‹ Histoiree générale du IVe siècle à nos jours (volume 5)Chapitre 74 sur 176 · LA FIN DE LA SUPRÉMATIE ESCLAVAGISTE · texte numérisé non relu

LA FIN DE LA SUPRÉMATIE ESCLAVAGISTE

chërent pour demander une fois de plus que le silence se fit sur la question de Tesclavage dans Tintérët supérieur de F Union. Les chefs modérés des deux partis élaborèrent et firent adopter par leurs fidèles une grande mesure de compromis. Clay fut appelé de nouveau le a pacificateur » .

Le « compromis » de 1850 se composait d'une série de lois distinctes : 1^ admission de la Californie comme Etat libre avec exclusion de l'esclavage; 2"* organisation de gouvernements territoriaux dans le New-Mexico et dans TUtah et remise à la population locale de la décision sur Tadmission ou Texclusion de Tesclavage; 3*" fixation des frontières du Texas; 4** abolition du commerce des esclaves dans le district de Columbia; 5^ ensemble de mesures destinées à rendre plus efficaces les prescriptions de la constitution des Etats-Unis relativement à la reddition des esclaves fugitifs dans les Etats libres. Taylor était mort (9 juillet 1850) pendant la discussion de ces bills, auxquels Tadministration de Fillmore, vice-président devenu président» donna tout son appui. Le 20 septembre 1850, le dernier bill du compromis était voté.

L'intention hautement avouée des auteurs de cette grande mesure d'apaisement était qu'elle fût considérée comme une solution définitive, absolue, du problème esclavagiste. Les conservateurs des deux partis firent une question de patriotisme du silence à observer sur l'esclavage. Mais les fractions extrêmes, les free soilists du Nord, et les whigs libéraux d*une part, les démocrates du Sud et les « barons de la sclavocratie », de' l'autre, ne l'entendirent pas ainsi. Ces derniers ne se faisaient point d'illusion sur la durée de la trêve qui venait d'être

signée; ils voyaient clairement que, si les Etats à esclaves restaient dans l'Union, la suprématie politique leur échapperait avant peu, conséquence forcée de l'écrasante supériorité du nombre et de la richesse au Nord, et qu'alors c'en serait fait de l'esclavage. Un parti résolument sécessionniste commença donc à se former dans le Sud; Jefferson Davis en fut un des principaux chefs. Dès 1850, avec une dizaine de ses collègues, il protesta contre le compromis tout entier, et surtout contre l'admission de la Californie comme Etat libre.

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On n'en doit pas moins reconnaître que le compromis de 1850 arrêta pour quelque temps la marche, des événements qui portaient les Etats-Unis à une crise décisive, et retarda sans doute de quelques années l'explosion de la guerre civile. Des questions étrangères occupèrent alors Topinion publique, les expéditions de flibusterie à Cuba (1851), la visite de Kossuth aux Etats-Unis, et le différend qui s'en suivit avec TAutriche- Hongrie (1851), un conflit avec TAngleterre sur les pêcheries (1852), la conclusion par le commodore Perry d*un traité avec le Japon, ouvrant au monde le commerce de ce pays jusqu'alors fermé. En 1850 (19 avril) avait été signé avec l'Angleterre le traité Clayton-Bulwer, par lequel chacun des deux pays s'engageait à ne chercher à acquérir aucun contrôle exclusif sur le canal maritime à construire à travers le Nicaragua.

Élection de Franklin Pieroe (18S2). — Dans l'élection présidentielle de 1852, trois candidats se trouvèrent en présence : Franklin Pierce pour les démocrates, Winfield Scott pour les whigs, Haie pour les free-soilers. Les deux premiers représentaient, avec des nuances diverses, l'adhésion formelle au compromis de 1850, le dernier, la dénonciation de ce compromis au nom des droits du Congrès à légiférer pour les Territoires : « L'esclavage est sectionne!, disait le programme des free-soilers, la liberté est nationale, le gouvernement général doit exercer son influence constitutionnelle dans le sens de la liberté, i» Il y avait dans tous les Etals-Unis un tel désir du maintien de l'Union que Haie n'eut que 155 000 voix du suffrage populaire contre 1-386000 pour Scott et 1 601 000 pour Pierce. Scott obtint de belles minorités dans un grand nombre d'Elals» mais la majorité dans quatre seulement, qui lui conférèrent 42 voix électorales, tandis que son concurrent obtint 254 voix de vingt-sept Etats.

Nord et Sud. — Cette grande victoire rendait au parti démocratique national son ancienne suprématie dans TUnion. Pendant quelque temps, les partisans de la liberté dans le Nord, comme les sécessionnistes dans le Sud, se tinrent silencieux ou n'agilcrent que faiblement l'opinion. Mais une force énorme se développait dans le Nord d'année, en année par Timmigration

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