‹ Histoires des commencements de la république aux Pays-Bas, 1581-1625;Chapitre 3 sur 71 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Vers le nord-ouest de l'ancienne Germanie, au bord de rOcéan qui prenait son nom et qu'on appelle aujourd'hui la mer du Nord, s'étend, dans une brumeuse atmosphère, une plaine humide, traversée par trois grands fleuves, pénétrée très- avant par un golfe énorme, sillonnée de canaux, entrecoupée de marais, de lacs, de telle sorte que la terre et les eaux semblent s'y confondre.

Cette vaste plaine a la figure d'un triangle irrégulier dont la base s'appuie à la mer et dont les deux côtés, vers Test et le sud , confinent à l'Allemagne et à la

Belgique. Elle est située pour la plus grande partie fort au-dessous du niveau de la mer et des rivières, d'où le nom de Pays-Bas que lui donnaient les Germains *, et celui de Hollande, kohUland^ pays creux, passé, par extension, d'une portion de territoire à toute la contrée.

Son aspect pittoresque est singulier ; sa constitution géologique ne ressemble à aucune autre. On a pu s'étonner qu'un tel pays se rencontrât, et personne ne le saurait voir sans quelque surprise, tant est grand le contraste de sa physionomie tranquille avec les conditiens violentes de son existence. Né d'une lutte séculaire entre l'Océan et les fleuves, déposé par des déluges successifs, tour à tour élevé, abaissé, emporté ou rejeté par la vague, travaillé encore aujourd'hui sous nos yeux par des altérations soudaines et profondes, sous la constante irtenace des marées envahissantes, des inondations, des débâcles, en butte à toutes les fureurs neptuniennes, le sol des Pays-Bas n'en garde pas moins l'apparence d'une inaltérable paix.

Tout est douceur et lenteur, tout respire le calme et la sécurité dans ces paysages hollandais que l'impétuosité des vents et des flots a tant de fois bouleversés. En deçà de la chaîne des dunes qui les protège contre l'Océan, la ligne horizontale y règne, à peine infléchie. Rien qui se dresse, rien qui se précipite. Des contours ondoyants, des surfaces planes comme des mi-

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