‹ Histoiree générale du IVe siècle à nos jours (volume 3)Chapitre 86 sur 166 · Voir ci-dessus, p · texte numérisé non relu

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sérieuses : un décret du 14 mai 1794, qui créait à Aix-la-Chapelle une administration centrale et divisait le pays en quatre dbtricts (portés ensuite à dix); un décret du 3 février 1796 par lequel l'administration centrale fut remplacée par une commission administrative; un décret du 17 février créant deux directions avec Coblentz et Aix-la-Chapelle pour chefs-lieux respectifs. Hoche, chargé Tannée suivante de réorganiser le pays, institua une commission intermédiaire de cinq membres. Après sa mort, ses pouvoirs furent donnés à Augereau, qui se montra plus défiant dans ]e choix des fonctionnaires, exigea d'eux des engagements précis, et mit une grande ardeur à poursuivre les émigrés. Mais ce fut l'Alsacien Rûdler, nommé le 4 novembre 1797 commissaire du gouvernement pour tout le pays entre Rhin et Meuse, qui introduisit surtout dans ceUc contrée les institutions de la Révolution.

On ne saurait nier les progrès qu'en dépit du système de contribution et de pillages qui créa beaucoup d'ennemis à la Révolution, l'amour de la France fit pendant les dernières années du xvni® siècle dans la vallée du Rhin. Il suffira de rappeler le souvenir de Gœrres, qui, avec toute l'ardeur de son âme énergique, s'enthousiasmait pour les principes républicains et caricaturait avec une verve infatigable les princes-évèques et les rois. Bien que l'idée d'une annexion pure et simple à la République française fût assez populaire, on préféra créer une République cisrhénane, analogue à la République cisalpine, avec des municipalités organisées d'après le modèle français, et qui devait être en somme un acheminement vers la réunion définitive à la France.

Désarroi de l'Allemagne; ministère de Thugut. — Le succès des armées de la Convention avait jeté l'Allemagne dans un profond désarroi. Hertzberg, tombé en complète disgrâce, essayait encore de faire entendre quelques plaintes au roi sur la mauvaise direction des affaires. La comtesse de Lichtenau, toute-puissante, se posait en protectrice du comte d'Haugwitz et du secrétaire d'Etat Lombard, en qui Frédéric-Guillaume II plaçait maintenant sa confiance. On désirait vivement la paix. Elle apparaissait comme le seul remède à la

déiressc financière dans laquelle se trouvait la Prusse. Aussi le cabinet de Berlin agissait-il auprès d*un certain nombre d*Etats pour les déterminer à conclure des paix séparées avec la France, ne s'apercevant peut-être pas qu'il affaiblissait ainsi le lien de cohésion de TÂllemag-ne.

Il y avait longtemps d'ailleurs que plusieurs d'entre eux travaillaient au rétablissement de la paix. Théodore de Bavière par exemple faisait tout son possible pour conserver la neutra- / lité. De son côté, le landgra/fe de HesseCassel avait, dès le mois \/ ' de janvier 1794, fait à la Convention des ouvertures pacifiques. 11 avait eu le 26 septembre, à Wilhelmsbad près de Hanau, une importante entrevue avec le margrave de Bade, entrevue aux conclusions de laquelle le duc Louis-Eugène de Wurtemberg avait donné son adhésion. Il s'agissait de renouveler la Ligue des PrinceSj de créer une milice territoriale, en même temps qu'une armée fédérale destinée à la défense des frontières de l'Empire. On avait aussi proposé de substituer un impôt d'Empire aux Rœniermonaie, de ressusciter l'ancien Gemeine Pfennig^ et de s'entendre sur les mesures à prendre pour empêcher les progrès de la Révolution à l'intérieur. Pressé de quitter les bords du Rhin pour ceux de la Vistule, Frédéric-Guillaume II voulait avoir les mains libres du côté de la Pologne. Peu de négociations furent plus aisées que celles qui aboutirent au traité de Bâle *.

De tous les Etats allemands, c'était en somme l'Autriche qui se montra la moins disposée à désarmer. Le faible François II avait accordé toute sa confiance à l'un des ennemis les plus déterminés qu'ait eus alors la France, le baron de Thugut. Fils d'un pauvre batelier, Thugut s'était fait remarquer dès son enfance par une remarquable intelligence et une grande perspicacité. Recommandé par les jésuites, il avait eu une rapide et brillante carrière. Grâce à l'appui du prince de Kaunitz, il avait obtenu en 1793 la direction générale de la chancellerie d'Etat; à la mort de Kaunitz, en 1794, il lui succéda à la direction des affaires étrangères.

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