Voir ciKÎessus, t. VII, p
(Reinhardt). Nadjaf fut blessé en chargeant à la tète de ses cuirassiers; mais la victoire fut pour lui. Sombre, qui avait ménagé ses hommes et fait retraite en bon ordre, passa le lendemain au service du vainqueur. Ce qui empêcha Nadjaf d'achever la conquête du pays, ce fut la nouvelle que Tempereur était assiégé dans son palais de Dehli par Zabita-Khan . Il courut au secours de son souverain et battit les Robillas à Panipat (1*776;. En 1779, il battit les Mahrattes auprès de Mirath (Meerul) avec Taide de la fameuse brigade de Sombre (mort en 1778), commandée par sa femme la Begum Joanna, souveraine de la nababie de Sirdannah^ Cette brigade, organisée à Teuropéenne, devint le dernier espoir de l'empire mongol; car Mirza-Nadjaf mourut en 1782, et Tindolent Alam II fut de nouveau le jouet des intrigues de palais. Pourtant, si « grand était encore le respect qu'on gardait à la maison de Timour, assure René Madec, encore que la presque totalité de la Péninsule eût été soustraite à son autorité, que pas un potentat de l'Inde n'osait prendre le titre de roi j». René Madec, qui dut quitter l'Inde en 1780, n'avait cessé de recommander au gouvernement et aux agents de la France, comme la seule politique raisonnable, de soutenir les droits de l'empereur. Hastings écrivait presque dans les mêmes termes (déc. 1783) : .« Nous devons prendre en mains la cause de l'empereur, si nous voulons assurer notre autorité dans l'Inde. » Mais ce rôle de défenseurs de la légitimité, les Anglais n'étaient pas encore en état de l'assumer. Nous avons vu que Hastings le destinait au Sindhia. Quand le prince impérial, Javan-Bakht, vint à Lucknow (mars 1784) implorer pour son père le secours de l'Angleterre, Hastings lui donna le conseil de s'adresser à Madhava-Rao.
Par malheur, le Sindhia n'avait pas seulement à s'occuper de l'empire; avant tout, il entendait maintenir sa situation à la cour de Pouna, au sein de la confédération mahralte, source de sa puissance militaire. Que de fois, dans les moments les plus critiques pour la sécurité de Dehli, le Sindhia se verra forcé de courir à Pouna, afin de prévenir les intrigues dirigées contre lui, car le Péshva était jeune et Farnavis n'était point sûr!
î. Voir ci-dessus, l. VII, p. 222.
Le Sindhia et Benoit de Soigne. — C/cst en 1784 que le Sindhia s'assura les services du Savoisien Benoît de Boigne, le plus célèbre des aventuriers européens de ce temps. Boigne, né à Chambéry en 1751, avait servi dans les garnisons de France ou dans Tîle de France (jusqu'en 1770). Puis il avait passé au service de la Russie et pris part à la campagne dé l'Archipel (1770). Fait prisonnier par les Turcs dans une descente à ïénédos, relâché au bout de sept mois, il avait couru des aventures en Perse, puis en Egypte, et enfin s'était embarqué à Suez sur un vaisseau de la Compagnie britannique. Débarqué àMadras, il s'y trouve sans ressource, donne pour vivre des leçons d'escrime, puis s'engage comme enseigne dans un bataillon de cipayes britanniques (1778). Il part ensuite pour Calcutta, est bien reçu par Warren Hastings et bientôt chargé par l'autorité anglaise de visiter le camp du Sindhia sous Gwalior. Très mal accueilli par le Sindhia, traité comme un espion, il se met au service de l'ennemi du Sindhia, le radja de Gohad, qui avait déjà l'Ecossais Sangster, un corps de cipayes, un train d'artillerie. Bientôt, il acquiert dans l'Inde un renom d'habileté militaire; plusieurs radjas sollicitent ses services. Levassoult, le second mari de la Begum Sombre, parle de lui au Sindhia. Celui-ci, qui préparait une expédition dans le Bundelkhand, autorise Boigne à lever deux bataillons, lui assignant des subsides en conséquence (convention de Mattrah, 1784). Boigne confie à Sangster, devenu son ami, la fonderie de canons. Il crée des chantiers, des magasins, des fabriques d'armes, enrôle des déserteurs européens, embauche des officiers français, anglais, irlandais, etc., instruit des recrues indigènes. Il se distingue dans toutes les campagnes du Sindhia; en 1784, dans celle du Bundelkhand, il prend d'assaut la forteresse de Kallinger.
Le Sindhia protecteur du Grand-Mogol. — Avec un auxiliaire aussi précieux que Boigne, le Sindhia peut assumer le rôle de protecteur de l'empire. En octobre 1784, les divisions entre les généraux du Grand-Mogol obligent celui-ci à se confier au Sindhia. En mars 1785, Madhava-Rao fait son entrée dans Dehli, se prosterne devant l'empereur, lui offre ses services.
Histoire oéxérale. VIII. 5<
et, en échange, obtint de lui deux patentes; Tune accordait au Péshva le titre de vice-gérant de Tempire; l'autre attribuait au Sindhia le commandement de Tarmée impériale comme délégué du vice-gérant. Du même coup, le Sindhia mettait la main sur le pouvoir impérial et se créait le plus glorieux titre à la bienveillance du Péshva. Le revenu des provinces de Dehli et Âgra était assigné à la solde de ses troupes.
Luttes du Sindhia contre les musulmans et les Radjpoutes. — Pour assurer les communications entre Dehli et ses Etals du Malva, le Sindhia, dès 1780, avait voulu mettre la main sur la forteresse de Raghagarh : ce qui lui attira une guerre contre toute la confédération des Radjpoutes. Us mirent sur pied 100000 hommes et 400. canons. Le Sindhia marcha contre eux avec ses réguliers mahrattes, un corps de cavalerie et d'infanterie mongoles, sous Mohammed et son neveu Ismaîlbeg, généraux de Tempereur; enfin les contingents à l'européenne sous Boigne et Lesteneau. Tout cela constituait maintenant « Tarmée impériale ». Elle livra le combat de Lalsot, près deDjaipour, qui dura trois journées (mai 1787). D*abordles canons et les baïonnettes de Boigne firent merveille. Mais, le troisième jour, Mohammed et Ismaïl-beg, avec presque toutes les troupes mongoles et 80 canons, passèrent à l*ennemi. Du moins, Boigne couvrit la retraite du Sindhia.
Ce qui avait provoqué la défection des Mongols, c'était le mécontentement de leur noblesse qui craignait de perdre ses fiefs, les antipathies entre païens et musulmans, et aussi les intrigues à la cour de Dehli, auxquelles Tempereur, qui déjà trouvait incommode son nouveau protecteur, ne fut pas étranger. La défaite de Lalsot fut aggravée par d*autres échecs et par la révolte de plusieurs chefs musulmans. Boigne lui-même désespéra un moment de la fortune du Sindhia et fut à grand* peine retenu à son service. Le problème politique et militaire semblait, en elTet, insoluble : comment maintenir Tempire mongol, si la noblesse mongole et même Tempereur se tournaient contre son défenseur? Comment achever la « reconquête indoue », si les Indous,du Radjpoutana se tournaient contre les Indous du Mahratti?
Le fils de Zabita-Khan (mort en janvier 1785), Ghoulam- Kadir, aussi turbulent que son père, se mit en marche sur Dehli, en chassa la garnison mahratte, obtint audience d^Alam II, et, après une vive résistance de celui-ci, obtint de supplanter le Sindhia dans la faveur impériale. Pendant ce temps, le Sindhia était tenu en échec sous Gwalior, ses meilleures troupes assiégées dans Agrapar Ismaïl-beget par Ghoulam- Kàdir (nov. 1787). Au combat de Chaksana, près de Bhartpour, son infanterie fut rompue par les charges de Ghoulam, tandis que les bataillons de Boigne repoussèrent celles dlsmaïl. Toutefois, il fallut opérer une retraite, que Boigne couvrit encore. Heureusement, Ghoulam-Kàdir fut rappelé dans ses Etats par une invasion des Sikhs, alors alliés du Sindhia. Dans Thiver, le prince impérial, qui n'avait pas mieux réussi à obtenir le secours de lord Cornwallis qu'auparavant celui de Warren Hastings, vint à Dehli retrouver son père et de là envoya une lettre au roi George III, le suppliant de « restaurer l'autorité royale, de punir les rebelles et d'assurer le repos au peuple de Dieu ». Puis, menacé par Ghoulam-Kàdir, il se réfugia dans Bénarès, où il mourut en mai 1778.
Le Sindhia fit un suprême effort pour débloquer Agra, et cette fois Boigne lui assura la victoire sur Ismaîl-beg (18 juin 1778). Mais l'empereur était en relations secrètes avec tous ses ennemis. Boigne renonçait à la lutte et se retirait à Luknow, où il retrouvait son ami, le général Claude Martin, de Lyon, le richissime négociant, plus tard fondateur, dans Luknow, du magnifique collège de la Martinière, et, à Lyon, de splendides établissements. Pendant quelque temps, Boigne, associé avec Martin, ne s'occupa que de commerce.
Le Grand-Mogol détrôné par les musulmans et rétabli par le Sindhia (1788-1789). —La situation du Sindhia était devenue très mauvaise : la jalousie du Holkar et du Nana Farnavis ne lui laissait plus arriver de renforts. Ghoulam-Kadir et Ismaïl-beg se rendirent les maîtres de Dehli et de la personne impériale (18 juillet 1788). Ils pouvaient assurer la restauration de la puissance musulmane. Ils ne surent que piller le palais et écraser la ville de contributions. N'admettant pas
que le trésor pût être vide, Ghoulam remplaça l'empereur sur le trône par un enfant quelconque proclamé sous le nom de Bedar-Bakht. Il fit fouiller les dames du harem impérial et les dépouilla de leurs joyaux. Il mit à la torture les serviteurs, fit flageller le vieil empereur et ses femmes. A la fin il fit arracher les yeux au malheureux souverain (10 août). Ses excès lui aliénèrent même son complice Ismaïl-beg.
L'approche du Sindhia et de la loyale Begum Sombre, celleci à la tête de cinq bataillons dressés à l'européenne et de 50 canons, détermina ce brigand à évacuer la ville, non sans avoir mis le feu au palais et aux poudres (14 août 1788). Chaudement poursuivi par les Mahratles, il fut rattrapé, torturé, aveuglé, pendu par les soldats du Sindhia (3 mars 1789). L'empereur avait été, aussitôt après la reprise de Dehli, réinstallé par le Sindhia. Ainsi le Grand-Mongol, renversé et maltraité par les musulmans, devait sa restauration à un idolâtre!
Pour maintenir l'empire et sa propre situation, il fallait au Sindhia des troupes dressées à l'européenne. Or, depuis le départ de Soigne, les bataillons ci-devant réguliers étaient tombés dans la même indiscipline que les autres. Lesteneau ne pouvait se faire obéir des siens, qui, n'étant pas payés, se mutinaient. Le Sindhia obtint le retour de Boigne ; celui-ci renvoya les officiers indociles, paya les soldats et rétablit l'ordre. Il forma jusqu'à treize bataillons (12 000 hommes), avec 1000 cavaliers réguliers et 60 pièces d'artillerie. Sur sa brigade flotta le drapeau de Savoie, bleu avec la croix blanche.
La guerre contre Ismaïl-beg et les Radjpoutes ayant recommencé, la brigade rendit les plus brillants services. A la bataille de Pâloun (ou Pâtau, 19 juin 1790), elle dispersa une armée de 45 000 hommes, appuyée de 100 canons. Boigne fit son entrée dans Adjimir, battit de nouveau, le 10 septembre, auprès de Merta, une armée de 30 000 Radjpoutes. Des forteresses imprenables furent enlevées d'assaut ou capitulèrent. Les orgueilleux chefs du Radjpoutana implorèrent la paix.
L'apogée de la puissance du Sindhia. — Ces succès décidèrent le Sindhia à augmenter le corps de Boigne. Il fut presque triplé. On forma trois brigades (Boigne, Perron, Fri-
mont), chacune à neuf bataillons : au total 30 000 fantassins, 18 000 cavaliers et 240 canons. Cinquante-deux districts, de Dehli à Madoura, furent assignés à Tentretien de ces troupes : ils produisaient un revenu annuel de 5 millions et demi de francs. Boigne touchait un traitement de 1800000 francs, et un revenu foncier d*un million. 11 devint < le roi du Doab ». Il avait son quartier général près d*Aligarh, Un arsenal à Agra, des fabriques d*armes à Pahuel, Balandshildàr, Aligarh. Ses campements s'étendaient de Mirath à Kalpi. Pour faire produire à son vaste fief des revenus suffisants, il s'improvisa économiste, perfectionna Tassiette, la répartition, la perception de l'impôt. Ghobal-Rao disait de lui : « C'est un magicien : il fait des canons avec des pierres, du riz avec du sable, des héros avec des Indous. » Parmi les officiers, des Français, comme Perron, Frimont, Drugeon, Bourquien; des Suisses, comme Hessing; des Anglais, comme Smith, Poolman, Sutherland ; des Irlandais, comme George Thomas; des Italiens, comme les deux Filoze. James Skinner était fils d'un Ecossais et d'une Radjpoute. Les soldats étaient de toutes les nationalités orientales, Radjpoutes, Sikhs, Rohillas, Afghans, Tatars, Persans. Payés à jour fixe et d'avance (ce qui ne s'était jamais vu dans l'Inde), assurés de recevoir tous les secours de l'art médical (autre nouveauté), leur dévouement au général égalait leur bravoure.
L'instrument ainsi perfectionné permit de briser tous les obstacles. Ismaïl-beg dut se rendre à Perron et fut envoyé prisonnier à Agra. Un autre adversaire se présenta en la personne du Holkar. A Malhar-Rao, le premier des Holkar, un des combattants de Panipat (1761), mort en 1765 à soixanteseize ans, avait succédé une sorte de fils adoptif, non de la même famille, mais du même clan, désigné par la bru du vieux souverain, l'habile et énergique Ahalya-Bai. Il s'appelait Toukadji. Il avait alors quarante ans et devait en régner trente. Il conçut une violente jalousie contre le Sindhia. Lui aussi possédait une petite armée disciplinée à l'européenne, forte de 4 bataillons sous le Breton du Drenec, plus 38 canons et 30 000 irréguliers. Dans la bataille du défilé de Lakhairi (20 septembre 1792), celte armée, commandée par le Holkar en
personne, vint se heurler à 9000 des réguliers de Boigne. Entre les officiers européens des deux camps, c'était une guerre presque civile. On n'en combattit, pour Thonneur du drapeau, qu'avec plus d'acharnement. Boigne remporta une victoire sanglante. Presque tous les officiers européens du Holkar se firent tuer; 38 de ses canons furent pris. Dès lors il cessa de se poser en rival du Sindhia.
Le Sindhia, malgré ses victoires, gardait deux craintes : celle d'une invasion afghane (qui d'ailleurs ne se produisit pas), celle de la puissance anglaise. A plusieurs reprises, il essaya de tâter celle-ci : par exemple, lorsqu'il émit, au nom de l'empereur, la prétention d'intervenir dans l'Aoude. Sur les avertissements très nets qu'il reçut de Calcutta, il se tint coi. Il comprenait parfaitement, et Boigne ne lui laissait pas ignorer, qu'avec son armée régulière il pouvait battre des Mongols, des Radjpoutes, même des Mahrattes et des Sikhs, mais que, n'étant qu'une copie de celle de la Compagnie, c'est-à-dire moins bien recrutée, encadrée et exercée, surtout bien moins nombreuse, elle ne prévaudrait pas contre les régiments natifs, encore moins contre les régiments européens de la Grande-Bretagne. Il se garda de chercher un conflit et se maintint dans la zone d'activité que lui avait assignée Warren Hastings.
Fin du grrand Sindhia (1794) ; premiers actes de son successeur. — Le Sindhia, maître de l'empire mongol, vainqueur des Radjpoutes et du Holkar, décoré par Alam II des titres les plus magnifiques, n'était toujours, au sein de la confédération mahratte, que le patel de son village et le c porteur de babouches > du Péshva. Parmi ses plus grands succès, c'était toujours du côté de Pouna qu'il regardait; même à Dehli il n'était que le délégué du Péshva, « vice-gérant de l'empire ». En juin 1792, quand il parut à Pouna, il attendit humblement, pendant dix jours, une audience de son souverain ; le jour venu, il se mit au dernier rang des officiers de la cour; appelé devant le jeune Péshva, il s'agenouilla, lui retira ses vieilles babouches, lui en chaussa de neuves, en murmurant : « Tel était l'office démon père, et tel est aussi le mien. > On disait de lui : « Madhava est devenu un souverain en se qualifiant de servi-
leur. 9 En 1794, il reparut à Pouna, et la faveur que lui témoigna le Péshva excita au plus haut point la jalousie du Nana Farnavis. Il mourut tout à coup le 12 février. On raconta que c'était d'un accès de fièvre. Un récit indigène, dans le Tarikh-i- Mouzafari, assure qu'il succomba sous les coups d'assassins envoyés par le Nana. Ainsi finit le plus grand homme qu'ait produit la terre mahratle. Ajoutons que, peu de temps après, le jeune Péshva trouva si lourde la tutelle du Nana qu'il s'y déroba par un suicide.
Le grand Sindhia ne laissait pas d'enfants. Il avait désigné pour son successeur Daoulat-Rao, fils d'un de ses neveux, et alors âgé de quinze ans. Daoulat eut d'abord à s'occuper de la succession de Pouna, et, après quelques variations, se décida en faveur de Badji-Rao, fils de l'ancien prétendant Raghoba. Badji fut élu. Daoulat contribua également à la disgrâce du Nana, qui finit ses jours dans une demi-captivité. Moins sage, moins politique, et aussi plus vindicatif et plus cruel que son grand oncle, il fut en querelle avec le nouveau Péshva, dont il pilla la capitale, avec les ministres de celui-ci, dont trois furent arrêtés et décapités, avec le Holkar, qu'il poursuivit de sa haine, enfin avec le Nizam, aux bataillons duquel ceux de Boigne livrèrent bataille à Beder. Celte inutile tuerie entre officiers européens dégoûta Boigne de son nouveau maître. Il prévit aussi le moment où Daoulat entrerait en conflit avec la Compagnie. Or nous connaissons ses pronostics sur un tel conflit. En septembre 1796, il prit congé du jeune Sindhia, laissant à Perron le commandement de ses brigades *.
En somme si la maison des Sindhia, entre les années 1784 et 1796, a pu jeter un grand éclat, c'est que les puissances voisines,
i. De Boigne arriva en Angleterre en 1797. Il avait réalisé dans Tlnde, tant par le commerce que par les prolils du commandement, une fortune de 6 385 000 francs. Le 11 juin 17î)8, il épousa une émigrce. M"* d'Osmond. Il était hostile & la Révolution française, comme son compatriote Joseph de Maislre. Pourtant il séjourna en France tant qu'il put. En 1802, il se fixa dans sa ville natale, Chambéry, à laquelle il fit en 1822 un don de 3 484 850 fr., et qui lui a élevé le monument dit Fontaine des Éléphants. Sous l'Empire, il fut président du Conseil général du « département du Mont-Blanc ». En 1815. il redevint Savoisien. II fut fait comte parle roi de Sardaigne (1822) et mourut le 21 juin 1830. Il n'eut pas d'enfants de son mariage avec M"'' d'Osmond; d'une union antérieure (1788) avec la fille d'un colonel persan procèdent les comtes de Boigne du xix« siècle.
Tempereur, l'Aoude, les Rohillas, étaient entrées en pleine décadence, que celle des Afghans ne s'exerçait plus dans l'Inde, que celle des Sikhs n'avait pas commencé, que celle des Anglais observait dans le Nord-Ouest une politique d'abstention. Le Sindhia profila d'une sorte d'interrègne.
//. — L'Inde péninsulaire.
État de rinde péninsulaire en 1767. — Les puissances de rinde péninsulaire au lendemain du traité de Paris (1763) étaient : les Français, réduits à la possession des cinq villes; les deux Présidences anglaises de Madras et Bombay; le nabab du Carnatic, le vieux Mohammed-Ali, dont les Anglais occupaient toutes les places fortes, mais qui, n'ayant formellement abandonné ni la divanie ni le nizamat, se considérait comme un prince indépendant et même comme le suzerain de la Compagnie ; le Nizam, Ali, meurtrier de notre protégé Salabet (1761) et son successeur; les radjas de Tandjaore et de Travancore, suzerains des princes Polygars; le zamorin de Calicut; et encore les Mahrattes, représentés ici non par les dynasties du Sindhia, du Holkar, du Guikovar, mais par la cour de Pouna et par le Bhonsla du Bérar. Entre le Nizam et leur protégé Mohammed- Ali, entre celui-ci et les petits dynastes du Sud, dont il ne cessait de convoiter les possessions, le très faible gouvernement de Madras avait grand'peine à maintenir la paix : il ne put empêcher les injustes entreprises de Mohammed-Ali et fut même contraint de s'y associer; il ne put empêcher l'invasion du Nizam dans le Carnatic en 1755, où il commit d'abominables ravages, ni ses guerres contre les Mahrattes. Après sa seconde invasion du Carnatic, la Présidence se crut obligée de conclure avec le Nizam le traité de Ilaïderabad, par lequel la Compagnie s'engageait à lui payer, en échange de sa renonciation à sa suzeraineté sur le Carnatic, une somme de 700000 roupies; à mettre un corps de troupes réglées à sa disposition; à lui faire, en outre, un présent de 500000 roupies (dont naturellement le nabab Mohammed-Ali fit les frais). Ainsi la Présidence considé-
rait si bien le Nizam comme une puissance que non seulement elle le couvrait d'or, mais qu'elle s'engageait, elle si peu belliqueuse alors et si démunie de forces, à l'assister dans tous les actes de sa fantasque politique.
L'ancien royaume de Malssour. — A toutes ces puissances relativement anciennes tendait à s*en ajouter une autre : celle de l'aventurier Haïder-Ali dans le royaume de Maïssour (Mysore). Disons d'abord ce qu'était le royaume. Du v' au xu* siècle, il avait formé un Etat; morcelé ensuite entre plusieurs petits princes, il s'était reformé en partie, grâce à la prépondérance acquise par l'un d'eux, descendant d'un illustre kchatrija, le héros Vidjayaradj, auquel se rattachaient, mais seulement par une série d'adoptions, les radjas du xvni" siècle.
Ce royaume, outre sa capitale d'alors, Marcara, comprenait les villes de Maïssour, Dindigal, Bangalore, Seringapalam (cité de Serinffa ou Vichnou). La population était de race et de langue dravidiennes, parlant le dialecte houlba sur la côte ouest et le tamoul dans la partie est. La religion était indoue et le système de gouvernement tout indien. Les radjas maïssouriens du xviii® siècle, tout occupés de leurs plaisirs, laissaient le pouvoir effectif à des ministres : ainsi le radja Chikka Krishnaradj (1736-1766) aux deux frères Deoradj et Nundjeradj. Ce dernier fut un fidèle allié de Dupleix.
Débuts de Halder-Ali. — Parmi les officiers de Nundjeradj était un aventurier musulman nommé Haïder-Ali. Petitfils d'un derviche qui se prétendait de sang arabe et du sang du Prophète, fils d'un péon (soldat-collecteur) au service du petit nabab de Serah, Haïder-Ali était entré dans l'armée du radja de Maïssour, et s'était élevé peu à peu dans la hiérarchie militaire indoue. Chargé de garder le nid d'aigle de Dindigal, il enrôla tout ce qui se présenta de déserteurs et de vagabonds, les entretint par un pillage méthodique du pays, et devint un grand chef de guerre. Il était absolument illettré, mais savait calculer de tète, tenant ainsi la comptabilité de ses troupes et de sa province. Ce petit-fils d'un saint était tolérant, presque indifférent en matière de religion. Ce forban ne commit jamais <le cruautés inutiles. Très brave, il avait l'instinct de l'art
militaire, un grand sens politique, une ambition démesurée.
Profitant des mutineries qui éclatèrent parmi les troupes du radja, des divisions entre les deux frères, Deoradj et Kundjeradj, qui se partageaient le pouvoir, il finit par s*imposer au radja, se fit inféoder, sous prétexte de payer les troupes, la moitié du royaume. Il agissait avec le radja exactement comme la Compagnie anglaise avec les dynastes de Tlnde. L*Ëtat qu*il dominait ainsi, il travaillait à Tagrandir en guerroyant contre les Mahraties. Il profila des guerres de Lally-ToUendal pour conquérir les territoires d*Anikal, de Baramahal, se fit céder par Lally celui de Thiagar (1760), battit les troupes anglaises envoyées contre lui. Son intervention dans la guerre du Carnatic allait assurer la victoire à Lally, quand soudain une contre-révolution le rappela dans le Maïssour. La reine mère avait excité son fils contre l'incommode protecteur. Les Iroupes royales assiégèrent Haïder-Ali dans le palais. Il parvint a s'échapper, à rejoindre ses troupes, mais il dut d'abord céder aux Maliratles la province de Baramahal, leur verser 300 000 roupies. Libre alors de se tourner contre le radja, il battit les troupes royales, se fit livrer la totalité des revenus du royaume, réduisit le souverain à la condition d'un simple pensionnaire. Il ne le détrôna pas, mais, jusqua 1799, la dynastie légitime devait misérablement végéter dans Marcara, tandis que Haïder, puis son fils, régnaient eflectivement dans Seringapatam. Il se passa là le même phénomène qu'entre le puissant Péshva de Pouna et la vieille dynastie mahratte de Saltara. Il y eut celte différence qu'un royaume indou venait de se transformer en un Etat musulman. Toutefois Haïder se contenta des simples titres de nahah (gouverneur) ou de hhan^ sans assumer le titre royal de sultan,
La situation générale était favorable à ses ambitions : Pondichéry venait de succomber (1761), mais les Anglais étaient affaiblis par leurs victoires mêmes; les Mahrattes venaient d'être écrasés à Panipat, l'empereur baitu sous Palna, les autres dynasties réduites à l'impuissance. Il y eut là un ensemble do circonstances favorables qui, pour Haïder-Ali, dans le Sud, comme pour le grand Sindhia, dans le Nord, per-
mirent à un nouvel État indigène de jouer un rôle considérable.
Haïder-Ali s empara de Serah, Balipour, Gouti, Harponelly, Raidroug, Chilaldroug, ces derniers vrais nids d'aigle. En 1762 il conquit la province maritime de Bednore, avec son port de Mangalore ; puis Souda et la nababie de Savanore, ce qui étendit ses domaines jusqu'à la Kistna. Cette acquisition avait l'inconvénient de le rendre voisin des Mahrattes. A plusieurs reprises ils envahirent ses Etats, lui imposèrent des cessions de territoires et de lourdes contributions de guerre. Eux partis, il reprenait le terrain perdu; mais c'était toujours à recommencer.
Première guerre de Halder-Ali contre les Anglais. — En 1767 se forma contre Haïder-Ali une coalition entre la cour de Pouna et le Nizam, que durent suivre les Anglais de Mudras, liés par leur traité de Haïderabad. Ce fut la première guerre de Haïder-Ali contre les Anglais. Ceux-ci ayant envoyé un faible corps dans le Baramahal sous le colonel Smith, un revirement s'opéra : le Nizam, inquiet, fit alliance avec Haïder; le corps de Smith, cerné à Trinomaly, fut très maltraité. Haïder envoya dans le Carnatic 5000 cavaliers, qui ravagèrent tout le pays jusque sous les murs de Madras et faillirent surprendre la ville. Haïder et le Nizam ayant été battus près d'Ambour, le Nizam demanda la paix. Un traité fut signé entre lui, les Anglais, le nabab du Carnatic (février 1768). Le Nizam confirmait Tautonomie du Carnatic, l'acquisition, par les Anglais, des Circars, de Balagaut, une province de Haïder. En échange, ils mettaient à sa disposition deux bataillons de cipayes et six canons. Haïder était déclaré usurpateur et rebelle par le Nizam, son supérieur dans la hiérarchie mongole. Les Anglais de Bombay lui prenaient Mangalore et ses possessions du Malabar. Ceux de Madras lui faisaient la guerre sous le nom do leur nabab du Carnatic. De ce côté, ce fut Haïder qui prit l'offensive ; il battit le colonel Wood et lui prit ses bagages (1768). En 1769, il envahit de nouveau le Carnatic, fit par deux fois visite aux Français de Pondichéry, menaça de plus près Madras. Les Anglais, terrifiés du danger que courait leur métropole, traitèrent (4 avril 1769) aux conditions suivantes : restitution mutuelle des conquêtes; alliance défensive. Un traité à part fut
conclu avec les Anglais de Bombay : Haîder leur concédait le monopole du poivre; en revanche, ils lui fourniraient des canons, des fusils, des munitions. L'aventure se terminait à rhonneur et à lavantage de Haîder. Son nom se répandit dans rinde et devint célèbre à Paris comme à Londres.
Les Anglais ne surent même pas observer le traité du 4 avril. Quand Haîder fut, en 1770, attaqué par les Mahrattes, ils restèrent neutres, malgré la clause de Talliance défensive : neutres par indifférence et par impuissance. Ceci, Haîder ne devait pas Toublier. Comme les Anglais continuaient à soutenir leur nabab du Carnatic dans ses guerres les plus injustes contre le Tandjaore, les Polygars, etc., cela créait un monde de princes mécontents, sans parler du cri des populations rançonnées et pillées. Haîder apparaissait à tous comme un libérateur. Enfin nous connaissons ses sentiments d'amitié pour les Français. Or la guerre d'Amérique avait commencé.
L'Inde péninsulaire pendant la guerre d'Amérique.
— En 1778, avant que la déclaration de guerre fût officiellement connue, les Anglais firent main basse sur les établissements français. Chandernagor, Mazulipatam, Karikal, Yanaon tombèrent sans résistance. Pondichérv fut sommée le 9 août. L'escadre de Tronjoly, après un combat indécis contre l'escadre anglaise (10 août), cingla vers le sud et ne reparut plus. Au milieu d'octobre une brèche fut ouverte par les batteries anglaises dans l'enceinte de Pondichéry; le gouverneur Bellecombe fut contraint, en présence des colones d'assaut déjà prêtes, à signer une capitulation. Elle fut très honorable, mais les fortifications furent rasées. Mahé succomba ensuite (mars 1779) sans avoir tiré un coup de canon.
Deuxième guerre de Haider-Ali contre les Anglais.
— Les Anglais de Tallitcherry avaient encouru la colère de Haïder-Ali en soutenant contre lui un de ses vassaux rebelles. Depuis longtemps il faisait ses préparatifs, recevant de France des armes et des munitions, enrôlant des déserteurs européens, disciplinant des recrues indigènes. Ilavaitconclu lapaixavec les Mahrattes; il comptait sur le Nizam, toujours mécontent des Anglais. Tout en faisant féliciter ceux-ci de leur succès à Pondi-
chéry, il leur avait signifié son opposition à toute attaque contre Mahé, attendu que cette ville était située sur le territoire d'un de ses vassaux, le radja de Malabar. Puis il déclara qu'il ne leur permettrait pas d'occuper Gontour, qu'ils s'étaient fait céder par un frère du Nizam. Or Gontour était un port, et les Anglais entendaient fermer l'Inde à tout débarquement français. Un détachement qu'ils envoyèrent pour occuper Gontour fut arrêté par Haïder-Ali et contraint de reculer. Une coalition se forma contre eux entre Haïder, les Mahrattes, le Nizam. La Présidence de Madras enjoignit à ses troupes, renforcées etcommandées par le colonel Baillie, de passer outre et de franchir la Kistna (juin 1780). En réponse, Haïder, avec 100 000 hommes, 100 canons et le corps français de Lally, qui venait de quitter le service du Nizam, marcha droit sur Arcote. Une seconde armée du Maïssour menaçait Tallitcherry et une troisième Madoura. On annonçait que les Mahrattes du Bhonsla se préparaient à envahir l'Orissa britannique. Une flotte française était en route pour l'Indoustan. La situation des Anglais devenait critique.
Tandis que Haïder-Ali assiégeait Arcote (août 1780), son fils Tippou-Sahib écrasait le corps de Baillie. Ce général anglais, ayant vu tous ses cipayes détruits, son lieutenant Fletcher tué, n'ayant plus que 400 hommes autour de lui, dut capituler. Encore, la moitié des survivants furent massacrés par les Maïssouriens. — Lally, Pimorin et d'autres Français, en exposant leur vie, parvinrent à en sauver 200.
Quand la nouvelle de ce désastre parvint à Calcutta, Hastings se hâta d'expédier sur Madras le général Eyre Coote, avec 580 Européens et 630 indigènes. On demanda du secours au nabab d'Arcote, qui fit la sourde oreille, au radja de Tandjaore, qui n'avait que trop de griefs contre les Anglais. Du moins, Hastings s'assura la neutralité du Bhonsla et, en lui restituant Gontour. celle du Nizam.
Haïder-Ali avait profité de sa victoire pour presser le siège d'Arcote : la ville fut prise d'assaut le 31 octobre et la citadelle capitula le 3 novembre. Elles furent aussitôt mises en état de défense par les mêmes ingénieurs français qui avaient aidé à la
capture. Toutes les autres places du Carnatic, sauf Vellore, Vandavachy, Permacoïl, Chinglepet, succombèrent. Eyre Coote, qui disposait de 7000 hommes, dont 1700 Européens, fit lever le siège de Vandavachy. Il se préparait à poursuivre ses succès lorsqu'une flotte française apparut. Pondichéry s'agitait : on dut désarmer les habitants et brûler tous leurs bateaux.
Tandis que la flotte française, 7 vaisseaux de ligne et 4 frégates, entrait en rade de Pondichéry, puis se retirait pour chercher de Teau, Haïder-Ali avait repris TofTensive. Le 18 juin 1781, Eyre Coote, ayant attaqué la pagode fortifiée de Ghillambaram, fut repoussé avec de grosses pertes.
Ce succès enhardit par trop Haïder-Ali, car, le 1'' juillet, il accepta une bataille rangée auprès de Porto-Novo et la perdit.
L'objectif des Anglais était maintenant Arcote. Pour sauver cette place, Haïder accepta une nouvelle bataille auprès de Conjévéram. Il occupa une si bonne position et entretint un feu si nourri sur les assaillants que la première ligne anglaise se rejeta en désordre sur la seconde. S'U avait alors fait charger sa cavalerie, les Anglais étaient totalement détruits (27 juillet). La nuit les sauva. Au matin du 28, ils apprirent la retraite des Maïssouriens. Ils purent donc tirer les salves de victoire. Cependant il n'y avait de vivres ni dans leur camp ni même à Madras. Tout le pays était contre eux, fournissait d'espions Haïder-Ali, tandis qu'eux-mêmes ne pouvaient rien savoir de ses mouvements.
Un nouveau gouverneur, Macartney, était arrivé le 22 juin 1 781 à Madras. Son premier soin fut d'enlever tous les postes des Hollandais, alors alliés de la France, et d'occuper le port de Negapatam. L'Inde, cette fois, était hermétiquement fermée. Il imposa au nabab du Carnatic un traité qui affectait tous ses revenus, pour cinq années, aux frais de la guerre.
Au début de 1782, ce fut Haïder qui recommença les hostilités par la prise de Chiltore et le siège de Vellore. Les Anglais, au prix d'un violent combat, parvinrent à ravitailler cette dernière place (janvier). Mais le 10 février, Tippou, avec 10000 cavaliers, 10 000 fantassins, 20 canons, les 400 Européens de Lally, anéantit auprès de Tandjaore la petite armée de Braitwaitc.
Lally décida la victoire par une charge à la baïonnelte. Puis il se prodigua pour sauver les vaincus.
Jusqu'à cette heure les forces du roi de France n'avaient guère aidé les Maïssouriens. Ce fut seulement en avril 1782 que commença la brillante campagne navale du bailli de Suffren ^ Elle n'intéresse la péninsule indoue que par le débarquement à Porto-Novo de 2000 Français, qui y furent rejoints par TippoUy et par la prise de Gondelour. Le 29 avril, on apprit la paix conclue par les Mahrattes à Salbaï ', Eyre Cootc proposa au Maïssour d'y accéder. Haïder répondit en affirmant sa fidélité à l'alliance française. Or, peu de temps après la quatrième bataille navale de Suffren, Haïder mourait à Chittore (décembre 1782), à Tâge de quatre-vingts ans.
Continuation de la guerre sous Tippou-Sahlb. — Son entourage tint cette mort secrète pour que son fils, occupé dans l'Ouest à combattre les Anglais de Bombay, eût le temps d'accourir. Tippou rassembla sous Vellore l'armée du Garnatic, reçut le serment des officiers, paya aux soldats la solde arriérée et fut acclamé sultan de Maïssour. Il fut rejoint par un important renfort français. Il avait maintenant 100 000 soldats indigènes et 1300 Européens. Eyre-Coote ne disposait que de 11 500 natifs et 3000 Européens. Le 13 janvier 1783, les deux armées étaient en présence auprès de Vandavachy, et il semblait que le dernier jour de la domination anglaise allait se lever, quand tout à coup Tippou démantela la forteresse d'Arcote, évacua le Garnatic et s'éloigna dans la direction de rOuest. Il y était rappelé par une invasion de l'armée anglaise de Bombay, rendue disponible par la paix avec les Mahrattes. Elle comprenait, sous le général Mathews, 8 bataillons de cipayes et 1200 Européens. Elle avait conquis Bednore, Onore, Ananpore, Mangalore, bref tout le littoral du Maïssour. Le 9 avril 1783, Tippou tombait sur elle à l'improviste. Il reprenait la ville de Bednore et presque toutes les places perdues. Il ne restait plus d'Anglais qu'à Mangalore (696 Européens et 2850 natifs). Pour le siège de cette place, Tippou
i. Voir ci-dessus, t. VU, p. o60.