I. Parisel, Histoire des memhrea de VAcnrIémie de wéderhie
Établissements scientifiques. — On ne voit figurer, ni parmi les écoles spéciales ni parmi les écoles de service public, y École des langues orientales. Peut-être est-ce qu'elle n'avait pas d'élèves attitrés, et que son public était seulement composé d'auditeurs bénévoles. Louis XIV avait créé, pour le recrutement des drogmans de nos ambassades, Y école des jeunes de langue. La Convention, le 2 avril 1795, organisait à la Bibliothèque nationale une série de cours de persan, de malais, d'arabe, de turc et de tartare, toutes langues < d'une utilité reconnue pour la politique et le commerce ». Les professeurs, parmi lesquels Silvestre de Sacy, devaient faire connaître les rapports politiques et commerciaux de la France avec les nations dont ils enseignaient la langue : ils devaient en outre préparer en français une série de grammaires. La réunion de ces cours constituait VÉcole spéciale des langues orientales. Elle complétait en somme l'enseignement donné au Collège de France.
Au temps de la Constituante, l'existence du Collège de France avait été menacée. La Convention, le 13 juillet 1795, sanctionna de nouveau son organisation et assura à ses professeurs un traitement de 6000 francs.
Le Muséum d'histoire naturelle^ c'était l'ancien Jardin du roi créé par Guy de la Brosse sous Louis XIII et devenu le Jardin des Plantes^ mais singulièrement transformé et développé. De ce qui n'était pour ainsi dire qu'une curiosité, la Révolution fit un grand centre d'observations et d'études scientifiques, el comme un vaste laboratoire d'histoire naturelle. En 1789, le Jardin n'avait que trois chaires; le iO juin 1793, Lakanal faisait voter la transformation de l'établissement. « On y ouvrait à la science le livre immense de la nature. » On y créait douze chaires, bientôt treize, qu'occupèrent les savants les plus renommés, Daubenton, Fourcroy, Jussieu, Lacépède, Lamark. ctle jeune Geoffroy Saint-Hilaire. Les professeurs nommaientleur directeur, leur trésorier, et désignaient les titulaires des chaires vacantes. On créa une bibliothèque publique et une ménagerie.
Le même souci de la science porta la Convention à utiliser l'énorme quantité de livres que la confiscation des biens du clergé et des émigrés mettait à la disposition de la nation. Elle