‹ Histoiree générale du IVe siècle à nos jours (volume 3)Chapitre 23 sur 166 · Voir ci-<lessus, t. Vil, p. i35-437, :i81 et suiv · texte numérisé non relu

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davie, la. Bessarabie; elle ne réservait à la Russie qu*Otcbakof et le pays entre Boug et Dniester, plus une ou deux lies de rArchipel dans Tintérêt de son commerce. Si Ton réussissait a chasser d'Europe les Turcs, Tancien empire grec serait restauré sous le sceptre du grand-duc Constantin, mais ne devrait jamais être réuni à la Russie (lettre du 10 septembre 1782). Joseph demandait pour sa part : Khotin et son territoire; la Petite- Yalachie (en deçà de TAlula), Nicopolis, Viddin, Orsova, Belgrade, etc. ; il prendrait llstrie et la Dalmatie aux Vénitiens, qui seraient indemnisés avec la Morée, la Crète. Chypre et d autres lies; il exigeait que les embouchures du Danube restassent libres dans Tintérêt du commerce autrichien. Pour mieux assurer l'autonomie des deux Etats que projetait de fonder Catherine II, la Dacie et la Grèce, ils seraient unis en une confédération et s'engageraient à ne pas grever la traGc autrichien (lettre du 13 novembre). Les ministres de Catherine II trouvaient à redire sur bien des points : par exemple, sur la cession de la Morée, de la Crète, etc., aux Vénitiens : n'étaitce pas une atteinte à l'intégrité du futur Etat hellénique? Mais enfin les pourparlers continuaient. L'alliance austro-russe se manifesta d*abord par l'accession de l'Autriche à la neutralité armée (9 octobre 1781). Puis survint l'annexion de la Crimée par les Russes (8 janvier 1784). L'Autriche n'avait pris aucune part aux opérations militaires; elle ressentait quelque jalousie de voir la tsarine réaliser une telle annexion, tandis qu'elle-même restait les mains vides. Alors Catherine promit à Joseph II de Taider à obtenir quelque dédommagement. L'Empereur avait l'idée de demander aux Turcs une rectification de frontière qui lui donnerait la Petite- Valachie, les deux rives de la Save jusqu'à rUnna, le démantèlement de Belgrade et Orsova. Kaunitz lui fit entendre que jamais il n'obtiendrait pacifiquement de telles cessions; il fallait occuper d'abord, demander ensuite; mais alors on risquait une guerre, et la tsarine en profiterait pour s'adjuger, en outre, Olchakof. Tout au moins pouvait-on demander ce qu'avaient obtenu les Russes : la libre navigation du Danube et des Dardanelles. La Porte opposa un refus indigné. Joseph II finit par dire : « Cela ne vaut pas la guerre. »

Causes d'une nouvelle guerre entre la Russie et la Porte. — Catherine II, ayant accueilli la demande que lui fit Héraclius, tsar de Géorgie, de se placer sous la protection de la Russie (1783), se trouva engagée dans les complications des affaires caucasiennes, à la fois contre la Turquie et contre la Perse, ou plutôt contre les tribus pillardes, vassales indociles de ces deux empires *.

D'autre part, TAnglelerre et la Prusse, alors sourdement hostiles à la Russie, ne manquèrent pas d*inquiéter la Porte avec ce qu'elles avaient pu apprendre ou deviner du « projet grec ». Au reste, il semblait que Catherine prît à tâche d'afficher ses desseins. Le nom grec de Constantin donné au petit-fils qui venait de lui naître (8 mai 1779), le soin qu'elle prit de lui choisir une nourrice grecque, plus tard, de l'entourer de camarades grecs, de lui faire apprendre le grec, une médaille frappée à l'effigie de Constantin, basileus des Hellènes, la création de redoutables forteresses, Kherson et Sévaslopol, en territoire naguère musulman, le développement menaçant de la flotte russe dans la mer Noire, le cantonnement (fin de 1786) de 130 000 Russes entre Kherson et Astrakhan, Tintronisation à Kherson d'un archevêque grec, Boulgaris, chargé d'agir sur ses coreligionnaires de Tempire ottoman, les menées de Boulgakof, ministre de la tsarine à Conslanlinople, qui semait la corruption parmi les fonctionnaires turcs, tout contribuait à inquiéter et à irriter la Porte. Le pacifique sultan Abdul-Hamid (1774-1789) fut poussé à bout par une dernière provocation.

Le voyage de Catherine n dans le Sud (1787). — Dès 1786, Catherine avait adressé à Joseph II une invitation pour le voyage qu'elle projetait dans le sud de son empire. En même temps, elle avait demandé ses bons offices pour accommoder les différends avec les Turcs. Or ces bons offices pouvaient mener à la guerre, et Joseph II apprit que la tsarine avait également sollicité la médiation de la France. II reçut donc assez froidement l'invitalion et la requête. Il n'entendait pas se laisser mener par une < princesse d'Anhall calhennisée ». Il pensa

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