‹ Histoires des commencements de la république aux Pays-Bas, 1581-1625;Chapitre 15 sur 71 · Bossuet · texte numérisé non relu

Bossuet

fMir b cùùinàxeùùQ, ks eroyanees sarnatoreiks et les p9Sèiùnè retigieoéeâ qui s'eodcHiiiaîeBt ao sein fTaiie décorité trop longue ; ils retrempèrent dans les eaux amèreâ et fortes de h soaree bélHuiqne les enseigne- D>ents d'an Évangile qui s'était amoDi, en passant par les lèvres do doux génie d'Athènes et de Florence. La dualité se fit dansFanité chrétienne. Le fondre de l'hérésie triomphante frappa le faite de. TÉglise et déchira le voile do sanctuaire. Alors , la chrétienté en stnpeor vit apparaître, ans grondements de Forage, à la loenr d'éclairs sinistres, deux Christs armés Tan contre Taotre, coarroncés, irréconciliables; deux fils de Diçn, deox Rédempteurs da monde, acharnés à s'entre-détruire. Le Christ germjinique versa Tironie et l'opprobre sur le Christ latin; le Christ latin lança Tanalhème snr le Christ germanique. Les nations et les princes se rangèrent, selon leurs instincts ou leurs calculs, à la suite de Tune ou de l'autre de ces divinités ennemies.

Îjq plus puissant souverain de la chrétienté prit parti pour le Christ des Latins. Par la condamnation de Luther à la diète de Worms, Tempereur Charles-Quint engagea la maison d'Autriche sous la bannière de Rome. Les princes de la Confédération germanique embrassèrent la cause opposée et formèrent à Smalkalde la première ligue armée contre Tempire. Peu à peu l'Europe entière fut entraînée dans la lutte, et Ton vil pour la première fois les peuples, beaucoup plus émus que ne Tétaient les grands, parce que le senti-

ment plus encore que l'idée, le cœur plus que la raison^ étaient intéressés dans cet immense débat, paraître sur la scène politique el jouer un rôle important dans la grande tragédie du siècle^ .

Après Tabdication de Charles-Quint et le partage de ses États, la maison de Habsbourg perdit la suprématie presque absolue qu'elle avait exercée sur les affaires de TEurope. La branche autrichienne, serrée de près par le protestantisme allemand, essaya presque toujours de composer avec lui et de prendre entre les deux camps le rôle de médiatrice. Le roi d'Espagne, au contraire, se prononça plus résolument encore que ne l'avait fait son père pour le catholicisme ; il soutint des guerres désastreuses, prodigua ses trésors et le sang de ses peuples. Bientôt il représenta seul en Europe, et maintint avec plus d'énergie que bien des papes, le principe absolu de l'Église romaine et l'intégrité de la foi.

Entre l'Espagne^ ardent champion du dogme catho- . lique, et TAUemagne, qui s'animait de plus en plus à la défense de la Confession d'Augsbourg; entre la Rome antique, sacerdotale, papiste, et cette Rome nouvelle, réformée et républicaine, que Calvin édifiait à Genève, la France se trouvait vivement sollici tée et pa-

i. « Nons aHoBS voir bientôt le commencement d'ane grande tragédie », avait dit en 1555 le prince d'Orange, dans le conseil de la gouvernante des Pays-Bas, en apprenant que Philippe II exigeait la publication des décrets du concile de Trente. (Groen yan Prinsterer, Archives de la maison de ^'assau, T. V^ p. 295.)

rut plus d'une fois comme hésitante. Le sang des Valois, récemment mêlé au sang des Médicis, était tout catholique. D'ailleurs, la rébellion des princes protestants, qui tendaient à constituer la France en république à rinstar des cantons suisses, et aussi la haine sanguinaire du peuple de Paris contre les huguenots, poussaient la cour à se prononcer dans le sens de l'orthodoxie. Toutefois, l'orgueil national, si vigilant à repousser les empiétements du saint-siége, et qui venait de se heurter aux décrets du concile de Trente, incompatibles, disait-on, avec les droits de la couronne et les libertés de l'Église gallicane, l'extrême défiance que les Valois nourrissaient contre les Guises, la crainte que leur in^irait la puissance espagnole, de fréquents sujets d'irritation contre les papes, trop souvent d'accord avec l'Espagne, retenaient sa cour dans une politique ambiguë, variable selon les personnes et les circonstances.

De son côté, l'Angleterre n'avait pas été préservée de la contagion des idées nouvelles et ne restait pas étrangère aux troubles du continent. Elisabeth, que la grandeur de son esprit préservait de tout fanatisme, et qui, par un goût royal, inclinait aux pompes et à la hiérarchie catholique, se flatta quelque temps de concilier les sectes chrétiennes ; mais bientôt celte reine habile, qui ne détournait pas son oreille de la voix mystérieuse qui sort des profondeurs du peuple et savait plier son génie à cette fatalité des rois, sentit que la nation an-

glaise ne supporterait plus sans frémir un règne catholique. Ses passions de femme l'aidaient à comprendre ses devoirs de reine ^ L'union intime d'Elisabeth avec son peuple mit fin à la puissance du saint-siége en Angleterre. Par l'alliance de la Réforme avec la royauté, Elisabeth donna au trône un appui solide; elle posa le plus sûr fondement de cette monarchie aristocratique et épiscopale, qui devait apparaître au siècle suivant sous sa forme parfaite.

Dans l'état de perturbation et de guerre où la Réformation jetait la république chrétienne, le soulèvement des Pays-Ras amenait une crise très-forte^ et qui pouvait devenir définitive. Pendant que la Hollande tenait en échec les armées de Philippe II, la France, l'Allemagne, TAngleterre, si souvent, si sérieusement menacées par l'esprit de domination de la maison d'Autriche, et en ces derniers temps par le zèle du roi d'Espagne, respiraient et pouvaient chercher à s'entendre. € C'est nous secourir nous-mêmes que de secourir le prince d'Orange », écrivait, dès l'année 1572, un habile politique ^. Mais cette importance des affaires de la Hollande était encore à peine entrevue par

1. Elisabeth avait été avertie par le prince d'Orange d*un projet de mariage entre don Juan d'Autriche et Marie-Stuart, formé par le pape Grégoire XIII et le duc d'Albe. Ce projet, et la passion qu'inspira la reine d'Ecosse à plusieurs seigneurs catholiques de l'Angleterre, ne contribuèrent pas peu à rendre Elisabeth irréconciliable avec l'Église romaine, à laquelle elle devait bientôt jeter, comme un défi, la tète de sa belle rivale.

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