EMPEREURS DE LA MAISON D*HÉRÀCL1US
de Samosate et d*Amasia (112), d'Antioche de Pisidie (713); en 714, ils ravagèrent la Galatie; il semblait qu'ils n'eussent plus qu'à mettre la main sur Constantinople, lorsque Tavènement de Léon Tlsaurien sauva l'Empire (717).
Caractères de l'Empire byzantin au conunencement duviu" siècle. — Celte épouvantable anarchie à l'intérieur, ces défaites répétées à l'extérieur ne doivent pas cependant fermer les yeux sur les transformations qui s'accomplirent au vn* siècle, et qui expliquent comment l'Empire put se relever au siècle suivant, en dépit de nouvelles luttes intestines. Les conceptions cosmopolites de Justinien sont définitivement délaissées; si on n'abandonne pas les débris de ses conquêtes, du moins on ne se préoccupe guère de les défendre. Attaqués sur toutes leurs frontières, sentant l'empire menacé dans son existence même, Héraclius et ceux de ses successeurs qui essaient de lutter s'appuient sur l'hellénisme et organisent un Etat grec. Un historien contemporain de la Grèce, M. Paparrigopoulo , a bien marqué ce caractère du nouvel empire, plus restreint dans son étendue, mais d'une constitution plus vivace : < Déjà, depuis Maurice, toutes les lois, toutes les ordonnances, tous les actes publics n'étaient plus rédigés qu'en grec. Les divisions administratives changèrent leur nom de provinces en celui de thèmes; ce dernier nom fut aussi donné au corps d'armée de chaque province. Depuis Héraclius, les médailles, jusqu'alors entièrement latines, commencèrent à se réformer; on trouve dès lors des monnaies de cuivre portant cette inscription en grec : « Tu vaincras par ce signe ». Tous les termes militaires furent pris dans la langue du pays; les longins furent nommés chiliarques; les comtes, stratèges. De l'aveu de Constantin Porphyrogénète, les empereurs parlaient grec et perdaient l'usage du latin. Les souverains, à côté du titre romain iïlmpei^ator, portent les titres grecs de Basileus (roi, ou plutôt grand-roi), Despotes (maitre), AxUocratôr (autocrate). L'empereur est aussi Ylsapostolos (semblable aux apôtres), docteur de la foi et convertisseur des Barbares. L'Église et les lettres revêtirent un
1. Ce fut Conslantin Pogonat qui organisa la division militaire en thèmeSy afin de mieux assurer la défense de TËmpire.
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caractère de plus en plus national. » Dans cet empire affluent Içs étrangers de toute origine, mais, pour en devenir membres, il faut qu'ils. y entrent par la porte de TEglise. Comme on Ta fort bien dit, « c'était non la race, mais la foi qui faisait le Romain de Byzance ; de quelque peuple qu'on fût issu, il suffisait d'entrer dans le giron de l'Église pour entrer dans celui' de l'État; le baptême orthodoxe conférait le droit de cité » (Rambaud).
BIBLIOGRAPHIE
Les sources de Thistoire byzantine sont réunies dans : Sciiptores hifltoriœ Byzantinad, éd. du Louvre, 1645-1711, 38 vol. in-f*; Venise, 1727- 1733, 23 vol. Corpus scriptorum historiœ byzantinœ, sous la direction de Niebuhr, Bonn, 1828-78, 49 vol.; Patrohgia Grœca de Migne, 1857-66, 161 vol. — Pour la période antérieure âJustinien, les principales sources sont : le païen Zosime {\^ s.), Histoire nouvelle; Priscus, Malchus, Candidusy etc., dont on n'a que des fragments; Socrate, et Sozomène, His^ foire ecclésiaslique. Pour Justinien et ses successeurs : ProcopOy Guerres PersiquCy Vandaliquet Gothique; Des édifices; Anecdotes ou Histoire secrète; Agathiasy Du régne de Justinien (552-558) ; Théophylacte Simocatta, Histoire universelle (582-602); les fragments de Ménandre; Jean Malala (vii<^ s.), Chronographie ; Chronique pascale; et un grand nombre de chroniques postérieures qui ont utilisé d'anciens documents. Georges de Pisidie a célébré les victoires du règue d*Héraclius dans trois poèmes historiques sur la guerre contre les Perses, le siège de Constantinople par les Avars et VHéi^acliade. On trouvera des renseignements sur les historiens byzantins dans Krambacher, Geschichte der byzantinischen Litteratur, 1890. Les études byzantines ont été mises en honneur au xvii<^ s. par Ducange, Hisloria byianlina, 1680, suivie de Constantinopolis christiana.
Les plus importants ouvrages généraux sur Thistoire byzantine sont : Gibbon, Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain (1776- 1789, en anglais), plusieurs fois traduite en français; Le Beau, Histoire du Bas-Empire, éd. Saint-Martin, 1829-1833, 21 vol., compilation encore utile ; Hopfy Gesch, des Griechenlands im MittelaUerj dans V Enkyklopàdie de Ersch et Gruber, t. 85, 86; Papanigopoulo, *I(TTopta toû 'EXXyjvéxov lôvouç, 1887-88, t. III, IV, et Histoire de la civilisation hellénique, 1878; Brunet de Presle et Blanchet, la Grèce depuis la conquête romaine jusqu'à nos jours, 1 860 ; Finlay, A history of Greece from ils conquest by the Romans to thepresent times, 1877; Gîtorer ^Byzantinische Geschichte, 1872-1877,3 vol.; Hertzberg, Gesch, des Griechenlands seit dem Absterben dès antiken Lebens, 5 vol.; 1876, et Geschichte der Byzantiner, 1883, dans VAllgemeine Gesch. de Oncken, etc. Pour Thistoire religieuse. Le Quien, Oriens Christianus, 1740, 3 vol.; Hefele, Hist. des Conciles, trad. Delarc. Pour le commerce, Heyd, Histoire du commerce du Levant au moyen âge, trad. Furoy-Raynaud, 1885,2 vol. Pour l'art, Bayet, TAr^ byzantin, 1883. — Un certain nombre de monographies, d'articles, doivent être signalés : Chastel, Histoire de la destruction du paganisme dans l'empire d'Orient, 1850; Guldenpenning,
Geschichte des oslrômischen Reiches unter d^n Kaisem Arcadius und Thedo^ «IMS, 4885; Am. Thierry, Trois ministres de Théodose, saint Jean Chrysos-tome et l'impératrice Eudoxie, 1872, Nestorius et Eutychcs, i878; Gregorovius, Athénats, et Geschichte der Stadt Athen im Mittelalter, i889; iBambert, Histoire de l'empereur Justinien^ 1 856 ; Debidour, De Theodora, 1877; Théodoruy 1885; H. Houssaye, V Impératrice Théodora, Rev. des Deux Mondes, 1885; Dahn, Procopius von desarea, 1865 ; Drapeyron, V Empereur Héraclius et l'empire byzantin au YW s,, 1869; Gasquet, De l'autorité impériale en matière religieuse à Constantinople, 1879, V Empire byzantin et la monarchie franque, 1888; Clu Léciivain, le Sénat romain depuis Dioctétien; A. Rambaud, l'Hippodrome à Constantinople^ Rev. des Deux Mondes, août 1871; Empereurs et impératrices d'Orient, ibid., janvier, février 1891; Duchesne, Vigile et Pelage, Rev, des quest. hist., 1884; Calisse, Il govemo dei Rizantini in Italia, Rivista Slofica Italiana, 1 885 ; Diehl, T Admtnt5(ra/ton byzantine en Italie, 1889; CouTet, la Palestine sous les empereurs grecs, 1869. Pour les rapports avec les Germains en Espagne, en Italie, en Afrique, voir notamment Dahiiy Die Kônige der Germancn, 186M871, 6 vol. Cette bibliographie doit être complétée par celle du chapitre xiii.