I/ONGLE D’ENFANT
A mon ami regretté Gérard de Nerval.
La Mort, Timplacable Mort, te guette. . . . «
La jeune mère, rose et blonde, penchée en arrière, soutient de ses bras tendus le petit enfant tout nu, blanc et rose.
Elle le fait gravir cent fois sur ses seins, de
sa ceinture à sa bouche, baisant et mordillant les petits pieds tout ronds et lui souriant de toutes ses dents blanches.
Le tout petit grimpe de son mieux avec ses jambes hésitantes et il commence à sourire au sourire de la mère, surtout quand un des petits pieds joufflus est happé entre les lèvres.
Mais elle vient de remarquer quelque chose à Pun des petits pieds bien-aimés et elle suspend le jeu.
Elle prend des ciseaux d’acier fin*, avec précaution infinie, elle coupe Pongle du petit enfant, et, toujours souriante, contemple un instant cette première moisson, — Pinfinitésimal croissant, diaphane comme Popale.
l’ongle d’enfant.
— Et la mère qui sourit toujours ne pense pas que cette première épave détachée du nouveau-né, — atome de vie tout à l’heure, à jamais tombé dans l’infini néant des ossuaires cosmiques, — est le premier gage donné au sépulcre, à la hideuse décomposition finale....
— La Mort, l’implacable Mort, te guette....
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LE PETIT ÉLÉPHANT