LES CLASSES OUVRIÈRES
pas aux espérances conçues; en 1855, neuf d^entre elles seulement subsistaient. Un nouvel essor de la coopération eut lieu en 1863, et, pour le favoriser, la loi sur les sociétés commerciales de 1867 édicta des règles spéciales pour les sociétés coopératives, désignées sous le nom de sociétés à capital variable. Les effets en furent cependant peu appréciables.
En 1850, une loi avait créé, sous la garantie de TÉtat, une caisse de retraites pour la vieillesse, afin de faciliter aux ouvriers les moyens de se constituer une modeste réserve pour leurs vieux jours, et, en 1868, il lui fut annexé, pour la compléter, une caisse d'assurances en cas de décès et en cas d'accidents résultant de travaux industriels ou agricoles.
Les salaires. — L*étude de la marche des salaires de 1850 à 1870 fait ressortir pour cette période une hausse moyenne de 30 à 40 p. 100. C/est, à première vue, une augmentation considérable, surtout si Ton tient compte de la tendance très sensible à une diminution de la journée de travail dans un grand nombre d'industries. Cependant à cette augmentation du salaire nominal ne correspondait pas une semblable augmentation du salaire réel. Le prix de la vie s'était en effet, dans son ensemble, parallèlement élevé. La diminution du prix des articles manufacturés, résultant du perfectionnement de l'outillage, avait été entravée à la fois par l'abondance de l'or et par le développement de la consommation; aussi, la baisse de prix des articles manufacturés ne dépassa pas 25 à 30 p. 100. Par contre, les prix de tous les produits agricoles augmentèrent beaucoup, ceux des comestibles végétaux s'élevèrent de 10 p. 100 environ, et ceux de la viande et des produits accessoires de la ferme, beurre, œufs, fromage, etc., de 50 p. 100. Les loyers, dans les villes, subirent aussi de fortes augmentations. En somme, tout en permettant aux ouvriers d'augmenter quelque peu leur bienêtre, l'élévation des salaires demeura, dans l'ensemble, proportionnelle à l'élévation des prix, et, comme elle ne s'est produite qu'avec beaucoup plus de lenteur que cette dernière, qu'elle a subi pendant les crises des temps d'arrêt, les ouvriers se sont trouvés souvent dans des situations difficiles, avec un salaire parfois insuffisant pour satisfaire aux besoins de l'exis-
tence, dont le nombre allait d'ailleurs croissant avec Taugmenlation de la richesse générale. Cependant, vers la fin de la période, Téquilibre s*est rétabli, et une partie au moins de l'élévation du salaire nominal représente une augmentation réelle de revenu.