COLOMBIE ET VENEZUELA
Murillo trouva durant sa présidence des difficultés graves; les ressources pécuniaires de TElat étaient médiocres ; les salines rendaient peu, les biens du clergé confîsqués étaient vendus à vil prix. Le clergé, mécontent des confiscations, do la sépara-
tion de TEglise et de TEtat, d'accord avec les conservateurs, remuait les provinces. Murillo dut prendre les armes et battit ses adversaires. C'est Mosquera qui succéda à Murillo. Mais en avril 1868, lorsqu'il reprend de nouveau les pouvoirs présidentiels, c'est un vieillard, il a soixante-quatorze ans. L'âge n'a pas changé son ardeur, mais sa politique. Bientôt le conflit éclate entre lui et le congrès. Il faisait un emprunt en Angleterre et disposait du trésor sans vouloir justifier de son emploi; il heurtait de front les pouvoirs locaux, il prenait les objets du culte dans les églises pour faire de l'argent. Il fit un appel au peuple et aux soldats de Bogota. La résistance du congrès à la politique présidentielle entraîna la dissolution. Mosquera prononça l'état de siège. Mais comme il prenait ces mesures dictatoriales, le deuxième vice-président le fît arrêter et emprisonner. On l'exila pour quatre ans. Le pouvoir passa constitutionnellement au vice-président Guttierez [i^^ avril 1868), à qui succéda le général Salgar.
Venezuela : défaite des Unitaires. — En janvier 1847, Paez avait usé de son influence pour faire élire Tadeo Monagas. Il le regretta bientôt et essaya de le renverser, mais après son échec il dut s'enfuir à New- York. Les deux frères Monagas, Tadeo et Gregorio, alternèrent au pouvoir jusqu'en 1858. Tous deux étaient fédéralistes.
Les conservateurs prirent le pouvoir; les libéraux et les démocrates se soulevèrent dans les provinces, sans pouvoir renverser les conservateurs. Paez, revenu dans sa patrie, de nouveau fut dictateur. Cependant il dut reconnaître la puissance de Juan Falcon, le chef des fédéralistes. D'ailleurs Paez n'était plus que le prête-nom dans un gouvernement où la réalité du pouvoir appartenait à son ami Rojas, le ministre de l'intérieur, homme du gouvernement despotique. Cependant le parti conservateur unitaire se disloquait; les soldats de Falcon avaient battu l'armée de Paez. Il fallut traiter avec les fédéra-
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listes maîtres de Touest et qui agitaient le pays à Test; la capitale était comme bloquée. Les deux partis firent une entente: le général Juan Falcon devint président provisoire, son ami et collaborateur Guzman Blanco vice-président provisoire. L'assemblée constituante du 24 décembre 1863 invita Falcon, Forganisateur de la grande croisade de la liberté, à « continuer d'exercer le gouvernement général de la fédération avec le caractère de président des Etats-Unis de Venezuela ».
D'après la constitution du 22 août 1864, la République est formée de vingt Etats indépendants et ayant un gouvernement particulier démocratique et responsable. Le gouvernement de la fédération appartient à un sénat et à une chambre renouvelables tous les deux ans par moitié. Les députés ne peuvent être ministres. Le pouvoir exécutif appartient à un président nommé pour quatre ans. Une haute cour de justice juge les conQKs d'Etat à Etat. La Constitution assure les différentes libertés (presse, association, enseignement, religion, réunion).
La pénurie des finances, la résurrection du mouvemeut unitaire déterminèrent la fin du gouvernement de Falcon (1868). Le parti unitaire revint au pouvoir avec J.-R. Monagas, qui mourut bientôt. Guzman Blanco saisit l'occasion et se fit donner un pouvoir provisoire de président qu'il conserva jusqu'en 1873.