‹ Histoiree générale du IVe siècle à nos jours (volume 3)Chapitre 39 sur 166 · Voir ci-ilessus, t. YIl, p. 97r · texte numérisé non relu

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LA DEUXIÈME COALITION 46:i

ton, ancien modèle d'atelier, devenue femme de l'ambassadeur anglais et TEgérie de Nelson; le comte Ruffo, chef de l'inquisition politique. Us promettaient à Ferdinand Tappui de TAutriche et la levée en masse des Piémontais sur les derrières de Tarmée française aventurée à Rome. Mack entra en campagne avec 40 000 hommes. Championnet, successeur de Masséna, évacua Rome, qui fut occupée sans coup férir par les Napolitains. Déjà les maisons des libéraux étaient saccagées et la populace applaudissait au succès des vainqueurs du jour avec autant d'enthousiasme qu'elle avait acclamé les Français quelques mois auparavant. Mais Championnet, qui avait précédemment concentré ses forces, battit à Givita-Castellana l'armée napolitaine, qui se dispersa. Mack, désespéré de la lâcheté des troupes, chercha un asile dans le camp français. Ferdinand, affolé, fit distribuer des armes aux lazzaroni de Naples et incendier dans le port les vaisseaux napolitains qui auraient |iii servir aux Français. Avec la reine Caroline et ses affidés, il se réfugia, malgré son peuple qui cherchait à le retenir, sur le Vanguard, vaisseau amiral de Nelson, et gagna la Sicile. Championnet entra à Naples malgré une vigoureuse résistance des lazzaroni. Il y établit un gouvernement analogue à celui de la France sous le nom de République parthénopéenne (de Parlhénopé, ancien nom de la ville de Naples). Il sut gagner à la république, par esprit de conservation, les bourgeois libéraux, les nobles suspects à la cour, tous les grands propriétaires et les riches, en leur faisant craindre les excès de la populace déchaînée. Lors de la fête populaire de saint Janvier, le sang du vénéré patron napolitain se liquéfia selon la coutume annuelle : le clergé lui-même avait été forcé de se rallier au nouvel état de choses. Championnet, à force d'énergie, de bonne humeur et de désintéressement personnel, s'était concilié le peuple de Naples- C'était la sixième République sœur constituée par le Directoire.

Réorganisation des armées firanpaises. — La France allait avoir à défendre non plus ses propres frontières agrandies jusqu'au Rhin, mais encore le territoire des Républiques sœurs qui n'existaient que par elle. Il fallut réorganiser et augmenter

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les forces françaises opposées à la coalition. Le 23 septembre 1798 (2 fructidor an VI), la loi de la conscription fut volée sur le rapport de Jourdan. Elle déclarait que tout Français contracte en naissant l'obligation de servir la patrie. Les jeunes gens de vingt à vingt-cinq ans étaient divisés en cinq classes destinées à fournir les conscrits nécessaires en commençant par les plus jeunes. Le gouvernement appelait d*abord la classe de vingt ans, puis successivement toutes les autres selon les besoins. En temps de paix le conscrit devait être libéré au bout de cinq ans. En temps de guerre, il pouvait être retenu indéfiniment sous les drapeaux. Le gouvernement gardait toujours le droit de décréter la levée en masse. Cette loi mettait à la disposition du pays un nombre considérable de soldats en supprimant les inconvénients de la réquisition permanente. Elle avait le défaut de prendre en un seul jour des générations entières. Le Directoire appela aussitôt sous les drapeaux 200 000 conscrits pour répondre aux menaces de la coalition et autorisa la vente de 125 millions de biens nationaux. Les troupes du train d'artillerie furent ajoutées à celles du génie, dont la Convention avait déjà fait un corps à part. On vit reparaître aussi les légions d*auxiliaircs, levées soit de gré, soit de force, chez nos alliés des Républiques sœurs. La légion batave fut commandée par Daendels. Deux brigades piémontaises et une légion vaudoise furent organisées par Masséna. La République cisalpine fournit une légion italique, où purent entrer les Italiens des diverses parties de la Péninsule et qui pouvait être considérée comme un premier noyau de l'armée de l'Italie unie. Dombrowski forma deux légions polonaises et Kniaszewicz planta le drapeau français au toit du Capitole '. Enfin, en vertu d'une capitulation signée avec la nouvelle République helvétique, 18 000 Suisses entrèrent au service de la France. Bonaparte forma de même une légion maltaise avec les deux régiments .des chevaliers de l'Ordre, ainsi qu'une légion copte et un corps de Mamelouks recrutés en Egypte. Les Français de la vieille France n'en restaient pas moins la force principale de l'armée.

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