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La manse. environ un arpent

GOUVERNEMENT DE GHARLEMAGNE 349

charge. L'Empire est vaste; il a des guerres à toutes les frontières : au delà des Âlpes, des Pyrénées, de l'Eider, sur le Danube. On ne saurait trop prendre garde aux conséquences de cet état de choses. L'homme libre, en partant, est tenté do disposer de son bien en faveur de TEglise : il le lui laisse pour le salut de son âme, s'il meurt. En son absence, il peut être dépouillé; cela devait arriver assez souvent. C'est pourquoi l'on veut se soustraire au service. Un des moyens qu'on emploie, c'est d'entrer dans l'Eglise. De plus la grande inégalilé des propriétés faisait très injuste l'égalité des charges; non moins la différence des distances à parcourir. Les pauvres réclament, disant que les évèques, abbés ou leurs avoués, les comtes et centeniers, profitent de la levée pour les spolier, les ruinant en faisant servir chaque année celui qui refuse de leur donner son bien, laissant en repos celui qui cède. Les profonds changements survenus dans la société exigeaient que le service militaire fût réglé d'après ces changements. Charlemagne a fait beaucoup d'efforls pour remédier à l'abus. Il adoucit les peines portées contre celui qui n'obéit pas au ban. L'homme qui a une fortune mobilière d'une livre (d'argent) paye une amende d'un quart; celui qui en possède six en payera trois. L'amende est donc progressive, et, d'autre pari, Charlcmagne ne veut pas ruiner l'insoumis, afin de ne pas tarir la source d'où découle l'obligation militaire : la propriété. En 807, à l'occasion d'une famine qui a rendu le service encore plus lourd, on prend des dispositions nouvelles. C'est le commencement du service militaire, réglé en tenant compte de la grandeur de la propriété et de la distance à parcourir. Doivent s'armer tous ceux qui ont des bénéfices. Tous ceux qui possèdent au moins trois manses (arpents) doivent s'armer en personne. De deux hommes qui possèdent deux manses ou dont l'un en possède deux et l'autre un, l'un doit s'armer avec l'aide de l'autre. Trois propriétaires d'une manse, ou six d'une demi-manse chacun, doivent un soldat. A défaut de propriété foncière, on oblige à concourir la fortune mobilière. Ceci est une innovation; de même la restriction de Tobligation totale au propriétaire de trois manses; la règle germanique était que tout propriétaire

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libre d*une manse doit le service. Autre innovation : Tintervenlion de l'argent; sans doute on pouvait déjà, en payant le héribariy rester chez soi; mais Tamende sera payée directement au roi. D*aprës cet acte de 807, celui qui partait comme représentant des groupes déterminés était dédommagé directement par ceux qui restaient. D'autres articles s adressent à différents peuples en particulier: un Saxon sur six partira pour la guerre contre les Espagnols ou les Avars; un sur trois contre la Bohème; tous contre les Sorbes. Il faut entendre ici que le recrutement se fait parmi les hommes libres propriétaires, sans égard aux dispositions particulières ci-dessus indiquées, car les Weillcs conditions de la vie germanique existent encore en Saxe. Chez les Frisons, sont convoqués tous ceux qui ont des bénéfices; les pauvres fourniront un homme sur sept. Il est impossible de conclure à un système général d'après ces capitulaires.

Une instruction aux missi donne d'autres renseignements. La terre bénéficiaire est assimilée aux autres. Les bénéficiaires royaux doivent tous partir. Les hommes des évèques et abbés, qui ont des bénéfices ou des terres en propre, en quantité requise, doivent partir comme les autres. L'Etat évite la déperdition de forces qui se serait produite pour lui {)ar la transformation du propre * en bénéfice. Enfin les hommes (homines casait) des comtes, des évèques et des abbés doivent servir, dans une proportion déterminée, sous leurs maîtres. Ce n'est point encore la vassalité qui est la règle de l'organisation militaire. C'est toujours le roi qui commande, comme chef de peuple, et c'est toujours la propriété qui oblige ; mais la transition se fait.

Il faut remarquer qu'on ne trouve pas dans les capitulaires militaires un seul texte de loi proprement dit; on n'y trouve que des prescriptions annuelles, valables pour telle campagne, pour tel pays. Les autorités locales appliquaient comme elles pouvaient, souvent comme elles voulaient. De là ces plaintes si nombreuses.

Sous les successeurs de Charlemagne, le régime est analogue, avec quelques adoucissements. On rappelle seulement, qu'en cas

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