FONDATION BU ROYAUME DE GERMANIE
Aa sud-ooest, la Baioière^ comprise entre le Lech et TEmis, les Alpes et la Bohème, a été enlevée par Gharlemagne à la famille des Agiloliing, à la suite des complots de Tassilo (788); mais elle consenre ses lois; elle a même formé un royaume sous un des fils de Louis le Germanique, Carloman. Au commencement du X* siècle, Arnulf, fils du margrave Liutpold, qui était mort dans la lutte contre les Hongrois, en 907, s*y établit en midtre et y fonde une dynastie nouvelle.
Au sud-ouest, sur les deux rives du Rhin, depuis les Alpes jusqu'au deli de Strasbourg, setend YAlamanie ou Sotiabei Sous Louis TËnfant, deux frères, Ërchanger et Berthold, y portent le titre d'envoyés royaux ou comies palalinSy et luttent contre levèque de Constance, Salomon. Le mai^rave Burehard, maître du versant septentrional des Alpes, prend le titre de duc d*Alamanie, mais il périt -dans les troubles (911). Sa femme et ses enfants sont dépouillés et chassés, et le comte Ërchanger s*empare enfin de la dignité ducale.
La Franconiey qui se développe sur la rive droite du Rhin, dans les bassins du Neckar et du Main, est troublée par des guerres acharnées. La famille des Babenberg y doit son importance au comte Henri qui, sous Charles le Gros, s'est illustré dans les luttes contre les Normands. Aux fils de Henri, Adalbert, Henri et Adalhard, Arnulf a opposé une famille apparentée à la sienne, la famille conradienne, qu'il a comblée de biens et d'honneurs. En 902, commence la guerre entre les familles rivales, guerre sauvage, sans pitié, aussi terrible pour le pays qu'une invasion. Condamné par le tribunal du roi, qui confisque les biens de sa famille, Adalbert, le chef des Babenberg, résiste d'abord victorieusement môme à l'armée royale; mais, en 906, il doit se rendre au roi et il est décapité devant son château de Theres, sur les bords du Main. La famille conradienne domine en Franconie, appuyée par la royauté et l'Église.
En Lotharingie ou Lorraine, au contraire, où on voudrait aussi lui assurer la prépondérance, elle se heurte à une oppo-
cas, U est certain que ce pouvoir se forme malgré le pouvoir royal et malgré l'Église.
sition dont le chef, Réginar ou Rainier, habile et intrigant, s'empare de la puissance ducale et rattache la Lorraine à la France occidentale (9H).
Au nord, la Saxe^ plus que tout autre pays de la Germanie, a gardé le sentiment de son ancienne indépendance. Là grandit la famille des Liudolfing; une tradition la fait remonter jusqu'à Bruno, chef des Angriens, qui, lors des guerres de Saxe, se soumit à Gharlemagne en ITi. Son successeur, Liudolf, vécut auprès de Louis le Germanique; un de ses fils épouse la nièce, une de ses filles le fils du roi. Après sa mort (866), ses fils combattent les Normands : Tun d*eux, Otto, d*après une tradition que rapporte Thistorien saxon Widukind, mais qui n'est point certaine, aurait refusé la couronne, à la mort de Louis l'Enfant et aurait conseillé de la donner à Conrad de Franconie. Il étend son pouvoir sur la Marche de Thunnge^ constituée contre les Sorbes, et dont les chefs ont déjà porté le nom de ducs des Thuringiens. Le fils d'Otto, Henri, épouse Mathilde, descendante du héros de la résistance saxonne, Widukind (909); dans la famille des Liudolfing le sang carolingien se mêle donc au plus pur sang national. Ses» domaines nombreux assurent sa puissance. L'Eglise lui est dévouée : Liudolf travaille à répandre le christianisme; il fonde le grand monastère de Gandersheim, où cinq de ses filles deviennent nonnes. Ainsi la puissante famille se fraye la voie vers la royauté.
La Lorraine mise à part, il y a donc quatre duchés, les duchés primitifs de l'Allemagne : Bavière, Souabe, Franconie, Saxe, chacun avec son duc qui est un souverain.
Tous ces ducs administrent leurs territoires avec un pouvoir semblable à celui du roi; ils ont leur cour, leur armée, leurs assemblées. Les duchés se subdivisent ' en comtés. Les comtés situés sur les frontières prennent le nom de marches ou limites\ leurs chefs sont des margraves. A la fin du ix* siècle et au commencement du x*, on trouvera la marche de VEsi ou
1. Sur les limites précises des duchés et leurs subdivisions, voir Wailz, t. V, p. 156 et suiv.