‹ Histoiree générale du IVe siècle à nos joursChapitre 9 sur 180 · L*EMP1RE ROMAIN JUSQU'AU IIP SIÈCLE · texte numérisé non relu

L*EMP1RE ROMAIN JUSQU'AU IIP SIÈCLE

nement central, Tempire centralisé, lequel ne sera bien organisé que vers la fin du m® siècle.

Ce qui restait du sénat et des sy[iciexmes magistra* tures républicaines. — A côté de Tempereur il y a encore le sénat et les anciennes magistratures romaines, mais ce sont des ombres. Il n'y a dans le sénat qu'un classement de dignitaires. De toute la vie compliquée et forte des anciennes magistratures, il ne reste plus que ce qui peut être appliqué à une monarchie : un cursus honorum. En réalité, le sénat n'a pas de pouvoir effectif; il est à la discrétion des empereurs. Au 1**' siècle, ceux-ci semblent avoir eu peur de cette forme qu'ils ont respectée; ils déciment le sénat, frappent surtout les membres des anciennes familles, redoutant le regret qui vit en elles de l'ancien pouvoir sénatorial. Au n* siècle, quand les hommes des anciennes familles ont disparu, quand on s'est plié à l'obéissance, quand se succèdent des empereurs de familles provinciales qui respectent le nom du sénat et veulent se servir -de son autorité morale, il redevient un moment un conseil écouté.

Pour conclure, il reste des formes anciennes : le caractère viager, électif, du pouvoir impérial; des ombres de magistratures, une ombre de sénat, une ombre qui traversera les siècles, 4iui hantera les esprits bizarres du moyen âge, que nous retrouverons autour de Charlemagne, qui se dressera entre Arnaud de Brescia et Frédéric Barberousse, une ombre dont se recommandera quelque jour le collège électoral du saint-empire romain germanique. La réalité du pouvoir et de l'action appar;tient à l'empereur, à sa chancellerie, à ses bureaux, à ses agents.

Les cités et les provinces. — Ce que nous avons étudié jusqu'à présent, c'est le pouvoir central. Quels étaient les agents de ce pouvoir central? Quel était le gouvernement local? Quels étaient les cadres de l'administration?

Le groupement des sujets de l'Empire romain s'est fait par cités. Ce groupement n'est pas factice. Dans une partie de l'Empire, dans la moitié orientale, il est antérieur à la conquête; c'est une conception gréco-latine. Ailleurs, la cité est le

nom nouveau du groupement ancien; ce qu'on appelait un peuple gaulois est devenu une cité. Une cité (civitas) est un ensemble d'hommes habitant un territoire qui a un centre urbain de gouvernement. y

Nous reviendrons sur la constitution sociale de la cité; pour le moment, nous ne nous occupons que de son rôle dans l'organisme général du gouvernement. Les cités s'administrent elles-mêmes, élisent leurs magistrats, pourvoient à leur» dépenses, à leur culte, à leur police. Elles ont pour se gouverner elles-mêmes tous les droits, sauf l'autorité suprême {imperium) avec son droit de guerre et la justice. L'Empire qui les laisse vivre leur demande seulement l'impôt, les recrues pour le service militaire et la soumission à ses gouverneurs.

Entre les cités et lui, il existe une division intermédiaire : • la province. — Les provinces sont des régions politiques créées dès le tempsTépublicain : dans les pays conquis, Rome envoyait un magistrat qui était comme un ^souverain absolu tout le temps que durait sa charge. Ces régions, l'Empire en a accru le nombre, soit par des conquêtes, soit par des remaniements et subdivisions.

Il y a bien encore un régime particulier pour l'Italie, terre privilégiée, administrée de Rome directement, subdivisée en onze réfjions par Auguste; mais peu à peu se fait l'assimilation qu'achèvera le Bas-Empire.

La ville de Rome a aussi son gouvernement à part.

Les agents de l'empereur ont tous ce caractère commun qu'ils sont des délégués, non pas des fermiers; des délégués à temps et payés : ce qui implique qu'ils ne prendront pas racine et n'exploiteront pas le pays à outrance. Etroitement surveillés, ils ont pour rôle d'être les représentants de l'empereur en toutes choses : juges, chefs militaires, chefs politiques. Ils ont à côté d'eux des agents financiers ; ceci n'indique pas qu'on soit arrivé à la division des pouvoirs, car de tout temps l'administration des finances a été confiée à des agents spéciaux. Chefs militaires, les gouverneurs de province commandent l'armée (dans les provinces impériales); chefs administratifs, ils contrôlent le gouvernement des cités ; la justice est leur principale fonc-

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