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L INDE PENINSULAIRE 921
Ce fut pourtant sous ce gouvernement si timide que la plupart des établissements hollandais situés dans les mers de llnde tombèrent aux mains des Anglais : tous ceux de la péninsule indoue, tout le littoral de Ceylan, enfin les Moluques et le Cap.
Grouvernement .de lord T^Tellesley (1797-1805). — L'Irlandais Richard Cowley, né en 1760, pair d'Irlande depuis 1781, puis membre des Communes d'Angleterre, était un dévoué partisan de Pitt. Nous le trouvons successivement lord de la Trésorerie (1787), membre du Conseil privé (1793), lord Mournington avec pairie anglaise (1797). C'est alors qu'il fut envoyé gouverneur général dans l'Inde, où il devait conquérir le titre de marquis de Wellesley. Sous ses ordres y servit, comme colonel, Arthur Cowley-Wellesley (le Wellington des guerres napoléoniennes). Nous n'avons à nous occuper ici que de la première partie du gouvernement de Wellesley, pour les années 1797 à 1799. Elles furent occupées presque uniquement par la lutle conlre Tippou, lutle qui se trouva être en même temps la lutte contre l'influence française et contre les compagnies d'aventuriers français.
Causes de la deuxième guerre anglaise contre Tippou. — Tippou, sous le faible gouvernement de Shore, avait commis certains actes qui servirent ensuite de motifs à une nouvelle attaque contre lui. En 1794, il avait envoyé des ambassades au sultan de Constantinople, pour réclamer son secours. En 179S, il avait encouragé contre le Nizam la révolte de son fils Ali-Djah, qui fut vaincu par le corps français de Raymond. En 1796, ambassade à Zeman-Shah, souverain de l'Afghanistan, en vue d'une alliance contre les Mahrattes et les Anglais. En avril 1797 parut à la cour de Tippou le capitaine corsaire Ripaud, un aventurier vantard, qui se donnait pour un envoyé du Directoire. Il eut l'audace de signer un traité d'alliance entre Tippou et la République française < une et indivisible ». Il flatta si bien les espérances du sullan que celui-ci crut pouvoir stipuler le secours de 30 ou 40 000 Français, dont quelques milliers de vétérans. Ripaud, le 5 mai, ouvrit a Seringapatam un club jacobin, et brûla solennellement les insignes de la royauté. Le 14 mai, il arbora le drapeau tri-
colore, que Tippou fit saluer de 2300 coups de canon. Le lendemain, à la plantation d*un arbre de la liberté, les clubistes, au nombre de 59, firent le serment de haine aux Anglais et à tous les rois, excepté le € citoyen Tippou ». Elu président, Rigaud rédigea un code édictant la peine de mort contre < quiconque essaierait de rétablir la royauté ». En octobre, il emmena à nie de France deux envoyés du sultan, porteurs d*une lettre pour les Directeurs de la République, € les magnifiques, les élevés en rang, les seigneurs du pouvoir exécutif ». A Tile de France, ces envoyés apprirent combien Ripaud avait abusé le sultan. Le seul bataillon dont disposât le gouverneur Malartic avait été envoyé à Batavia au secours des Hollandais. Toutefois des enrôlements fournirent 120 hommes. En outre le gouverneur Malartic lança une proclamation (18 juin 1798) dont le seul résultat fut de faire connaître aux Anglais Timprudente démarche de Tippou. Wellesley, qui avait tous les préjugés aristocratiques et pittistes contre la Révolution, et qui au parlelement britannique avait prononcé de virulents discours contre le jacobinisme, ne se sentit que plus décidé contre le sultan, allié de la France et des.c jacobins ». Il Teût attaqué aussitôt s'il n'en avait été empêché par la dispersion de ses propres forces. En attendant leur concentration, il entreprit d'activés négociations pour remettre sur pied la coalition de 1790.
Le traité anglais avec le Nizam (1798). — Avant tout il fallait obtenir du Nizam la dissolution de son corps c français », porté alors à 14 000 hommes, mais privé de son chef par la mort de Raymond *. Wellesley promit au Nizam le secours eiTectif et permanent que n*avait osé lui assurer John Shore. Voici quelles furent les stipulations du traité du 1*' septembre 1798 : au lieu de deux bataillons « anglais », le Nizam en aurait six; on le soutiendrait contre toute revendication « injuste » des Mahrattes; le subside pour Tentretien du corps < anglais » serait quadruplé ; le corps € français » serait dissous et ses officiers livrés aux Anglais.
.1. Il étail morl le 6 mars 1798. Son tombeau est au pied de la fontaine de Golconde, reconnaissable à un obélisque de granit dans lequel est pratiquée une niche; une lampe y brûle perpétuellement.
Cette dernière clause, il restait a Texécuter. Le Nizam hésita longtemps, saisi de terreur devant l'apparente difOculté de l'entreprise. Mais déjà les officiers du corps « français > étaient en discorde; les soldats, non payés, se mutinaient et désertaient. Le corps était réduit à 4000 hommes quand il fut cerné par 6 bataillons anglais et par la cavalerie du Nizam. Les soldats se soumirent moyennant paiement de la solde arriérée et passèrent au service britannique. Les officiers obtinrent de conserver leur pécule. Ils furent conduits à Calcutta pour y être embarqués à destination de l'Europe.
Wellesley communiqua aux Mahrattes le traité conclu avec le Nizam et les pressa d'imiter celui-ci. Le jeune Sindhia décida le Péshva à refuser; il entendait garder son armée « française ». D'ailleurs les Mahrattes s'inquiétaient de l'ambition britannique. Ils promirent seulement de rester neutres.
La deuxième guerre anglaise contre Tippou (1798- 1799). — Ce qui avait encore décidé Wellesley à se hâter, c'était la nouvelle de l'armement de Bonaparte à Toulon *, puis de son débarquement en Egypte, d'où il annonçait l'intention de passer dans l'Indouslan ". Le 8 novembre 1798, Wellesley fit savoir à Tippou qu'il connaissait les relations de celui-ci avec les Français; il les lui dépeignit comme professant des « principes d'anarchie et de confusion, propres à détruire votre propre autorité et la religion que vous révérez ». Il lui offrit le maintien de la paix, moyennant qu'il renonçât à toutes relations avec les Français, leur interdît son territoire et consentit à dissoudre son corps < français ». Tippou répondit en félicitant les