‹ Histoiree générale du IVe siècle à nos jours (volume 3)Chapitre 125 sur 166 · Voir ci-dessus, p · texte numérisé non relu

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912 L'îNDOUSTAN

disposait de 60000 cavaliers, 30 000 cipayes, 600 fantassins français sous le colonel de Cossigny, plusieurs corps européens, dont celui de Lallv, et 100 canons.

Le poste de combat qu*il avait dû abandonner dans le Carnatic était maintenant occupé par le vieux Bussy, arrive dans rinde avec la troisième escadre française. Il avait à défendre Gondclour contre les Anglais. Le 13 juin 1783, il repoussa un assaut, qui leur coûta 900 soldats et 62 officiers européens. Mais le 25 il échoua dans une sortie, où le sergent Bernadette, le futur roi de Suède, fut blessé et fait prisonnier. En somme la situation générale restait excellente : sur la côte du Carnalic, on résistait dans Gondelour; sur la côte de Coromandel, Mangalore était sur le point de succomber; le 20 juin, Suffren avait livré sa cinquième bataille navale et rejeté la flotte anglaise sur Madras. Tout à coup survint la nouvelle de la paix de Versailles.

Par cette paix les Anglais nous rendaient les cinq villes, avec des territoires plus compacts et plus vastes qu'au traité de 1763. Mais ils sauvaient leur empire indien.

Tippou, qui, sous Mangalore, venait de livrer un assaut le 4 juillet et en préparait un nouveau pour le H, fut désespéré de cette paix. Du moins il consentit à la suspension d*armes qu'avait acceptée Bussy. Il dut souffrir que Mangalore, où la garnison en était réduite à dévorer les vautours et les chacals nourris de la chair des morts, fût deux fois ravitaillée par la flotte britannique. Toutefois cette garnison était à ce point réduite par le feu et les maladies que son chef, le vaillant Campbell, oQ'rit, non de capituler, mais de < se retirer ». Tippou se hâta d'accepter, car le siège lui avait déjà pris une année et coûté la moitié de ses troupes. La reddition eut lieu le 2 janvier 1784. Puis, le 12 mars, Tippou consentit à un traité de paix, sur la base de la restitution mutuelle et générale de toutes les conquêtes. Encore une fois le Maïssour sortait victorieux de son ardente lutte contre la Grande-Bretagne. Il avait battu les Anglais sur les deux rivages. Il apparaissait comme le premier Etat militaire de la Péninsule et l'espérance de tous les opprimés. Il comprenait alors, outre l'ancien Maïssour, des

territoires doubles en étendue de celui-ci ^ et où ne se parlaient que des dialectes dravidiens '. Cet Etat était donc l'expression politique d'une véritable nationalité, mais qui s'ignorait et s'ignore encore.

Gouvernement de lord Gornwallis (1786-1793). — Après la courte administration de Macpherson (1785-1786), le véritable successeur de Warren Hastings, à Calcutta, fut lord Cornwallis. Après deux parvenus de génie, Clive et Hastings, c'était un homme de la haute aristocratie, un parfait gentleman, qui arrivait au gouvernement général de l'Inde. Né en 1738, il avait servi dans la guerre de Sept ans, paru à la cour de Frédéric II : il passait pour un militaire. En 1762, la mort de son père le fit lord ; la même année, il fut nommé colonel et aide de camp de George III. Pendant la guerre d'Amérique, il remporta les petits succès de Camden et Guilford, mais signa la mémorable capitulation de Yorktown. Dans l'Inde, il allait être surtout l'homme du roi et de William Pitt, et, par eux, maître absolu des ressources financières des royaumes britanniques et de la Compagnie, sûr de recevoir toujours des renforts, sûr d'être toujours approuvé. Sans avoir du génie, du moins il était appliqué, froid, habile, résolu, très sage politique, courtois et humain envers l'ennemi. — Son administration de l'Inde, coïncidant avec les guerres de la Révolution, peut se résumer en ces termes : lutte contre Tippou-Sahib, l'allié de la France; saisie des colonies françaises; constitution aristocratique de la propriété foncière dans le Bengale.

Caractère de Tippou-Sahlb. — Tippou-Sahib, né en 1749, héritait à trente-quatre ans de Tempire de Maïssour. A la différence de son père, il était un lettré. Sa mère croyait avoir obtenu sa naissance en priant sur la tombe du saint marabout Tippou, dont elle lui donna le nom : il fut donc un dévot musulman, plus intolérant qu'Aureng-Zeb lui-même '. Il

1. Ancien Maïssour; Bednore avec Mangalore; Malabar avec Calicul; nababies (le Serah, Savanore, Souda, Karnaoul, Kadapah; royaume de Courg; ancien royaume de Bangalore; territoires d'Anikal, Baramahal, Gouti, BcUary, ChltaN droug, etc.

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