Voir ci-dessus, chapitre vi
2. Voir ci-dessus, chapitre v, p. 22o el suiv., sur la mission d'Augustin et l'organisation de l'Église dans les lies Britanniques, ainsi que sur Bëde et les écoles.
Théodore, sixième archevêque de Cantorbéry ', organisa Téglise anglo-saxonne. Il dédoubla la plupart des sièges épiscopaux primitifs , tout en respectant les divisions historiques des royaumes : dans TAnglie orientale, les diocèses d*Ëlmham ci de Dunwich rappelèrent la primitive indépendance de Norfolk et de Suffolk. La Northumbrie comprenait deux grandes parties : la Deira et la Bernicia, que séparait le Tecs. York fut la capitale religieuse de la Deira; Lindisfarne et Hexhain, de la Bernicia; en Mercie, les sièges de Worcester, de Hereford, de Leicester, correspondirent aux royaumes ou sousroyaumes des Hioiccas, de Ifecana, de Moyenne Anglie; les diocèses de Shcrborne et de Winchester conservèrent la division, à la fois naturelle et historique, formée en Wessex par la forêt de Sehvood, comme celui de Selsèy rappela l'ancien royaume de Sussex, un des sept de THeptarchie. Les sicgos nouveaux relevèrent, comme les anciens, du primat résidant à Caiitorbéry. L'érection de Lichfield en archevêché, à la prière du tout-puissant Offa de Mercie Çlil), fut éphémère; et si York garda le titre archiépiscopal avec trois évèchés suffragants, la primatie fut toujours exercée par les successeurs d'Augustin et de Théodore.
La conversion de TAngleterre au catholicisme a été féconde en grands résultats. Elle a propagé le goût des lettres dans un pays barbare, Tamour de la vie contemplative dans une société en proie à la violence, donné à l'Angleterre de THeptarchie l'apparence au moins de l'unité nationale. S'il y avait plusieurs royaumes et plusieurs rois, il n'y eut qu'une seule Eglise, soumise au primat et rattachée à Rome. Les conciles nationaux ont été la première forme des parlements nationaux; les prêtres, seuls instruits, seuls représentants de la justice et de la morale, qu'ils prêchaient toujours des lèvres alors môme qu'ils ne les avaient pas dans le cœur, tenaient déjà une grande place dans les assemblées publiques du pays. Ils y portèrent les habitudes de discipline que leur avait inculquées leur éducation cléricale. Peu à peu l'Angleterre