Voir ci -dessus, chapitre m
Sicile, la Corse; il attaquait même les côtes de TEmpire, les îles Ioniennes, TEpire. Une défaite navale près d'Ancône et l'arrivée de Narsès, en 552, comme général en chef, changent la situation; la bataille de Tagina (juin 552), où Totila succombe, achève la ruine des Goths. Son successeur Teïas, qui s'était fortifié au pied du Vésuve, meurt, lui aussi, les armes à la main (commencement de 553). Narsès triomphe sur les bords du Vulturne, à Gasilinum (553), de la grande armée franque *. Quant aux débris des Goths, qui avaient pour chef Aligern, frère de Teïas, ils se décident à traiter et à livrer Cumes, où ils avaient entassé leurs trésors.
L'Italie était reconquise, mais elle était ruinée. Dans un discours que Procope prête à Totila s'adressant aux sénateurs de Rome, le roi goth leur reproche leur ingratitude et compare le calme et la prospérité dont ils jouissaient sous la domination gothique aux malheurs amenés par l'intervention de Justinien. Campagnes et villes avaient été ravagées. En dépit de la vérité et des plaintes de Totila, la passion religieuse tourna toutes les haines contre les Goths. Leur nom resta abhorré ; on les rendit responsables des malheurs de l'Italie et, dix siècles après, l'ignorance populaire les considérait encore comme les destructeurs des monuments antiques.
Justinien s'occupa de réorganiser l'Italie par la Pragmatique- Sanction du 13 août 554, qui attribua aux évèques, chefs populaires et locaux, un rôle administratif important. La législation justinienne fut introduite en Italie. Les édits de Totila furent annulés, mais ceux de Théodoric, d'Amalasunthe, et même en partie ceux de Théodat, furent maintenus. Ravenne devint la capitale de l'Italie byzantine et la résidence d'un exarque y qui en fut comme le vice-roi.
A l'Afrique et à lltalie Justinien put espérer qu'il ajouterait l'Espagne. Le roi wisigoth Theudis, dont les Ostrogoths avaient invoqué le secours, avait attaqué les Byzantins en Afrique et s'était emparé de Ceuta (544); mais battu ensuite, il n'avait pu conserver cette ville. Un de ses successeurs, Agila (549-554), vit
i. Voir ci-dessus, chapitre m.
se former contre lui un parti dont le chef, Athanagild, fit appel aux Byzantins. Justinien s^ennpressa d'intervenir; les troupes impériales, commandées par le patrice Liberius, furent bien accueillies par les populations catholiques. Elles occupèrent plusieurs ports de la côte du sud, battirent Agila près de Séville. Devenu roi en 854, Athanagild réussit à arrêter les progrès de ses anciens alliés, mais il ne put leur enlever les ports et les villes qu'ils avaient conquis sur la côte.
Les guerres défensives : Perses, Huns, Bulgares, Slaves. — Si ces conquêtes ont illustré le règne de Justinien, elles ont été chèrement payées. Pour les accomplir, il a dû trop souvent dégarnir les frontières de TE m pire et les abanilonner aux attaques et aux invasions.
En Asie, le royaume sassanide, fondé au m'' siècle, était Teniiemi naturel de TEmpire byzantin, en religion comme en politique. Fidèle aux doctrines de VAvesta, au dogme d'un dieu bon et d*un dieu mauvais *, au culte du feu, il préparait depuis longtemps déjà, par la conquête de l'Asie antérieure, la reconstitution de l'empire des Achéménides. Khosroès* I" Anoushirouan, «dont le règne fut plus long encore que celui, de Justinien (531-579), compte parmi les plus habiles et les plus énergiques -entre les monarques sassanides. Dès 533, Justinien, occupé par ses guerres d'Occident, ne peut le contenir qu'en achetant la paix à prix d'argent. En 540, sollicité par les Goths, Khosroès ravage la Syrie et s'empare d'Antioche. Bélisaire envoyé contre iui parvint, en 541, bien qu'avec une armée insuffisante, à -empêcher une nouvelle invasion. Puis la cour le rappela, et de nouveaux échecs suivirent son départ. En 545, une trêve fut conclue pour cinq ans, à la condition que l'Empire payerait un tribut annuel à Khosroès ; en 551 , on signa une nouvelle trêve de neuf ans, toujours à prix d'ai^ent. Cependant les hostilités reprirent dans la région du Caucase, où la Perse et l'Empire se disputaient la possession du Lazique. Un général -grec, Bessas, parvint à enlever aux Perses la ville forte de Petra. Enfin, en 561, une paix de cinquante ans laissa le Lazique sous