EMPEREURS DE LA MAISON D*HÉRAGLIUS
milieu d*intrigues qu*il serait aussi fastidieux qu*inutile de raconter ici. Les usurpations sont fréquentes : larmée, la flotte, le peuple, les Barbares même, font et défont à leur guise les empereurs. C'est surtout sous le règne de Justinien II, que l'impuissance et rinstabilité du pouvoir s'accusent par les plus tragiques événements. Empereur à seize ans (septembre 685), il soulève contre lui Taristocratie de Constantinople, le peuple, le patriarche Callinicos. En 695, on le renverse, on lui coupe le nez (d'où son surnom de Rhinoimèté) et on l'exile en Chersonèse-, le palrice Léontius est proclamé empereur.
Trois ans après, une flotte byzantine envoyée en Afrique se révolte, et à Léontius substitue son amiral Apsimare, qui prend le nom de Tibère (698). Justinien s'échappe alors de la Chersonèse et entraîne les Bulgares contre Constantinople. Il y rentre en 705; il triomphe au cirque, foulant de chaque pied le cou des deux ex-empereurs, tandis que la populace chante : « Tu marches sur l'aspic et le basilic; tu foules aux pieds le dragon et Iç lion ». En 711, les habitants de Cherson proclamant Philippique Bardane, et Justinien est égorgé à Sinope. Deux ans après, c'est au tour de Philippique Bardane d'être assassiné (713). Son secrétaire lui succède sous le nom d'Anastase II, mais il disparaît bientôt pour faire place au candidat de la flotte. Théodose III (715).
Guerres contre les Lombards, les Bulgares, les Slaves, les Arabes. — Que devient l'Empire, pendant que ces empereurs éphémères se renversent et s'entre-tuent? E^i Italie, les Lombards enlèvent aux Grecs la côte de Ligurie et remportent, vers 638, sur les bords du Panaro, une grande victoire qui réduit l'exarchat à d'étroites limites. Au centre et au sud, s'étendent les duchés lombards de Spolète et de Bénévent, tandis que les exarques, impuissants à défendre les possessions byzantines, achèvent de détacher de l'Empire les populations, par leurs exactions et leurs violences, et les tournent vers les papes qu'ils persécutent*. Du côté du nord, si les Avars sont devenus moins redoutables, les Slaves et les Bulgares débordent sur l'Empire*.
1. Voir ci-dessous, chapitre v, sur la situation de l'Italie byzantine et les progrès de la papauté.