‹ Histoiree générale du IVe siècle à nos jours (volume 5)Chapitre 45 sur 176 · LA POLITIQUE ÉTRANGÈRE DE LA RUSSIE · texte numérisé non relu

LA POLITIQUE ÉTRANGÈRE DE LA RUSSIE

isolée, appuyée seulement, dans une mesure très restreinte» par la Prusse, qui ne jouissait d*aucun prestige. A cette situa^ lion nouvelle, il fallait un homme nouveau. En 1856, la place tenue si longtemps par Nesselrode passa à Tambassadeur de Russie à Vienne, le prince Gortctiakof. Le nouveau vice-chancelier appointa au pouvoir, avec un esprit peut-ôtre plus brillant que juste, une longue routine des affaires, acquise presque tout entière dans les cours d^AlIemagne, et un programme qu'il résuma dans un mot célèbre d'une de ses premières circulaires, le recueillement... jusqu'au jour où des dissentiments inévitar blcs des puissances rendraient à la Russie son influence dans le concert européen, son prestige en Orient, et la possibilité de se venger de l'ingratitude, de l'Autriche.

La période de < recueillement » ne dura pas longtemps. Dès le congrès de Paris, un certain rapprochement s'était opéré entre la France et la Russie. Napoléon III, en effet, avait besoin de la neutralité bienveillante de la Russie, pour Taccomplisr sèment d'un* de ses grands projets , Taffranchissement de l'Italie. Le rapprochement s'accentua, lors du couronnement d'Alçxandre 11, à Moscou, auquel la France fut représentée, avec un éclat tout particulier, par le duc de lilorny; et il devint une entente, l'année d'après, à Slutlgard, où les deux empereurs passèrent plusieurs jours ensemble (juillet 1857). D'une part, Alexandre reçut la promesse qu'on ne tiendrait pas la main à l'exécution intégrale du traité de Paris; de l'autre, il prit l'eugagement, qui ne lui coûta guère, de ne pas gêner Taclion de Napoléon III contre l'Autriche. Du reste, aucune stipulation précise ne fixa la portée de ces engagements : Tentente ne devint pas une alliance.

En attendant les événements d'Italie, les deux puissances commencèrent à marcher d'accord en Orient. La Russie s'associa a toutes les, démarches de Napoléon III en faveur des principauléss moldave et valaque. Sous la pression des deux puissancps, les. Autrichiens durent évacuer les positions qu'ils occupjaient^ le lon^ du Danube, depuis 1855 : des élections entachées de fra,ude et contraires à la cause nationale furent annulées pay la Pprtpj que les embarras 4e l'Angleterre, aux prises avec

rinsurrection de llade, laissaieot sans appui. Finalemeat, une conférence européenne, réunie à Paris eii 1858, donna aux deux Principautés les mêmes instilulions, et prépara leur union, que la double élection du colonel Couza, en 18S9, à Bucarest et à lassy, réalisa en fait. Entre temps, la France et la Russie intervinrent de concert entre la Porte et le Monténégro, puis entre la Serbie, la Porte et TAutriche. Moins de trois ans après la fii^nature du traité qui avait prétendu exclure son influence de la péninsule des Balkans, la Russie se trouvait y jouer un rôle considérable et tenir en échec les influences hostiles do TAutriche et de TAnglelerre.

Les événement(S dllalie, en 1859, lui fournirent loccasion de payer les bons offices de la France. A vrai dire, son attitude fut moins énergique qu*on ne l'avait espéré aux Tuileries. Tout en jouissant pleinement des embarras de TAutriche, le gouvernement russe n'entendait pas se mêler à une grande guerre, pour laquelle il n'élait pas prêt, et qui Tinquiétait par certains côtés révolutionnaires. Son intervention resta toute diplomatique. Les Ëlats de> la Confédération germanique faisant mine de mobiliser leurs contingents, le prince Gortchakof leur rappela (circulaire du 27 mai 1859) que, formant < une combinaison exclusivement défensive », ils n'avaient pas à intervenir dans les conflits des grandes puissances. Celait reprendre, en quelque sorte, et au profit de la France, le rôle que la Prusse avait joué en Allemagne, pendant la guerre de Grimée, au-proflt de la Russie elle-même. La brusque paix de Yillafranca vint à propos dispenser le gouvernement russe' d'en faire davantage.

Les années suivantes, la politique russe resta orientée vers l'entente avec la France : pourtant l'intimité des rapports n'était déjà plus la même. Le prince Gortchakof avait beau répudier la politique de la Sainte-Alliance, Alexandre II restait attaché aux principes de Icgilimité dont son père avait été le champion, et la chute successive de toutes les petites dynasties italiennes le scandalisa et l'alarma. Lors de l'envahissement du royaunie des Deux-Siciles par les Piémontais, la Russie rappela de Turin son ministre et se rapprocha de l'Autriche, sans pourtant arriver & s'entendre avec elle ni sur les affaires d'Italie, jri sur ceUes

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