Voir ci-dessus, t. X, p
704 L*ÂMÉRIQUE LATINE
dence par un autre conservateur, Ârboleda, issu d'une famille qui avait pris part à la guerre de l'indépendance. Arboleda était aussi bon orateur et bon poète. Il ne gouverna pas longtemps. Ses adversaires politiques, sous la conduite de Mosquera, pénétrèrent dans Bogota le 18 juillet 1862, après un combat de cinq heures.
Le triomphe du fédéralisme suivit cet événement. Mosquera devient président provisoire de la Nouvelle-Grenade, désormais « Etats-Unis de Colombie ». « Il décréta que la loi naturelle serait le seul code de la nation, proclama la séparation de TEglise et de l'Etat, avec défense aux prêtres d'exercer leur ministère sans l'autorisation du pouvoir civil et confisqua la propriété des couvents. »
Constitution de 1862. — La Confédération est formée de
neuf Etats : Antioquia, Bolivar, Boyala, Cauca, Condinamarca, Magdalena, Panama, Santander, Tolima. Ces Etats sont autonomes pour leur gouvernement intérieur : ils ont chacun un président, un parlement, une haute cour de justice; toutes les fondions, même judiciaires, sont à l'élection; les municipalités jouissent d'un régime libéral.
A Bogota réside le gouvernement fédéral : un président élu par le peuple pour deux ans, un congrès élu par les Etals (Sénat de 27 membres. Chambre de 66 représentants). Le présidont n'est pas rééligible en sortant de charge ; il est assisté pour le pouvoir exécutif de quatre ministres (intérieur, relations étrangères, trésor et crédit national, hacienda y fomentOy guerre et marine). Les Chambres des neuf Etats élisent une cour suprême de trois membres et un procureur général de la nation. C'est le congrès qui déclare la guerre. C'est lui qui fait les lois ; mais le pouvoir législatif du congrès est quelquefois contrarié parles Etats; de là des prises d'armes.
Le l*'' avril 1864, Mosquera, laissant la constitution fonctionner régulièrement, reçut le serment du D' Manuel Murillo Toro, et, lui cédant la présidence, devint le leader du parti démocratique; il resta populaire, parlait dans les clubs, où il attaquait la France et l'Espagne, alors en lutte l'une contre le Mexique, l'autre contre le Pérou.