Ou Mieczislav I
avec une impétuosité irrésistible. Miéchko, pour sauver son peuple de la ruine, accepta le christianisme. Il fut baptisé en 966 et fonda à Posen un évêché qui releva de Magdebourg. Son fils, Boleslav le Vaillant * (992-1025), est le véritable fondateur de la monarchie polonaise et peut-être le prince le plus remarquable qu'ait jamais eu la Pologne. La Croatie Blanche jusqu'aux Karpathes avec Cracovie, la Moravie, la Poméranie furent par lui conquises ; les Slaves de TElbe sollicitèrent sa protection et les Tchèques acceptèrent un moment son autorité. L'empire morave de Svatopluk semblait renaître, et tous les Slaves occidentaux étaient réunis sous un môme maître. Boleslav étendit même son autorité sur divers princes russes, donnant ainsi le signal de ces guerres entre Russes et Polonais qui furent si fatales à la Pologne et au monde slave tout entier.
L'église polonaise . — Les successeurs de Boleslav ne gardèrent pas ses conquêtes; il avait eu du moins l'honneur d'indiquer à la Pologne la voie dans laquelle elle pouvait trouver la prospérité et la gloire. L'indépendance du pays aurait été inattaquable, s'il fût resté maître, au sud, des montagnes, et au nord, des rives de la Baltique. Le grand résultat du règne de Boleslav, ce fut la création d'une église nationale. Exploitant habilement, comme Etienne de Hongrie, les rêves d'Otto III, il fonda à Gniezno * un archevêché dont relevèrent les évêchcs de Cracovie, de Kolberg, de Breslau, et plus tard celui de Posen. Il ne crut pas acheter trop cher la protection de la papauté en payant le denier de saint Pierre ; la tutelle de Rome était moins redoutable que celle de l'Empire germanique et, daîns leurs conflits avec l'Allemagne, les Polonais trouvèrent dans les papes de sûrs et précieux alliés.
Celte union intime de la Pologne et de la cour pontificale est restée un des signes particiiliers de l'histoire de ce peuple ; les succès de la Réforme en Pologne ne furent que passagers et plus bruyants que réels; le catholicisme a exercé sur son développement et ses destinées une action tout aussi profonde que l'orthodoxie chez les Slaves de l'Est, et de nos jours