluer les émigrants autour •de rétablissement de Knoxville. Robertson fonda peu après, ilans le Tennessee de la plaine, le bourg de Nashville, qui grandit avec rapidité. Les Chickasaws restaient jusqu'alors en possession du Tennessee occidental confinant au Mississipi.

Les délégués des trois comtés du Tennessee de l'est eurent comme les premiers pionniers kentuckyens l'idée de constituer nn État indépendant (1785). Ils mirent a leur tète, un peu 4nalgré lui, John Sevier, l'un des héros de King's Mountain, petit-fils d'un Français huguenot du nom de Xavier, chassé de France par la Révocation. Le nouvel Élat, baptisé du nom de Franiilin ou Frankland, élut une législature et vota un projet de Constitution (1785). Mais des querelles éclatèrent; le gouvernement de la Caroline du Nord en profita pour rétablir son autorité sur le Tennessee. Sevier fut traduit en justice, con- •damné et expulsé du pays.

Le Kentucky commença en 1785 un nouvel eflbrt pour s'organiser en un Etat indépendant, et, cette fois, réussit. La Virginie donna son adhésion, à condition que le Kentucky assumât une

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jiart proportionnelle de la dette virginienne, que la navigation do rOhio restât libre désormais pour tous les Etals et que lestilres de yiropriélé conférés par les lois de Virginie fussent tenus pour bons et valides. L*admission officielle du Kentucky dans rUnion n'eut d'ailleurs lieu qu'en 1791, celle du Tennesseeen 1796.

Plttsburg et le Far- West. — Le 29 juillet 1789 parut à Pittsburg (l'ancien fort Duquesne), à l'extrême ouest de la Pensylvanie, le premier journal imprimé à l'occident des Aller ghanys, the Pittsburg Gazette, Trois années plus tard un voyageur remarquait à Pittsburg des manufactures et beaucoup de fumée. Celte pctile ville, reliée à Philadelphie par la principale route vers ce qui élait alors le Far-West, était le point de départ des émigrants pour la région des grandes plaines descendant a rOhio et au Mississipi. 12 000 pionniers défrichaient déjà les bords des rivières du Kentucky. En 1780 s'élevèrent sur l'autre rive de l'Ohio, en plein pays indien, les premières huttes de bois de Cincinnati. De 1780 à 1790 il y eut une grande poussée d'émigration vers ces régions. Des bateaux plats et des pirogues, descendant l'Ohio, circulaient sur le Mississipi, depuis le poste de Saint-Louis, fondé par le Français La Clède, jusqu'à la Nouvelle-Orléans. Le pays sur la rive droite était aussi inconnu que le centre de l'Afrique à la môme époque. C'était le domaine du trappeur, du chercheur de pelleteries, en lutte constante avec la nature et avec l'Indien. Aucun blanc n'avait encore vu les sources du Mississipi.

Lorsque la Virginie, le New-York, le Connecticut et la Caroline du Nord eurent cédé en principe à l'Union leurs prétentions à la possession des lerres occidentales, situées au nord et au sud de l'Ohio, entre les Alleghanys et le Mississipi, le Congrès eut à s'occuper de l'organisation de ces territoires destinés à devenir la propriété commune des Etats-Unis lorsque la guerre serait terminée.

Mais avant môme que les Etals eussent fait l'abandon de leurs droits, le Congrès avait déjà voté (septembre 1780) une résolution dont l'importance historique ne saurait être trop fortement signalée : « Il sera disposé du domaine territorial pour

le bénéfice commun des États-Unis. Ce domaine sera colonise, puis divisé en Etats républicains distincts, qui deviendront membres de notre union fédérale et auront les mêmes droits de souveraineté, de liberté, et d'indépendance que les autres États. » Le Congrès, au milieu des incertitudes de la guerre, déclarait TUnion non seulement perpétuelle, mais susceptible d'une extension indéfinie.

La renonciation des Etals à leurs prétentions sur les terres de Touest n'était encore définitive en 1784 que pour la partie située au nord de TOhio. La Caroline du Nord ne céda qu'un peu plus tard ses droits sur le Tennessee ; la Yii^inic s'obstina à conserver une sorte de suzeraineté sur le Kenlucky jusqu'au jour où ce territoire fut admis dans l'Union. La Géorgie fut longtemps en conflit avec le Congrès pour le droit aux terres indiennes dans le pays occupé aujourd'hui par les Etats d'Alabama et du Mississipi.

Organisation du territoire public : ordonnance de 1787. — Tandis que la Convention nationale, d'où allait sortir la Constitution des Etats-Unis, se réunissait et délibérait à Philadelphie *, le Congrès vota (1787) une « ordonnance » relative à l'organisation du territoire du nord-ouest, c'est-à-dire la constitution politique, économique et territoriale du domaine fédéral au nord de TOhio. Cette ordonnance résumait quatre années de délibérations et d'études, et incorporait les clauses essentielles de diverses propositions de JetTerson sur ce sujet. JeiTerson avait demandé que l'esclavage fût aboli dans tout le territoire occidental à partir de 1801, mais l'opposition des Etals du Sud oblijrea de restreindre cette clause aux régions situées au nord de l'Oliio. C'est d'ailleurs à ces régions seules que s'appliquait l'ordonnance de 1797, le Kentucky et le Tennessee ayant déjà en quelque sorte réglé la question pour eux-mêmes.

L'ordonnance divise le territoire au nord de l'Ohio en trois Etals dont chacun sera admis comme tel dans l'Union, dès que sa population aura atteint 60 000 habitants. L'esclavage est interdit dans tout ce territoire, mais les autorités qui y seront

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