‹ Histoiree générale du IVe siècle à nos jours (volume 3)Chapitre 16 sur 166 · Voir ci-dessous, le chap. xvi, Allemagne · texte numérisé non relu

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comme elle le prouva en 1806. Celait tout Topposé de l'armée autrichienne. La diplomatie ne savait faire jouer qu'un seul ressort : l'intrigue. Véritable trompe-l'œil que cette alliance austro-prussienne, où l'on se surveillait jalousement de part et d*autre, où l'on cherchait à se tromper à qui mieux mieux ! Les Prussiens, depuis qu'ils avaient commencé leur campagne de France, n'avaient pas cessé d'ouvrir l'oreille à un accommodement. Dumôuriez, Gustine et Danton étaient favorables à un rapprochement. Le prince Henri, frère du grand Frédéric, le duc de Brunswick, Struensee, Mœllendorf ne le souhaitaient pas moins. Il fut question de Brunswick, le signataire du trop célèbre manifeste de juillet 1792, pour èlre le généralissime des armées françaises. C'est un paradoxe apparent, qui n'en est pas moins une incontestable vérité historique. Talleyrand en 1792, Siéyès en 1799 songèrent à lui confier la mission de régénérer la France. Des négociations ouvertes ou des missions secrètes eurent lieu presque sans interruption pendant toute la durée de la guerre franco-prussienne. Le fils de Custine et Ségur furent envoyés à Berlin. Westermann eut une entrevue avec Kalkreuth au lendemain de Yalmy. Le ministre du duc de Ueux-Ponts, le baron d'Esebeck, entama de nouveaux pourparlers à Metz avec Desportes, qui se rendait à son poste de représentant français auprès du duc de Wurtemberg (mai-juin 1793). Le baron de Luxburg, chambellan de Frédéric-Guillaume II, engagea Desportes à venir à Manheim pour y poursuivre la négociation. Un échange de cartels eut lieu à Landau; celui du roi de Prusse portait cette mention : c Le roi de Prusse à la République française » :d'où l'on pouvait conclure que la République serait bientôt reconnue de la Prusse et de toutes les puissances. Mais l'exclusion de Danton du Comité de salut public en juillet 93 arrêta' net cette négociation. En somme, le roi de Prusse ne continuait la guerre contre la France que pour mieux endormir les défiances autrichiennes, pour s'assurer plus complètement ses nouvelles acquisitions polonaises. Mais il n'était pas disposé à laisser l'Autriche s'agrandir aux dépens de la France. L'inaction calculée de Brunswick devant Mayence empêcha Wurmser et les Autrichiens de s'emparer de l'Alsace,

que les Prussiens avaient Tintention de s'attribuer. Le roi de Prusse s'était opposé avec autant de vigueur que l'Angleterre au premier projet de Cobentzel pour déterminer le duc de Bavière à échanger ses États contre la Belgique. Lucchesinî, Haugwitz, Hardenberg, tous les conseillers du roi de Prusse qui s'inspiraient de la tradition de Frédéric II, étaient déterminés à faire échouer le projet de Thugut, qui comportait l'agrandissement des Pays-Bas autrichiens jusqu'à la Somme. L'Autriche refusait de reconnaître les acquisitions de la Prusse en Pologne. La Prusse, pour l'y contraindre, évita d'engager ses troupes aux Pays-Bas, de concert avec les troupes impériales, et se contenta de l'opération contre Mayence. Le partage opéré en Pologne avait commencé le dissentiment entre l'Autriche et la Prusse; le partage projeté de la France le rendit plus aigu.

Les autres puissances. — Les autres puissances étaient ou trop faibles ou trop éloignées et ne combattaient guère la France que de la voix et par des déclarations de principes ou par des insultes impunies. Les cantons helvétiques avaient été directement atteints par le massacre des Suisses dans la journée du 10 août; ils avaient réprouvé l'exécution de Louis XVI. Cependant la politique conciliante de Danton porta ses fruits. Barthélémy, d'abord mal accueilli comme agent français, fut enfin admis à présenter ses lettres de créance. Le l*** juillet 1 793 , la diète annuelle des treize cantons, réunie à Frauenfeld, confirma la neutralité helvétique ^

Le roi de Piémont, Victor-Amédée III, avait fait épouser à son fils Charles-Emmanuel la sœur de Louis XVI, et à ses deux filles les deux frères de ce roi. Grâce à cette triple alliance avec la famille de Bourbon, la cour de Turin avait toujours été favorable aux émigrés. Elle subissait en outre l'influence de l'Autriche. L'invasion sans déclaration de guerre de la Savoie et de Nice avait augmenté son animosité contre la France. Mais, abandonné par l'Autriche, Victor-Amédée ne pouvait rien par lui-même ; aussi sembla-t-il accepter de renouer avec la France. A l'instigation de Danton, le premier Comité de salut public

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