‹ Histoiree générale du IVe siècle à nos jours (volume 3)Chapitre 122 sur 166 · Voir ci -dessus, t. VII, p · texte numérisé non relu

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L'INDE b\] NORD 88î>

Alam II, chassé de Dehli et réduit aux villes de Korah et Allahabad; le radja de Bénarès, Sheïl-Singh ; le nabab-vizir de TAoude, Shoudja-ud-DaouIa; les Rohillas, dont un chef était maître dans Dehli; les princes radjpoutes du Radjpoutana; et enfin les Mahrattes, dont nous aurons fréquemment à parler. Les Afghans, si entreprenants au temps du Dourani, avaient cessé leurs incursions dans Tlnde depuis que s'était dressée sur leur route la puissance nouvelle des Sikhs. En somme trois puissances musulmanes : Tempereur, TAoude, lesRohillas; trois puissances de religion indoue : les Radjpoutes, les Sikhs, les Mahraltes. C*est surtout par ces derniers que se serait accomplie la < reconquête indoue de llndouslan » si la puissance anglaise n'avait changé le cours des destinées.

Bien que le Bengale, avec ses dépendances (Béhar, Orissa, Circars), fût totalement sous la domination anglaise, il subsistait cependant, sur ce riche pays, un dualisme de pouvoir; ou plutôt le pouvoir s'était décomposé en deux éléments : la dïvanie ou l'administration financière (depuis 1765) appartenait aux Anglais, avec la puissance militaire; le nizamat, c'est-àdire l'administration civile des indigènes y compris la justice et la police, restait à l'ancien souverain. Il y avait deux capitales : à Calcutta, celle de la Compagnie britannique ; à Mourchédabad, celle du soubab (Moubarek-ud-Daoula depuis 1766). En outre Patna obéissait à un gouverneur particulier, Shitabroy. Les Anglais avaient placé le jeune soubab sous la tutelle d'un naîbsoubab^ qui avait iOU 000 livres sterling de traitement et disposait de la liste civile de son pupille, 300000 livres. Pour cet emploi il y avait une compétition entre Mohammed-Riza, un musulman, etNuncomar(Nanda-Koumar), unindou. Les Anglais donnèrent la préférence au premier et par là rejetèrent, le second dans l'opposition et dans l'intrigue.

Difficultés dans le Bengale. — Ce fut précisément sur ce point que Hastings rencontra les premières difficultés. La Cour des Directeurs à Londres estimait que le Bengale ne rendait pas assez; elle en accusait Mohammed-Riza; elle enjoignit à Hastings de le destituer, de l'arrêter avec tous les siens, de procéder à une enquête sévère sur son administration, enfin de

recourir aux conseils de Nuncomar. Haslings connaissait celuici pour le plus perflde des Indous et avait de Testime pour Riza. Il fallut pourtant obéir : Riza fut arrêté. C'était un coup d*Etat^ presque une révolution : le parti musulman semblait frappé à mort; le parti indou triomphait. Toutefois Hastings n*entendail pas se livrer à Nuncomar : il ne lui confia ni le trésor du prince, ni la tutelle du soubab. Autre résultat de ce coup d*Etat : le dualisme de pouvoir était détruit; il n*y avait plus dans le Bengale qu'un maître, la Compagnie. Celle-ci, tout d'abord, réalisait une économie considérable : elle supprimait le traitement du naib-soubab et, sous prétexte que le soubab était si jeune, réduisit sa liste civile de 320 000 livres à 160000. Elle cessa de payer le tribut de 300 000 livres qu'elle devait à l'empereur. Elle se mit à trafiquer des territoires et des trônes. Les instructions de Hastings à ses agents se résument en celte phrase : « Gouvernez paternellement et envoyez beaucoup d'argent. » De ce grand besoin d'argent fut influencée toute la politique anglaise dans l'Inde du Nord.

Affaire des Rohillas. — On sait que les Rohillas, de race afghane, de religion musulmane, organisés en tribus guerrières, s'étaient emparés de l'ancienne province de Bareilly et lui avaient donné leur nom : Rohilkhand. Un de leurs chefs, Nedjeb, en 1761, avait été investi de Dchli par le Dourani victorieux; il empêcha Tempereur d'y rentrer, et, en mourant, transmit le fief à son fils, Zabita-Khan (1770). L'année suivante (1771), l'empereur Alam II implora vainement le secours des Anglais pour reprendre Dehli. Il obtint l'appui du souverain de l'Aoude, arma ce qui lui restait de noblesse mongole, puis son < bataillon rouge », corps d'infanterie régulière commandé par le Breton René Madec ' ; il fit appel aux Mahrattes, qui lui imposèrent de dures conditions. Du moins, il put entrer dans sa capitale (25 décembre). Le nabab-vizir de TAoude crut le moment venu d'opérer la conquête du Rohilkhand. Une première fois, il avait essayé de la faire avec l'appui des Anglais, mais il se montra impuissant à préserver les Rohillas contre les ravages des Mahrattes et se les aliéna.

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