‹ Histoires des commencements de la république aux Pays-Bas, 1581-1625;Chapitre 64 sur 71 · Kamer der Droefenisse · texte numérisé non relu

Kamer der Droefenisse

si prochains de leur terme naturel, de ne pas verser inutilement le peu de sang qui reste à un pauvre vieillard % n'obtient pas de réponse.

Tout espoir était évanoui ; les heures de Barneveldt étaient comptées. Une dernière rigueur des juges en accrut l'amertume. Redoutant l'effet de cette entrevue sollicitée par la famille, mais n'osant prendre sur eux l'odieux d'un refus, ils usèrent d'artifice. Walœus fut envoyé au condamné pour lui demander s'il souhaitait de voir les siens, mais sans lui faire connaître le vif désir qu'ils témoignaient de l'embrasser une dernière fois; et Barneveldt, par crainte d'amollir son courage, écarta d'une vertu stoïque cette consolation suprême. « Le temps est trop court, dit-il, il faut rester calme. » Les juges furent cruels à ce point de faire dire à sa femme et à ses enfants, qui attendaient dans l'angoisse l'autorisation de se rendre à la prison, que leur père refusait de les voir ^.

Vers huit heures et demie, Olden Barneveldt parut devant ses juges, jusque vers la fin du procès, il y avait eu parmi eux de grandes hésitations touchant la peine qui serait prononcée, La plupart opinaient pour la prison perpétuelle ; d'autres proposaient de prononcer la sentence capitale, mais d'en suspendre indéfiniment l'exécution. Voyant les choses aller si loin,

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