‹ Histoiree générale du IVe siècle à nos jours (volume 3)Chapitre 18 sur 166 · Voir ci-dessus, p · texte numérisé non relu

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simple soldat, tout officier aperçu à la comédie ; réquisitionnés, les hôtels des riches pour être transformés en hôpitaux; contraints, les fournisseurs à approvisionner larmée de vivres abondants et de bonne qualité; forcés, les paysans de changer au pair la monnaie contre les assignats; invitées, « les citoyennes de Strasbourg à quitter les modes allemandes, puisque leurs cœurs sont français »; dévoilés, les faux patriotes, les dénonciateurs clubistes, qui font planer sur les plus dignes leurs hypocrites calomnies. Combien d*autres mesures encore, toujours inspirées par le plus pur patriotisme et la nécessité de battre Tennemi '! Eux-mêmes, toujours debout, simples, abordables, humains, protégeant efficacement ceux qui font franchement leur devoir, impitoyables aux fripons, aux hâbleurs et aux débauchés, travaillent jour et nuit, résument leurs ordres avec une précision nerveuse dans une correspondance d*un laconisme tout militaire; ils donnent l'exemple de toutes les vertus antiques : Tabnégation toujours, et, quand il le faut, le courage, en chargeant en tête des rangs. On sait désormais que la marche en avant c*est peut-être la mort, mais toujours Thonneur; que la fuite, c'est la mort certaine avec l'ignominie : on préfère marcher.

Les nouveaux généraux. — Le commandement militaire subit en même temps de salutaires transformations. Pour obvier aux inconvénients de l'élection sans contrepoids des officiers, la loi sur l'avancement du 25 février 1793 décide que personne ne pourra avoir un grade depuis celui de caporal jusqu'à celui de général, s'il ne sait lire et écrire ; un tiers des grades est

1. Voici quelques-uns des arrtUésdeSaint-Jusl : * Dix mille soldats sont nu-pieds: il faut ({ue vous déchaussiez tous les aristocrates de Strasbourg et que demain à dix heures les 10 000 paires de souliers soient en marche pour le quartier général. — La municipalité de Strasbourg tiendra 2000 lits prêts dans les vingt-quatre heures chez les riches de StrasJ)ourg pour être délivrés aux soldats. — II sera levé un emprunt de neuf millions sur les riches, dont deux millions serviront aux indigents, un million à la place, six millions à l'armée. Le particulier le plus riche imposé dans cet emprunt, qui n'aura pas satisfait «lans les vingtquatre heures à son imposition, sera exposé pendant trois heures sur Téchafaud de la guillotine. — L'accusateur public de Strasbourg, Schneider, fut traduit devant le tribunal révolutionnaire de Paris comme coupable d'avoir effrayé le défMirlement par ses folies sanguinaires en promenant la guillotine dans toutes les villes et d'avoir poussé le délire jusqu'A mettre en réquisition les femmes pour son usage. «

réservé à rancienneté, le second tiers au choix, un tiers seulement à Télection. La Convention nomme tous les généraux. La consommation en fut effroyable. Depuis la fin de 1791 jusqu*au mois de juillet 1793, 593 généraux furent nommés et remplacés. Il fallait remplir les vides creusés par Fémigration et par la trahison. Il fallait surtout écarter tous, les chefs malheureux, ne maintenir à la tète des armées que ceux qui avaient su enchaîner la victoire. En quelques mois, souvent même en quelques semaines, on obtenait plusieurs grades : les Hoche, les Marceau, les Desaix, les Bonaparte, les Lannes, les Davout devinrent généraux ou commandants d'armées avant trente ans. Mais en briguant ou en acceptant ces honneurs prématurés, ils faisaient un pacte tacite avec la victoire ou avec la mort. Les officiers malheureux étaient envoyés à Téchafaud : Biron, Beauharnais, Gustine, Houchard, etc., ce dernier au lendemain d*une victoire.

Conséquences de la répression des troubles Intérieurs. — Le mois d'août 1793 fut l'époque du plus grand péril couru par la France. Ce fut aussi le point de départ de son relèvement : les succès à la frontière marchèrent de pair avec l'apaisement des troubles intérieurs '. C'est l'époque aussi où l'instrument des futures victoires fut en état de fonctionner. L*armée était prête à combattre et à vaincre. Les innombrables troupes fournies par les réquisitions s'organisaient; la dictature du Comité de salut public imposait sa toute-puissante volonté à une hiérarchie d'officiers valeureux. Toute la France saine, intelligente, patriote était aux armées : là le devoir était clair et glorieux à remplir. L'armée renfermait toute la pensée active, toutes les vertus efficaces de la France. Elle accomplit avec un merveilleux héroïsme ce que voulait la nation : sauver le pays de l'invasion étrangère et de la contre-révolution; assurer, en même temps que l'indépendance nationale, les conquêtes politiques et sociales de la Révolution.

Les suocés. l"" Houohard & Hondsohoote. — Depuis la prise de Valenciennes et de Condé, le prince de Cobourg

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