‹ Histoiree générale du IVe siècle à nos jours (volume 3)Chapitre 52 sur 166 · Lettre de Grégoire ilu 16 vendémiaire · texte numérisé non relu

Lettre de Grégoire ilu 16 vendémiaire

Doubs, écrivait à son évèque : « Vous ne vous faites pas une idée de Tétat des choses par rapport à nous conformistes. Nous ne sommes bons à rien aujourd'hui aux yeux de la très grande majorité des citoyens, et l'on ne parle de rien moins que de nous enlever nos églises et de les donner aux dissidents. Ceux-ci fonctionnent publiquement dans mille endroits de la ville et sans nulle soumission de leur part... Sur dix communes, à peine trouve-t-on un prêtre soumis aux lois. Les anciens curés sont rentrés dans leurs paroisses, et y prêchent la révolte, sous les yeux et avec Tappui des autorités constituées. > Le 17 juin, Camille Jordan, au conseil des Cinq-Cents, demande TabolitioD du serment de soumission imposé par le décret du 11 prairial. Il échoue ; mais, peu après, plusieurs représentants réclament Tabrogation de toutes les lois relatives aux prêtres insermentés. Sur le rapport de Dubruel, la majorité, « impatiente de céder au vœu général et à la voix de Thumanité », vote cette abrogation le 7 fructidor. — Le 18, le Directoire procédait à un coup d*Ëtat S abrogeait à son tour la loi du 7 fructidor, et substituait au serment de soumission aux lois le serment de haine à la royauté, que Pie VI condamna.

Ce fut le signal d'une nouvelle persécution, qui dura près de deux ans et rappela celle de la Terreur. Les prêtres qui avaient émigré pour obéir au décret du 26 août 1792 furent assimilés à des émigrés volontaires, condamnés à mort par les commissions militaires, et fusillés. Il fut interdit de célébrer le dimanche et ordonné de célébrer le décadi. L*usage des cloches et le port du costume ecclésiastique restèrent prohibés. Les moindres contraventions entraînaient la déportation : 260 prêtres furent ainsi envoyés à la Guyane, où la moitié périt; 1200 furent internés dans les îles de Ré et d'Oléron, sans compter ceux qui furent retenus dans les prisons départementales, ou reprirent le chemin de Texil ou de leurs anciennes retraites. — On a vu plus haut =» quels rapports le Directoire entretenait alors avec le Saint-Siège, de quelle manière il avait favorisé rétablissement de la République romaine, et comment Pie VI, arrêté à

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