‹ Histoiree générale du IVe siècle à nos jours (volume 5)Chapitre 47 sur 176 · LA POLITIQUE ÉTRANGÈRE DE LA RUSSIE · texte numérisé non relu

LA POLITIQUE ÉTRANGÈRE DE LA RUSSIE

puissances germaniques assoirait plus solidement Tinfluence de la Russie dans TEurope centrale.

Le principe traditionnel de la politique russe était, d'ailleurs» de ne pas laisser cette rivalité dégénérer en conflit. Aussi s'efforça-t-on, en 1865, quand il fut visible que Bismarck allait délibérément à la guerre, de le retenir, et même, bien qu'il fût persona gratissima à Pétersbourg, depuis son ambassade de 4859-1862, do le faire congédier par le roi Guillaume. Mais on ne s'y appliqua pas sérieusement; le tsar était bien résolu i lie pas contrarier la Prusse, et le prince Gortchakof, qui tenait médiocrement à la politique traditionnelle, voyait venir sans déplaisir des complications dont il comptait faire sortir la révision du traité de Paris. Pourtant, quand le succès foudroyant des Prussiens eut moniré clairement qu'on allait à la destruction de celte vieille Allemagne, sur laquelle l'influence russe s'était si souvent et si utilement exercée, le gouvernement fît un effort pour se ressaisir. Le prince Gortchakof proposa aux puissances la réunion d'un congrès. Nous n'avons pas à raconter ici les obstacles auxquels se heurta sa proposition, et lui-même y renonça quand le général de Manteuffel eut apporté à Alexandre II, avec la promesse qu'en Orient la Russie pourrait toujours compter sur la Prusse, l'assurance que les princes allemands auxquels on s'intéressait à Pétersbourg seraient épargnés. En déOnitive, on se résigna au fait accompli, en essayant de se faire croire que la diminution de l'Autriche et de la France compensait le dommage que faisait subir à la Russie la transformation en un puissant Etat militaire de la c combinaison purement et exclusivement défensive » de jadis;

De 1866& 1870, la politique russe reste invariablement attachée à celle de la Prusse. En 1867, Alexandre II ne se décida a recommander à son oncle l'évacuation du Luxemboui^, qu'après l'Angleterre et l'Autriche. En 1867, quand il vint à Paris en même temps que le roi Guillaume — l'attentat de Berezowski et les inci4ents du Palais de Justice ne furent assurément pas de nature à le rapprocher de la France. Avec l'Autriche» en déjpit des prévenances de Beust, qui se montrait disposé à reviser le traité de Paris, autant que Bismarck lui-même^

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les rapports Testèrent d autant plus froids, que rétablissement du régime dualiste, et la quasi-autofîomio qui en résulta pouf la Pdlôgna autrichienne, inquiétèrent le gouvernement russe pour sa Pologne : en 1867 on reçut triomphalement, à TExpoèition . ethnographique de Moscou^ les délégués des Slaves autrichiens • Don polonais, venus pour protester devant leurs frères de race contre le dualisme et la domination gormanomagyare, et on leur recommanda Tabsorption dans l'Etat cl la nationalité russe comme le meilleur moyen de sauvegarder leur slavisme. En 1869, Tintimité de la Russie et de la Prusse s'affinna, une fois de plus, par Tenvoi solennel au roi Guillaume de la grand'croix de Tordre de Saint-Georges, dont il était chevalier depuis la campagne de 1813, ce que Temperëur Alexandre rappela dans une lettre d*envoi peu aimable pour la France.

Aus«i, quand la guerre franco-prussientte éclata, le gouvernement russe n'eut-il pas d'hésitation sur son attitude. Sans manifeHler d'hostilité à là France, qu'il fallait ménager en vue d'une Révision du traité de Paris, il travailla avec succès à retenir le Danemark et rAulrîche dans la neutralité. On croyait, d'ailleurs, à Pétersbourg, que la guerre serait lente, épuisante pour les deux adversaires, et Ton fut surpris par les succès de la Prusse, comme la France lavait été en 1866. Néanmoins, cl malgré l'opinion publique, tout entière favorable aux Fran* ^aisj on ne changea pas d'attitude : pour atteindre le but visé depuis si longtemps, Talliance de la Prusse était plus utile que jamais. Quand M. Thiers vint à Pétersbourg, solliciter une intervention, on lui répondit juste ce qu'il fallait de bonnes paroles pour empêcher un rapprochement gônant de la France et de l'Angleterre. On se donna l'air de conseiller la modération au roi Guillaume : en fait, on était préoccupé d'une seule affaire qu'on était presse de fînir avant que la conclusion de la paix eut rendu l'Europe à elle-même. Le 29 octobre, le prince Gortchakof avisa les puissances que « Sa Majesté Impériale ne pour vait plus se considérer comme liée par les obligations dû Irailé de J^aris, en tant qu'elles restreignaient ses droits de soùvci?ainél6 dans la mer Noife 9.

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