Voir ci-dessus, p. 441 et suiv
PENDANT LA Gl-ERRE 667
l'existence de 200 000 chevaux de luxe, on leva 20 000 cavaliers de la yeomanry. Celle milice de propriétaires aisés, très conservatrice d'opinion et très exercée au maniement du cheval, pouvait rendre de grands services contre des envahisseurs qui forcément n'auraient pas débarqué beaucoup de chevaux. Autre personnel : de luxe, 7000 gardes-chasse feraient de redoutables tirailleurs. La milice ordinaire fut augmentée de 60000 hom* mes, et les forces régulières de 15000. On accepta de nouvelles taxes sur le thé, les spiritueux, le sucre, les maisons et les ventes. A l'emprunt baptisé hyally loan on s'empressa de toutes parts, et les hautes classes qui se saignaient ainsi ajoutèrent encore deux millions sterling de dons patriotiques.
Grise financière (février 1797). — L'élan nouveau du patriotisme n'en subit pas moins deux épreuves terribles, précisément dans les œuvres vives du pays, dans ses deux côtés les plus forts : les finances et la flotte. Les récoltes meilleures rendaient l'hiver moins cruel que le précédent pour les pauvres, mais les craintes d'invasion le rendaient pénible au monde des affaires. Le 3 pour iOO tombait à 50. Le numéraire ne se trouvait que difficilement. On se précipitait sur les banques pour retirer les fonds : celle de Newcastle suspendait ses paiements. Qu'allait devenir la Banque d'Angleterre? Elle surtout était en péril, parce que le ministère lui avait demandé et avait obtenu d'elle des espèces d'or et d'argent, par sommes considérables, afln de solder les troupes autrichiennes. Le samedi 26 au soir, son encaisse métallique ne dépassait pas de beaucoup un million sterling : ruine probable pour le lundi, si Ton ne trouvait le moyen de conjurer les effets de la panique.
Les directeurs mirent le gouvernement au courant de la situation qu'il avait faite, et provisoirement le Conseil privé défendit à la Banque de payer en numéraire jusqu'à ce que le parlement eût délibéré. Dans l'intervalle, suivant une méthode de consultation que Pitt employait depuis longtemps et qui l'avait rendu populaire dans la Cité, les principaux banquiers et négociants se réunissent, adoptent les mesures proposées, que le parlement n'aura plus qu'à ratifier. Le cours forcé des billets de banque leur donna le caractère de monnaie véritable,
presque unique, dans les transactions publiques et privées. Votée d'abord pour seize mois seulement, la mesure se prolongea, d'échéance en échéance, jusqu'après la fin de la grande guerre. Premier résultat excellent, on vit renaître la confiance, malgré les attaques d'une opposition qui commençait à se décourager, et de l'écrivain financier William Morgan, contre l'administration de Pitt. Celui-ci ne rencontrait plus d'obstacle monétaire : dangereuse facilité, qui le poussa derechef à la prodigalité, pendant que Tagiotage pervertissait le public.
Révolte de la flotte (avril-Juin 1797). — Les malelols des vaisseaux qui faisaient l'orgueil du pays se plaignaient de leur mauvaise nourriture, de la réduction de leur solde, de la réclusion où on les retenait de longues années, des cruaulés de la discipline, de l'abus qu'on faisait du chat à neuf queues : tels sont les griefs professionnels, nullement politiques, au nom desquels la flotte de Portsmouth refusa l'obéissance, débarqua ou enferma ses officiers, rédigea deux pétitions adressées au parlement et à l'Amirauté. Une commission envoyée de Londres trouva les doléances justifiées, y fit droit par des règlements nouveaux, non sans d'orageuses conférences entre les délégués et les amiraux. Ayant demandé el obtenu le pardon royal, qui seul leur paraissait une garantie suffisante, les matelots, satisfaits d'ailleurs de voir destituer certains de leurs chefs, reprirent leur service.
Une seconde révolte, d'un caractère beaucoup plus grave, éclata sur les vaisseaux qui gardaient l'embouchure de la Tamise. L'âme du complot était un marin du Sandwich, nommé Richard Parker, imbu, parait-il, des principes révolutionnaires sans qu'on puisse établir qu'il ait été en rapport direct avec des Français. Les rebelles se donnèrent une organisation déniocnitique : un comité remplaçait dans chaque navire le corps des officiers, et un conseil de délégués dirigeait l'ensemble de l'insurrection. Ce qu'on réclamait, ce n'était rien moins qu'un coJe tout nouveau. L'Amirauté répondit qu'elle ne pouvait rien accorder de plus qu'à Portsmouth. Alors Parker arbora le drapeau rouge, et fit de la propagande dans la flotte qui, sous le vieil amiral Duncan, surveillait la côte hollandaise. Il y réussit
tellement bien que l'Angleterre fut sans défense réelle pendant plusieurs semaines. L'ennemi ne le sut qu'après coup, grâce à l'habileté de Duncan qui multipliait les signaux comme s'il avait eu toute sa flotte à sa disposition. Cependant les insurgés menaçaient l'arsenal de Woolwich, la ville même de Londres. Le gouvernement, appuyé par l'unanime indignation, même par Sheridan, celte fois encore difl'érent de Fox, prit les mesures les plus énergiques pour isoler les traîtres. Il enleva les bouées, éteignit les phares, garnit de troupes les deux rives de la Tamise. Rien ne le servit mieux que l'anniversaire de la naissance de George III, qui tombait le 4 juin. On put constater une fois de plus le loyalisme du petit peuple, dont sortaient les matelots. Plusieurs vaisseaux, ce jour-là, se séparèrent des meneurs, que blâmaient ouvertement leurs camarades de Portsmouth. Dès le 13 juin, le Sandioich seul portait le drapeau rouge, et bientôt l'équipage laissait arrêter Parker, qui fut pendu.
Découragement et impopularité des ^whigs (1797- 1799). — Le péril mortel auquel l'empire britannique venait d'échapper redoubla le zèle patriotique, he\\ï(\\xQ\xx^ anti-jacobin. Ce dernier adjectif servait de litre à un nouA^eau périodique, dirigé par le plus mordant des jeunes disciples de Pilt, le député George Canning. La popularité de Fox acheva de sombrer, lorsqu'on le vit si peu efl'rayé par l'anarchie des « remparts de bois ». Tantôt seul, tantôt imité par quelques-uns des amis qui lui restaient, il prit l'habitude de ne plus venir à la Chambre. Ceux des députés whigs qui désapprouvaient la grève parlementaire reconnaissaient le mordant ïierney pour leur chef. Un jour, la querelle entre cet orateur et Pitt prit une tournure tellement personnelle, qu'un duel au pistolet s'ensuivit. Les deux adversaires mirent d'ailleurs un soin égal à se manquer. Quant à Fox, il ne se sentait plus à l'aise que dans le « club whig », sociélé plus aigrie en raison des déceptions et des défections. Il y était accueilli par les toasts compromettants du radical Horne ïooke et du plus opposant des pairs, le duc de Norfolk, qui ne craignait pas de ranimer le parti en lui proposant l'exemple de Washington. Fox lui-même buvait à la souveraineté du peuple de la Grande-Bretagne. Le roi.
malgré la résistance de Pitt, le raya de la liste du Conseil privé et retira au duc ses commandements. Gillray, dans ses caricatures, accusait Fox de trahison : il le montrait guidant la flotte française et lui indiquant du doigt Saint-Paul de Londres.
Le péril de Tinvasion reparaissait en effet, avec le nom une première fois maudit de Bonaparte. L*orage, pour s*ètre détourné sur TËgypte, n*en fut pas moins suivi avec anxiété, car il menaçait les Indes sans que la côte irlandaise fût dragée de toute inquiétude. La victoire d*Aboukir souleva des transports de joie, et la popularité de Nelson grandit rapidement a côté de celle de Pitt. La plupart des nouvelles de Tannée suivante fortifièrent ces deux renommées, ces deux puissances. Pourtant le gouvernement s*armait plus que jamais contre les méi^ontentements et les menaces de Tintérieur.
Nouvelles mesures de répression (1799). — Fox avait dit avant sa retraite : < Les opinions ne deviennent dangereuses pour un Etat que lorsque la persécution oblige ses habitants à se communiquer leurs idées sous le sceau du secret. » En effet, pendant que lopposition légale tombait dans Timpuissance, presque dans le silence, Tanarchisme secret restait un danger dans Tombre, avec ses adhérents toujours plus haineux. Les < Sociétés de correspondance » , traquées par la police, ébauchaienl le plan d*une confédération générale entre les Anglais-Unis, les Ecossais-Unis, les Irlandais-Unis, prêts à donner la main à une invasion française. Après la défaite des insurgés irlandais, le gouvernement connut assez bien cette oi^anisation pour l'exposer en détail devant la Chambre des communes, et Pitt demanda, obtint facilement un bill pour la réprimer. Les « Sociétés de correspondance 0 étaient interdites; on traitait comme des lieux de désordre les sociétés de discussion et les salles de lecture non autorisées. Les imprimeurs devaient mettre leur nom sur tous les livres ou papiers sortis de leurs presses, et, mesure aussi peu britannique que possible, en devenaient criminellement responsables. Ainsi poursuivit-on les éditeurs d'un pamphlet qu'ils n'avaient pas lu; Wakefield, auteur de ce pamphlet, vraiment subversif d'ailleurs, subit deux ans de réclusion dans la très dure prison de Dorchester. Fox et d'autres souscripteurs réuni-
rent 5000 livres sterling en sa faveur, mais il mourut peu après sa libération. Au moment où finit le siècle, Tarsenal de la réaction tory est complet.
La révolte de l'Irlande (1797-1798). — Les témoignages des contemporains ne laissent aucun doute sur la déception générale que produisit chez les Irlandais pris en masse Téchec des tentatives de Hoche. Dès Tannée 1797, le pays est en feu sur plusieurs points. Les soldats du général Lake donnent le signal des violences, des tortures, que Tautre parti ne tardera pas à imiter. Ce parti lui-même change de nature : au lieu d*ètre surtout presbytérien, il devient surtout catholique, malgré les efforts de Tévêque de Cork. Le père Murphy et d'autres curés sont de vrais chefs vendéens, plus populaires que les Irlandais-Unis protestants en correspondance suivie avec le Directoire français. Des tentatives suprêmes sont faites pour éviter une guerre civile en règle. Le comte de Moira va déclarer au parlement de Londres qu'il a vu < la tyrannie la plus absurde, la plus révoltante qui ait jamais pesé sur aucune nation,... que si le système actuel est suivi plus longtemps, il n'y a plus d'espoir de voir l'union entre llrlande et TAngleterre subsister cinq ans encore ». Il répète ses objurgations au parlement de Dublin; mais le chancelier lord Clare, beaucoup plus maître de la situation que le lieutenant lord Camden, et beaucoup plus énergique, répond qu'un gouvernement révolutionnaire est complètement organisé, et que c'est l'unique fruit des concessions. L'oi^nisation signalée par le terrible magistrat existait réellement, et ses chefs avaient fixé la date du 23 mai 1798 pour le soulèvement général. La police, informée par d'habiles délateurs, devança les conspirateurs, saisit leurs papiers, blessa mortellement Fitzgerald, arrêta O'Connor, Coigley, Emmet, Bond, Mac-Neven, qui furent condamnés à mort ou enfermés. Un désarmement général priva l'insurrection de 46 000 fusils et de 12 canons, mais ne découragea pas les prêtres, qui maintenant étaient les vrais chefs. Le nouveau secrétaire d'Irlande, le jeune lord Castlereagh, au début de sa grande carrière historique, écrivait : « Les prêtres conduisent les masses au combat.... C'est une conjuration jacobine qui emploie des instruments cléricaux.
lardente bigoterie des papistes servant mieux les chefs républicains que le mécontentement froid et calculateur des presbytériens. » Notons ces paroles, qui expliquent l'antipathie prolongée des tories, et aussi du petit peuple anglais, contre le catholicisme.
Les hostilités sérieuses ne durèrent que quelques semaines. En attendant le nouveau lieutenant lord Cornwallis, le général Lake attaqua 20 000 insurgés dans leur camp de Vinegar-Hill et les battit. Ensuite Wexford succomba. Une répression très dure s'ensuivit, malgré les efforts du modéré Cornwallis, qui écriA-ait douloureusement : « Le langage des principaux personnages encourage ce système de sang. A ma propre table on ne parle que de pendre, de fusiller, de brûler. Un prêtre a-t-il été mis à mort, voilà toute la compagnie en joie. Telle est la situation misérable de l'Irlande et de moi-même. » L'expédition de Humbert * amena de nouvelles arrestations. Dans l'hiver qui suivit, on compte près de cent exécutions. Et encore ce n*était rien, disait Cornwallis, auprès de ce qu'auraient voulu ses amis, suivant lui pires que Robespierre.
L.' a Union » de l'Irlande préparée (1799). — Cette insurrection manquée avait convaincu William Pitt de la nécessité d'unir plus étroitement l'Irlande à l'Angleterre. L'honnèle Cornwallis et le cynique Castlereagh partageaient cette opinion. D'assez bonnes raisons ne manquaient point, comme le . remarque Sybel, pour supprimer le parlement irlandais. Le conserver, c'était accepter cette alternative : ou bien il continuait tel quel ; alors tyrannie des Saxons anglicans sur les Celtes catholiques; ou bien on y admettait ceux-ci, et alors tyrannie inverse. Le mélange des représentants de l'Irlande avec la majorité anglaise de Londres éviterait ces deux périls, le second surtout. Pourrait-on regretter sincèrement ces lords mercenaires ou oppresseurs, ces élus sans électeurs sérieux, et cette espèce de contrat en vertu duquel le parlement de Dublin obéissait au ministère anglais, qui en échange livrait le pays à quelques aristocrates? Les avantages positifs de l'union douanière compenseraient d'ailleurs la perle d'une autonomie illu-
i. Voir ci-dessus, p. 4i7.
soire. Seulement Thistoire devait montrer que ce dernier raisonnement tout au moins était lui-même une illusion.
Comme autrefois pour TEcosse, il fallait faire accepter TUnion aux deux parlements intéressés. On commença par celui de Londres, Topinion publique anglaise ayant sans doute peu de goût pour une telle association, mais s^étant résignée à Tavaler c comme une médecine amère », pourvu que les Irlandais délégués ne fussent point papistes. Le message royal représentait l'Union comme le vrai moyen de déjouer les complots de Tennemi avec les Irlandais, et de fortifier Tempire britannique. Pitt prononça des paroles très étudiées : « Nous voyons le point sur lequel Tennemi commun des sociétés cirvilisées nous croit attaquables; la prudence ne nous oblige-t-elle pas à fortifier ce point vulnérable, engagés comme nous le sommes dans la lutte de la liberté contre le despotisme, de la propriété contre la rapine, de la religion et de Tordre contre l'impiété et Tanarchie? » Ainsi, dans la pensée du ministre, l'Union faisait partie de sa machine de guerre contre le Directoire. Il continuait en montrant, avec beaucoup de soin et d'éloquence, l'intérêt d'un pays aussi défectueux que l'Irlande à s'appuyer sur un pays aussi admirable que l'Angleterre. — Injustice et péril, au contraire! s'écrie Sheridan : « L'Irlande est l'égale de l'Angleterre, ses droits sont inattaquables. Les Irlandais, dans une nouvelle rébellion, pourront dire : < Nous nous soulevons pour recon- < quérir notre existence politique, dont on nous a privés sans « notre consentement. » La première insurrection a été faite principalement dans un intérêt catholique; mais celle qui éclaterait en cas d'adoption du bill rallierait tous les partis; et qui peut dire alors quelles en seraient les conséquences? » Canning déclara que de toutes les enquêtes résultait la certitude d'un complot, encore existant, pour séparer complètement l'Irlande, et pour faire de cette île un foyer contagieux de principes révolu lionnaires. « C'est pour déjouer l'espérance de nos ennemis, c'est pour préserver l'Irlande de pareils dangers, c'est pour améliorer sa situation (par l'union commerciale) que la mesure qui nous occupe doit être adoptée. » Une grande majorité dans les deux Chambres donna raison à Pitt et à Canning.
Histoire cÉiiéRALc. VIII. ^3
 Dublin, sans corruption ni intimidation, une majorité en sens opposé n'était pas douteuse. Ni les protestants orang^stes fiers de leur victoire, j'entends ceux qui tenaient à leur race et à leur religion plus qu'à leur sol natal, ni ceux d'entre eux chez lesquels se montrait la préférence inverse, ni les réformistes libéraux de l'école de Grattan, ni les patriotes celtes et catholiques tels que le jeune O'Connell, ni aucune partie de la population en dehors de la faction dominatrice, ne pouvaient envisager avec plaisir la ruine de l'autonomie. Cornwallis, gémissant des c saletés » auxquelles il se trouvait mêlé, et ne s'y mêlant que froidement, n'aurait pas vaincu à lui seul l'opinion soulevée; mais lord Castlereagh achetait ceux-ci, enguirlandait ceux-là, intimidait tout le monde par une considérable occupation militaire. Avec tous ces moyens il obtint, non pas la majorité qu'il s'était promise, mais la moitié à peu près des suffrages, dans une série de votations qui laissèrent la question indécise. Alors, pour préparer son succès complet en 1800, il recommença le trafic dans de plus grandes proportions. En même temps il caressait habilement l'ambition des deux partis religieux. Aux ultra-protestants il fit comprendre que Tinlime union avec le grand pays où leurs coreligionnaires étaient absolument les maîtres assurerait à jamais leur domination. Aux yeux du clergé indigène il fît luire l'espoir de l'émancipation politique des catholiques dans les deux pays. Il avait soin de dire que c'était le projet de Pilt; il avait soin de ne pas dire, peut-être même ignorait-il, que jamais le roi ne le sanctionnerait.
Les premiers mois de l'année 1800 verront la dernière réunion du parlement irlandais, les efforts inutiles de Grattan et des autres patriotes. Une double majorité de 45 députés et de 21 lords voterai' < Union >. Le joyeux carillon des cloches de Saint-Patrick inspirera au jeune O'Connel une sorte de serment d'Annibal, point de départ d'une lutte d'un demi-siècle. Ce n'était point, comme le remarque F. de Prcssensé, l'intime et réelle union conclue un siècle plus tôt avec l'Ecosse : « L'unique effet de cet acte était de noyer la législature dans celle d'Angleterre. Sous tout autre rapport l'organisation du pouvoir exécutif et de l'administration demeurait comme devant... Le
gouvernement du Royaume-Uni persistait dans là politique intolérante et exclusive que le gouvernement autonome avait si longtemps poursuivie, en faveur de la minorité protestante et anglo-saxonne, contre la majorité celle et catholique. »
Au moment où nous quittons llrlande, après le vote de rUnion, la question de Témancipation catholique s'annonce comme une des graves difficultés du gouvernement britannique dans les deux lies.
Nouvelles charges financières. — L'autre difficulté est causée par Ténormité croissante des dépenses. Le ministre ne s'en effraie pas; il ne fait pas moins admirer son talent sur l'angoissant budget de 1798 que sur le triomphant budget de 1792. Les aggravations de ta^^es sur toutes choses ne suffisent plus, bien qu'on ne puisse s'en départir. Une invention qui ne donne qu'imparfaitement les résultats attendus, c'est le rachat de l'ancienne hnidr lax. Il faut pour l'année suivante une ressource plus sûre et plus durable, qui atteigne toutes les fortunes, Yincome lax. Un comité du grand jury appréciera la sincérité des déclarations, écueil toujours prévu de ce genre d'impôts. Pitt évite avec habileté et résolution l'autre écueil, qui était de trop épargner ou de trop écraser les riches propriétaires. D'une part il admet le principe de progression : exemption au-dessous d'un revenu de soixante livres sterling; augmentation graduée du taux de soixante à deux cents; et à partir de ce chiffre, le dixième du revenu. D'autre part il se refusait à exempter le commerce et l'industrie, et il réfutait un orateur qui avait parlé de frelons inutiles : « L'honorable membre a rangé dans cette catégorie les propriétaires du sol, ces hommes qui forment le lien par lequel sont unies entre elles les diverses fractions de la société, sur qui, en grande partie, repose le soin d'administrer la justice et de maintenir l'ordre dans le pays, ces hommes qui donnent du travail et du pain aux pauvres, à qui sont dus tous les progrès de l'agriculture, auxquels le commerce lui-même est redevable de sa prospérité. » Ces derniers mots ne sont ni une ironie, ni une gageure : en sept ans, importations comme exportations avaient augmenté d'un tiers. Seulement, pendant cette même période, la chaire du contribuable avait doublé.
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4<) Pour les portraits, Tœuvre de Reynolds, de Gainsborough, de Lawrence, etc., et pour la caricature Tœuvre de Gillray, de Ro-wlandson, de Woodward, des Cruikshank, etc.
Uvrci» plus récent» : 1 ° Généralités : Outre les histoires citée^ dans les volumes précédents, la National Biography y éd. Leslie Stephen; VEnryclopœdia britannica; le Dictionnaire de la littérature anglaise d*Allibone. Philadelphie, 1880 et suiv. ; les t. 111 et IV de Massey, History of Englawt during the reign of George the third, 1860-1863; les derniers volumes de Lecky ; la Pictorial History de Craik et Macfarlane, 1853, 4 vol. ; Uistory of Europe (1789-1815) d'Alison, qui c met la Providence dans le parti tory »: le t. 111 de Gardlner, A student's History ofEnglaml, 1895; les livres souvent cités de Sorcl et de Sybcl, le t. IV de la Littérature au A'F///*" siècle de Villemain; le t. IV de V Univers pittoresque (Angleterre), par Galiber et Pellô, 18i4; les ouvrages de Thiers et de H. Houssaye sur les guerres de l'Empire; nombreu.v articles de VEdinburgh Reviexc, de la Quarterly Revieu:, de la Re\3ue des Deux Mondes, de la lievue Britannique, etc.
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