‹ Histoires des commencements de la république aux Pays-Bas, 1581-1625;Chapitre 55 sur 71 · Gr. V. Pr. handb. 0. I. bl · texte numérisé non relu

Gr. V. Pr. handb. 0. I. bl

Étais-Généraux ; mais j'y mettrai bon ordre ! » dit le stadhouder.

Les États d'Utrecht ne savent à quoi s'arrêter, quel parti prendre. L'avocat de Hollande écrit de gagner du temps, de tenir bon jusqu'à l'arrivée de l'envoyé de France, qui vient les appuyer. Mais Maurice n'attend pas. Le 31 juillet, à la pointe du jour, on entend battre le rappel, la garnison prend les armes.

Toutes les avenues sont occupées par les soldats du stadhouder. «Suivi des commissaires des États-Généraux, des députés des six villes orthodoxes de la Hollande qui lui apportent leur adhésion, Maurice se rend sur la place. Il y fait rassembler les waertgelders ; il les harangue, les relève de leurs serments, les congédie; elles obéissent en silence. Pendant ce temps, la cavalerie du stadhouder parcourt au grand trot les rues de la ville pour dissiper les attroupements. Les députés des États de Hollande prennent la fuite; l'assemblée des États d'Utrecht se disperse. Six de ses membres, restés seuls avec le bourgmestre, viennent trouver le prince d'Orange. Ils balbutient des remerciements ; ils le supplient de prendre pour la sûreté de la ville toutes les mesures, et de faire dans le gouvernement municipal tous les changements qu'il jugera convenable.

L'humiliation est complète. Le lendemain, Maurice parait dans le conseil de régence. Il en change entièrement la forme et la composition. De sa propre autorité, il nomme à vie les conseillers, qui étaient auparavant

électifs et annuels; il augmente le corps delà noblesse; il modifie à sa guise celui du clergé. En réponse à une députation de l'Église affligée (c'est ainsi que se désignent les orthodoxes), il ordonne qu'on leur ouvre la cathédrale occupée jusque-là par les remontrants. Quatre jours après, le stadhouder, rentré dans La Haye, y reçoit les félicitations, les remerciements solennels des États-Généraux dont il vient d'assurer le triomphe. Un décret du 21 août licencie les waertgelders qui partout mettent bas les armes. Désormais, toute résistance serait insensée. Les États de Hollande cèdent au malheur des temps ; ils consentent à la tenue du synode, avec cette restriction illusoire: que les décrets ecclésiastiques ne seront valables qu'après la ratification du gouvernement civil ^ .

Ainsi le coup d'État du prince d'Orange est consommé. L'orgueil municipal est abaissé. Barneveldt s*est trompé en engageant la lutte. La fortune a quitté ses cheveux blancs ; ou pour parler un langage plus moderne, Tunité du pouvoir, commandée par les circonstances, la nécessité impérieuse d'une armée et d'une Église nationales pour fortifier l'Union contre l'ennemi étranger, l'emportent sur le droit ancien des provinces et sur le vieil esprit des libertés municipales.

Ce n'est pas tout : après la\ictoire du principe, viennent les vengeances sur les personnes.

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