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LA FIN DE LA SUPRÉMATIE ESCLAVAGISTE

(383 000 immigrants en moyenne par an pendant la période quinquennale 1851-1855), par le développement commercial et industriel, Tagriculture, les chemins de fer, le défrichement des terres nouvelles. La publication des résultats du recensement de 1850 mit brutalement en lumière Tinfériorité des Etats du Sud et de leurs conditions économiques. Quinze Etats à esclaves couvraient une superficie de 929 000 milles carrés, largement supérieure à celle des seize États libres (y compris la Californie), qui n'était que de 643000 milles carrés. Mais la population des derniers était de 13 342 000 âmes, celle des premiers de 9 613 000. Chaque mille carré au Nord avait en moyenne 20 habitants; chaque mille carré au Sud n'en avait que 10. Sur les 9613 000 habitants des quinze Etats esclavagistes, on comptait 229 000 noirs libres et 3 220000 nègres esclaves, qui, pour la représentation au Congrès, n'étaient censés constituer (à raison de trois cinquièmes du chiffre réel) qu'une population de 1 932 000 habitants libres. Il restait donc, au Sud, une population blanche de 6 164000 habitants contre les 13 millions des seize Etats non esclavagistes. Le Sud ne recevait pas, par l'immigration venant du Nord, ce que lui faisait perdre en population l'émigration des Etats à esclaves vers les Etats libres. La légende des richesses fabuleuses du Sud ne reposait que sur l'évaluation des sommes perçues pour son unique produit, le coton. Ces sommes s'élevaient à 300 ou 350 millions de francs par année pour 2 millions de balles de coton; mais le prix du coton ne cessait de baisser et les frais d'exploitation de s'élever. L'immense majorité des planteurs était chargée de dettes. La valeur moyenne des terres au Sud était à peu près le tiers de celle du Nord. La part du Sud, dans un total du commerce maritime s'élevant (1853) à 42 369 000 tonnes, était de 438 000 tonqes. Les manufactures de coton représentaient un capital de 43 millions de dollars dans la Nouvelle-Angleterre, de 2 millions seulement dans le Tennessee, l'Alabama, la Géorgie et la Caroline du Sud. Le Nord avait en exploitation (1850) 6 300 milles de chemins de fer, le Sud 2300.

Les esprits éclairés qui, dans le Sud, voyaient cet élat de choses et cherchaient à l'améliorer, se heurtaient à des obstacles

insurmontables : défaut d'esprit d'entreprise, règne de la routine, même pour la culture du coton, cette source unique de la richesse, et c'était là une conséquence forcée du régime économique fondé sur l'esclavage. Dans ces conditions, la victoire politique que le Sud venait de remporter sur le Nord ne pouvait avoir de suites prolongées. Elle n'avait été possible que par l'asservissement où la sclavocratie du Sud avait réussi à maintenir sa clientèle du Nord par l'ingénieux et redoutable mécanisme de l'organisation de parti. Une armée de politiciens à sa solde était occupée à. démontrer au commerce, à la finance, à l'industrie, à l'agriculture, au clergé des diverses dénominalions dans les Etats du Nord, la nécessité de ne pas pousser le Sud à bout, de le ménager dans l'intérêt de la paix et de l'Union, de ne point le précipiter à une rupture, inévitable si on le blessait dans son intérêt le plus cher.

Franklin Pierce appela Marcy aux affaires étrangères et Jefferson Davis à la guerre (démocratie du Nord et démocratie du Sud). La nouvelle administration acheta au Mexique un territoire de 55 000 milles carrés au sud du New-Mexico et de l'Arizona (traité Gadsden, 1853) et s'occupa activement d'un projet de voie ferrée du Mississipi au Pacifique. . Cuba était la grande préoccupation des esprits dans le Sud. On craignait l'adoption, par le gouvernement espagnol, d'une mesure de libération des noirs dans cette ile. C'est à cette occasion que les représentants des Etats-Unis, en Angleterre, en France et en Espagne (Buchanan, Mason et Soulé), se réunirent à Ostende et y lancèrent un manifeste qui causa une grande sensation en Europe et dans le Nord des Etats-Unis (1854). Il y était dit qu'il fallait que l'Union américaine proposât à l'Espagne d'acheter Cuba ou s'emparât de l'ile par la force, si par tout autre moyen on ne pouvait prévenir une émancipation des noirs. L'expédition du flibustier Walker au Nicaragua occupa encore l'opinion, puis toute lattentipn dut se reporter sur les affaires intérieures, à l'occasion du Kansas.

Le biU Kansa45-N6braska. — En janvier 1854, un démocrate du Nord, inféodé à la camuse esclavagiste, Stephen Doug^làs, «énaleur de llllinoi^, présenta un bill pour l'organir

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