CHAPITRE X
Dans la question des rapports de TËglisc et de l'Etat, TAssemblée constituante se départit complètement de Tespril de modération intelligente qu'elle avait montré ailleurs. Dès le début, elle manifesta à Tégard de TEglise catholique une hostilité qui laissait prévoir à brève échéance une persécution en règle. Cette hostilité ne saurait surprendre àrla fin d'un siècle où le clergé français s*était vu envahir par un trop grand nombre de membres indignes, où les meilleurs esprits parmi les Constituants affichaient les doctrines gallicanes ou jansénistes, où certains ne connaissaient le christianisme que par Voltaire et les encyclopédistes, où beaucoup n'admettaient que la religion du Vicaire savoyard, Mirabeau traduisit un jour le sentiment de ces derniers par ces mots qui lui échappèrent dans la chaleur des discussions : n II faut décatholiciser la France. » Hébert dira plus tard : « Il faut la déchristianiser. » Orientée en ce sens, la gradation des mesures prises par les pouvoirs publics fut rapide : en 1789, on s'attaqua aux propriétés ecclésiastiques; de 1790 à 1792, au clergé, séculier et régulier; en 1793, au culte lui-même; vint ensuite la réaction. Nous allons étudier successivement ces quatre étapes des rapports de la Révolution et de l'Eglise.