‹ Histoires des commencements de la république aux Pays-Bas, 1581-1625;Chapitre 58 sur 71 · Uytenbogaert, k. ii. bla · texte numérisé non relu

Uytenbogaert, k. ii. bla

Tesprit républicain de la noblese lui résiste encore, il veut achever de la dompter en lui imposant l'admission de deux membres nouveaux : Daniel de Haultain, seigneur de Marguette, et François Aerssen, que les lois excluaient positivement, attendu que ni l'un ni l'autre n'étaient nés dans la province de Hollande. Une vive indignation repousse d'abord la proposition du stadhouder ; et tout autre que Maurice aurait craint de pousser à bout par trop d'exigence un corps formé du plus vieux, du plus illustre sang de la République ; mais le fils de Guillaume ne connaissait plus de circonspection. Ayant mandé les députés opposants (19 janvier 1619), il leur parle en maître. Sans leur laisser le temps de discuter son autorité, il leur fait de véhéments reproches, les accusant d'avoir voulu changer la religion du pays et d'y avoir fomenté les discordes civiles. Aux reproches, il fait succéder les menaces, il leur signifie, enfin, qu'il faut que le corps équestre soit modifié, soit par l'admission, soit par la suppression de certains membres. Son accent ferme la bouche aux plus hardis. L'acte d'admission est voté, et l'on se borne, pour sauver les apparences, à stipuler qu'un tel acte est exceptionnel et ne tirera pas à conséquence. A partir de ce moment, le stadhouder est assuré de la majorité dans tous les corps délibérants.

En présence d'hommes nouveaux partout mis à la place des anciens fondateurs de la République, poussé par les passions du clergé et par les cris populaires qui

le saluent du nom de sauveur (t^jer/osser), approuvé et félicité par les États provinciaux et généraux \ le prince d'Orange parait souverain unique, absolu de TÉtat, maitre d'en disposer à sa guise; et on attend, dans le silence universel, la proclamation du titre qu'il lui plaira de prendre.

Cependant Olden Barneveldt était traité avec une extrême rigueur^. Laissé seul et gardé à vue dans une chambre du palais durant toute la journée de son arrestation, il n'avait appris que le soir, par son secrétaire Franken, le sort de Grotius et de Hoogerbeets. Nythof, en se chargeant, le lendemain, défaire parvenir trois lettres, que le prisonnier adressait. Tune à sa femme et à ses enfants, l'autre aux États de Hollande, la troisième au prince d'Orange, lui avait retiré l'encre et la plume, et depuis lors, malgré ses instances, on n'avait pas consenti à les lui rendre. Toutefois, malgré les précautions extraodinaires et la stricte surveillance dont il se voyait l'objet^ Barneveldt ne laissait voir aucune inquiétude. « Ce malentendu ne saurait se prolonger, disait-il avec beaucoup de calme ; il n'y a aucun motif de me retenir prisonnier. » Mais lorsqu'on vint lui signifier Tordre des États-Généraux de le transférer dans la prison définitive (7 septembre), il se récria :

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