COLOMBIE ET VENEZUELA
est battue sous Angostura, il laisse à Tennemi 16 canons, i 000 prisonniers; la capitale découverte est prise. Cependant Lopez, qui se montrait indomptable, poursuivait la guerre. Il est encore vaincu par Tarmée brésilienne du comte d*Eu près de Garaguatry, en août 1869; au mois de mars 1870, dans un suprême effort, aidé de 5 000 Indiens et de quelques débris de cavalerie et d'infanterie, il est tué sur les bords de TAquidaban; les siens sont écrasés.
Les conséquences ont été désastreuses pour le pays vaincu. Il y avait en 1857 environ 140000 habitants; il reste, en 1870, un sixième de la population, les femmes et les enfants; les revenus sont tombés de treize millions à deux. La ruine était complète. Il fallait réédiiier le gouvernement. On a d abord changé la Constitution politique; la nouvelle fut calquée sur celle des Etats-Unis : président nommé pour trois ans, un viceprésident; sénat et chambre des députés, suffrage universel.
Le traité de paix définitif conclu en janvier 1872 avec le Brésil a fixé la nouvelle frontière entre les deux pays.
///. — Colombie et Véné'j^uela.
Le gouvernement fédéral en Colombie. — Depuis 1836, époque à laquelle Santander^ quitte le pouvoir jusqu'en 1858, les diverses formes gouvernementales sont tentées au milieu des guerres civiles; enfin en 1858 le système fédératif est organisé. Le président Mariano Ospina voulut par des lois proposées au congrès sauver quelques vestiges de centralisation. Les
Etats de Santander, Cauca, Bolivar, Magdalena furent hostiles à cette tentative du président et aux resolutions du congrès. Mariano Ospina songea d*abord à combattre les Etats; il proclama l'état de siège dans la confédération et décréta une levée de troupes. Mais il n'agit pas. Au commencement de 1861, les villes du littoral se rallient aux insurgés; les pouvoirs présidentiels d'Ospina sont arrivés à terme : il est remplacé à la prési-