Voir ci-dessus, l. VU, p. 889 et t. VUI, p
l'administration anglaise 929
du roi, mais serait considéré comme son ennemi. La violence du conflit alors soulevé entre les deux Chambres entraîna la chute de Portland et de Fox. Avec le ministère Pitt, ce fut l'avènement des amis du roi.
Pitt, à son tour, eut à résoudre le problème du gouvernement de rinde. A son tour, il déposa un India Bill (14 janvier 1784). Il donnait à l'Inde la constitution qui devait durer jusqu'en 1858. Il instituait non un Bureau de gouveiviemeiU, mais un Bureau de contrôle qui partageait l'administration avec la Compagnie, sans toucher à son patronage. Il était nommé par le roi. Sur ce point, les Foxisles pouvaient prétendre que c'était au roi qu'on livrait le dangereux patronage. Ils combattirent le bill avec acharnement, mais ne purent l'empêcher de passer dans les deux Chambres. En 1786, le roi obtint le droit non pas de nommer, mais de révoquer le gouverneur général : cela équivalait au droit de le nommer. Une partie des prévisions des Foxistes se réalisa : Dundas fut nommé président du Bureau de contrôle {Indian Board). Puis lord Cornwallis fut nommé gouverneur général de llndoustan. Si ce n'était pas le roi qui disposait du patronagey c'était son aide de camp. — Ce fut pourtant sur les bases de Y India Bill de 1784 que la Compagnie britannique vit renouveler son privilège pour vingt ans, en cette même année 1793 où les survivants de la Compagnie française disputaient leur avoir à la liquidation et portaient leurs tètes à l'échafaud.
Le procès de T^Tarren Hastings (1785-1795). — Le souci que prenaient les Anglais de leur responsabilité morale dans l'Inde se révéla dans le procès de Warren Hastings. Celuici avait rendu d'immenses services, détruit le dualisme des pouvoirs au Bengale, annexé Bénarès, placé l'Aoude sous le protectorat britannique , dissous la coalition des Mahrattes (Salbaï, 1782) avec Haïder-Ali, relardé les effets de Talliance de celui-ci avec les Français jusqu'au moment où la paix de Versailles vint sauver l'Inde anglaise. Il avait réprimé les plus criants abus commis dans le Bengale par les agents de la Compagnie, amélioré la condition du paysan indigène, ne fût-ce qu'en domptant les princes turbulents, en réprimant les
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dakoiti (brigands), en faisant régner dans la majeure partie de rinde une paix à la romaine. Il avait dégagé de taxes vexatoires le commerce, fait renaître les industries indigènes, établi des tribunaux et des cours ressortissant à celle de Calcutta. Très lettré, orientaliste passionné, il avait encouragé les recherches scientifiques, envoyé une mission dans le Tibet, fait étudier la littérature, la théologie, la jurisprudence, les sciences des Indous. Sous son « règne » avait débuté la Société asiatique de Calcutta, qui devait rendre de si éminents services. Hastings fut assez modeste pour refuser d'en être le président : il fit nommer William Jones, un juge de la cour de Calcutta, célèbre par ses beaux travaux orientalistes ^ Tant de services rendus par Hastings ne purent lui épargner Tamertumc d*un long procès.
En juin 1785, il avait débarqué à Plymouth. Il se rendit à Londres, parut à la cour, fut accueilli avec distinction par le roi. La reine se montra bienveillante pour « la belle Marianne », qui lui fit accepter des diamants et un lit dlvoire. Mais, presque à ce moment, Burke, aux Communes, avait annoncé son intention de < faire une motion concernant la conduite d'un gentleman depuis peu revenu de Tlnde ». En avril 1786, il avait, avec Taide de Francis, dressé la liste de ses accusations contre « le Verres indien », « le Néron, rouge du sang d'un peuple sans défense ». En juin, il développa devant les Communes le premier chef d'accusation : la location de soldats anglais pour l'extermination du peuple « innocent » des Rohillas. Sur ce chef, Burke fut battu et Hastings absous par 190 voix contre 67. Le succès fit grand bruit. Dans les cafés de Londres on pariait qu'avant peu Hastings serait fait lord Daylesford, pair d'Angleterre, chevalier de l'ordre du Bain, membre du Conseil privé, membre de YIndian Board, Le 30 juin, Fox prononça son discours sur les affaires de Bénarès: cette fois Pitt, qui d'abord avait soutenu Hastings, déclara voter pour la motion de Fox. Ainsi Pittistes et Foxistes, récon-
1. Trailuclion de la Vie de Nadir-Shah (1790); Grammaire persane (1771): tra- (luclion (le poèmes persan, turcSy etc. (1772); traduction de Sakountaia (178î'); traduction des Lois de Manou (1794), etc.