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fait, et ce qu’il y a de pis, c’est que c’est la faute que madame Dupré pardonne le moins. Elle soupçonne (je ne sais encore par qui ni comment elle a pu être avertie), qu’il y a dans la pension un certain roman qu’elle avait sévèrement défendu, et elle a déclaré à mademoiselle Justine qu’il fallait qu’il se retrouvât.
— Eh bien?
— Eh bien, mademoiselle Justine, qui ne met pas d’importance aux petites choses et qui aime à faire plaisir à ses élèves quand elle en trouve l’occasion, est précisément la personne qui a prêté ce roman à quelques-unes des pensionnaires.
— Est-ce que tu l’as lu, toi, Juliette?
— Pourquoi pas? je t’assure qu’il n’est pas plus mauvais qu’un autre.
— Oh ! ma bonne Juliette, tu es trop jeune et moi aussi pour juger de ces choses, et le plus sûr, le mieux est toujours d’obéir. Ne recommence plus, je t’en prie. Vois, il y a deux péchés pour un, une désobéissance et un mensonge. Mais ton moyen, tu ne m’en parles pas.
— Tout à l’heure. Tu sens quel esclandre ce serait si l’on venait à savoir que mademoi-
MARGUERITE
selle Justine a prêté ce livre à quelques-unes de nous. Elle ne serait pas la seule compromise. Quant à le renvoyer, il n’y a pas moyen, le portier a ordre de ne laisser sortir aucun paquet sans le porter d’abord à madame Dupré; le cacher, personne ne l’ose, parce que madame Dupré peut se mettre en tête de fureter partout... Si l’on parvenait à faire disparaître ce volume, on rendrait à mademoiselle Justine nn service immense, qu’elle n’oublierait jamais, on se concilierait l’amitié et la reconnaissance de toutes les pensionnaires, qui seraient trop heureuses d’en être quittes pour une sermonade. Une fois le livre disparu, plus de preuves ; impossible de les convaincre. Madame Dupré aurait un pied de nez, mademoiselle Justine serait complètement lavée du reproche de négligence, et tout le monde serait content.
Juliette, enthousiasmée des beaux résultats de son plan, avait perdu de vue l’impression qu’d produisait sur sa cousine; et lorsque, reprenant haleine, elle dit : Tu comprends, maintenant, Marguerite? elle fut choquée du ton froid avec lequel Marguerite répondit :
— Non, je ne comprends pas ce que je puis avoir à faire là-dedans.
MARGUERITE
— C’est pourtant bien clair. Ta malle a un double fond, madame Dupré n’en sait rien. Tu y cacheras le roman. On ne te pressera pas de questions, parce que tu es bien dans les papiers de la maîtresse. D’ailleurs, avec ton air tranquille, tu ne te déconcertes pas ; et, en définitive, si l’on t’interroge, tu pourras dire, en toute vérité, que tu n’as pas lu ce livre, que tu ne l’as pas môme vu. De sorte que tu nous auras toutes sauvées, sans charger ta conscience d’un seul mensonge. Donne-moi donc vite la clef de ta malle, ajouta Juliette; il n’y a
pas un moment à perdre Eh bien, reprit-
elle, en voyant Marguerite immobile et silencieuse, est-ce que tu hésites ?
— Non, dit Marguerite. Je suis très-décidée à ne pas cacher ce livre.
— Comment! s’écria Juliette, en reculant d’effroi comme si un précipice se fût ouvert sous ses pieds. Mais tu n’y songes pas, Marguerite ! tu n’as pas réfléchi. Pense donc que tout le monde t’aimerait, te chérirait : tu serais si heureuse, et il t’en coûterait si peu !
— Non, non, Juliette, ne me le demande pas, dit Marguerite. Je sens, je suis sûre que ce serait mal.
MARGUERITE
— Mai d’épargner à des compagnes une honte, une punition !
— Je ne reculerais pas, je t’assure, s’il fallait subir la punition pour vous toutes ; mais tromper, mentir d’action, sinon de paroles, je ne le ferai pas. J’ai promis à ma mère et à Dieu de ne jamais mentir, dit-elle d’une voix grave et émue.
— Mais que veux-tu donc que nous fassions? s’écria Juliette avec désespoir. Tu ne sais pas quelles peuvent être les conséquences de ton refus ! madame Dupré a dit que si on avait enfreint sa défense, elle ferait un exemple. Elle a une fois chassé une élève pour moins que cela. Peut-être renverra-t-elle mademoiselle Justine; peut-être écrira-t-elle à nos parents. Et juge un peu ce que dirait ma tante, qui est si sévère, qui m’a tant de fois reproché les frais qu’elle fait pour mon éducation. J’en aurais pour un an de réprimandes. Elle m’a menacée, en m’envoyant ici, de m’y laisser passer les vacances si on lui faisait la moindre plainte de moi. Faut-il que je sois malheureuse ! s’écria Juliette en se tordant les bras.
— Que n’as-tu réfléchi à toutes ces suites un peu plus tôt, dit Marguerite, tu te serais épar-
MARGUERITE
gné bien des chagrins, ma pauvre Juliette. Mais voyons un peu, tout n’est peut-être pas perdu.
Juliette la regarda et sourit de joie à travers ses larmes.
— J’en étais sûre, dit-elle. Tu le veux, n’est-ce pas? Oh! merci, merci, ma bonne Marguerite ! et elle jeta ses deux bras autour du cou de sa cousine. Je savais bien que tu finirais par céder. Tu as toujours eu si bon cœur! Donne, donne ta clef!
Marguerite éprouvait du regret de la détromper, de dissiper sa joie. Cependant il le fallait.
— En vérité, je ne puis, dit-elle. Mais n’y aurait-il pas quelque autre moyen ?
Juliette laissa retomber ses bras qu’elle avait passés autour de Marguerite, et secouant la tête avec abattement : Il n’y en a pas d’autre, dit-elle.
— J’espère que si, reprit Marguerite. Laissemoi y penser un peu... Il me semble que si j’étais à ta place, j’irais tout droit trouver madame Dupré...
— Madame Dupré ! répéta Juliette avec un frisson de surprise et d’effroi.
— Elle-même; je lui dirais : Madame, je
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sens que j’ai mal fait. J’ai lu en cachette un livre que vous aviez défendu. Je vous ai désobéi, et je me suis exposée à mentir : c’est bien assez d’une première faute, je ne veux pas en faire une seconde. Voilà le livre : reprenez-le et punissez-moi.
— Tu es folle, Marguerite ! s’écria Juliette. Où veux-tu que je trouve le courage d’aller dire tout cela à madame Dupré? et qu’y gagnerais-je, après tout? d’être punie par elle, et grondée par ma tante.
— Il faut bien te résigner à être punie, puisque tu as mal fait, dit Marguerite. Mais je suis persuadée que madame Dupré te saurait gré de ta franchise et te punirait beaucoup moins sévèrement que si tu lui caches ta faute ; et quant à ta tante, si elle se croyait obligée de lui en parler, elle le ferait en t’excusant.
— Bah, ma tante ne tiendra pas compte des excuses. Elle me le reprochera sans cesse et devant tout le monde ! Tu ne sais pas ce que c’est, toi, Marguerite; tu en parles à ton aise, tu n’as ni père, ni mère, ni oncle, ni tante pour te gronder.
— Ni pour m’aimer, dit tristement Marguerite, et elle se souvint alors, avec un redouble-
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ment d’affection, que Juliette était sa seule parente. Elle eut tant désiré adoucir sa peine, relever son courage ! — Va, reprit-elle, croismoi, chère Juliette, toutes tes terreurs se dissiperont une fois que tu seras résolue à dire la vérité et à aller droit, coûte que coûte. Prie Dieu, demande-lui la force qui te manque.
— Mais si l’on me questionne, que répondre? Je ne puis pas dénoncer mademoiselle Justine, nommer les autres élèves qui ont lu ce livre et qui me l’ont prêté.
— Non certes; et j’espère que madame Dupré ne te fera pas de questions ; si elle t’en fait, dis-Iui que c’est toi que tu viens accuser, non les autres. Oh! là-dessus tu ne dois pas fléchir.
— Si j’allais consulter mademoiselle Justine? dit Juliette.
— Pourquoi? puisque tu ne la nommeras pas, quelque chose qui arrive.
— Mais... non, décidément, Marguerite, c’est impossible.
— Il n’y a rien d’impossible quand on sent que c’est juste et qu’on fait bien. Vas-y, ma bonne Juliette. Tu seras si contente après! Tu me remercieras de te l’avoir conseillé.
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— Rien qu’à me figurer l’air sévère de madame Dupré, je me sens glacée de peur, dit Juliette. Faut-il que j’aie justement ce malheureux livre entre les mains! Pas une de ces demoiselles n’a voulu le reprendre, ni Amélie qui l’a eu la première de mademoiselle Justine, ni Estelle, ni *
— Chut ! chut ! ne les nomme pas, c'est inutile, dit Marguerite. Tâche plutôt de n’y pas penser. Sois sûre que quand elles te verront agir avec droiture et sincérité, elles regretteront de n’avoir pas eu le courage d’en faire autant; et plus tard, elles t’en aimeront et t’en estimeront davantage.
— Si je pouvais seulement m’y résoudre!... dit Juliette.
A cet instant, les pensionnaires rentrèrent du jardin. On entendit le murmure confus des voix sous le vestibule. Juliette tressaillit et se leva. Marguerite tenait ses deux mains serrées dans les siennes. — Tu iras, n’est-ce pas, Juliette? Vas-y tout de suite. Tu me le promets?
— Oui, dit faiblement Juliette, et elle s’échappa tandis que Marguerite demandait à Dieu de la soutenir et de la guider.
Quinze minutes après, la cloche sonna, Mar-
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guerite se rendit à la salle de couture, où les élèves étaient réunies pour les travaux à l’aiguille. En entrant, elle chercha des yeux Juliette à sa place accoutumée; elle n’y était pas. Elle la découvrit enfin dans le coin le plus rapproché de la porte. Elle paraissait tout absorbée par son travail. Était-elle venue à bout de sa grande entreprise? Le cœur de Marguerite était partagé entre l’espoir et le doute. Elle traversa la classe et alla s’asseoir devant sa boîte à ouvrage. On ne la salua pas d’autant de chuchotements que de coutume : une secrète inquiétude semblait préoccuper les esprits. Mademoiselle Justine arriva à son tour. Elle avait le front soucieux. Cependant, au bout d’une demi-heure, qui parut un siècle à plus d’une pensionnaire, la glace fondit, la gaieté reparut. On recommença à jaser, car la présence de mademoiselle Justine ne suffisait pas pour maintenir la règle du silence. On eût dit toute la population ailée d’un bois, au-dessus de laquelle un nuage étouffant et noir vient de passer, et qui retrouve ses chants et sa voix à mesure que l’orage s’éloigne. Deux personnes seules restaient muettes et graves. Laporte s’ouvrit tout à coup : le silence se rétablit comme par enchantement; les langues
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s’arrêtèrent, et l’agilité des doigts redoubla. À voir chaque élève, penchée sur son ouvrage, piquer et retirer son aiguille avec un mouvement rapide et régulier, on eût dit qu’une même ardeur de travail animait tous les esprits. Cependant plus d’une main tremblait en secret, et plus d’un doigt, piqué jusqu’au sang, rougit la batiste ou la toile, sans qu’un murmure trahît une souffrance.
Madame Dupré restait debout sur le seuil, sans entrer ni sortir, planant d’un regard sur toute l’assemblée. Enfin elle dit lentement et avec solennité :
— Je sais qu’en mon absence on a désobéi à mes ordres. Un ouvrage que j’avais proscrit a pénétré dans les classes. J’exige que celle d’entre vous qui est maintenant en possession de ce livre me le remette sur-le-champ.
Elle se tut et parut attendre une réponse. Marguerite regarda avec anxiété Juliette. Elle était très-pàle, mais elle ne dit rien. A ce moment, les yeux de madame Dupré rencontrèrent ceux de Marguerite, qui rougit comme si elle eût été prise en faute. Était-ce crainte d’avoir involontairement trahi sa cousine, inquiétude pour les coupables, malaise d’être soupçonnée?
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c’est ce que sans doute elle-même ignorait. Mais le sang lui monta impétueusement du cœur au visage, et ses joues, ses oreilles, son front, devinrent pourpres.
Madame Dupré continuait à la regarder :
— Je vois avec chagrin, reprit-elle, que je m'étais trompée en espérant de la loyauté d’une do vous qu’elle s’accusât franchement de sa faute. Puisque personne n’a eu cet honnête courage, je dois, quoi qu'il m’en coûte, tâcher de découvrir ce qu’on est si bien d’accord pour me cacher : ce livre est ici, il faut qu’il se retrouve.
Madame Dupré entra alors dans la salle, et s’adressant à Juliette qui se trouvait plus près de la porte : Levez-vous, je vous prie, et ouvrez votre boîte à ouvrage, dit-elle. Juliette obéit en tremblant. Madame Dupré examina le contenu do la boîte et passa outre. Elle fit ainsi sa ronde jusqu’à Marguerite; elle s’arrêta un instant, attachant sur elle un regard perçant. — Connaissez-vous le livre que je cherche? lui demanda- t-elle. — Non, madame, répondit la jeune fille d’une voix émue, car son cœur battait avec force. — Vous ne l’avez pas lu? — Non.
Ouvrez votre boîte à ouvrage. Marguerite s’empressa d’obéir, mais la clef ne voulait pas
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tourner dans la serrure. Il lui fallut s’y reprendre à deux ou trois fois. Elle y parvint enfin, le couvercle céda et laissa voir ses petites provisions d’aiguilles, de soie, de fil, rangées avec symétrie et dans un ordre parfait. Il n’y avait pas apparence de livre. Comme elle se disposait à refermer la boîte, madame Dupré l’arrêta. — Un moment, dit-elle, ne vous pressez pas si fort. Nous n’avons pas tout vu. Sous ces compartiments, il doit y avoir une autre boîte plus profonde. Elle enleva celle de dessus. Là, au grand étonnement de Marguerite, régnait la plus étrange confusion, des broderies commencées, des mouchoirs de poche, des bas à raccommoder, d’ordinaire soigneusement repliés et roulés, étaient entassés pêle-mêle.
— ■' Ainsi ces belles apparences de soin, dit madame Dupré, ne servaient qu’à dissimuler ce honteux désordre !
— Mais, madame... balbutia Marguerite interdite.
Elle n’eut pas le temps d’achever; en tirant un mouchoir du fond de la boîte, madame Dupré mit à découvert un volume d’un jaune sale. Elle fit une exclamation de surprise, et se tourna vers Marguerite qui, les yeux attachés sur ce
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livre comme sur une effrayante apparition, restait suffoquée et sans voix. Toutes les pensionnaires se levèrent sur la pointe du pied ; il circula parmi elles un sourd bourdonnement.
— Et vous disiez ne pas avoir lu ce livre, ne pas le connaître! reprit madame Dupré avec
indignation. On ne m’avait donc pas trompée. Marguerite entrevit vaguement qu’elle était
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victime de quelque odieuse noirceur. Se pouvail-il que Juliette eût voulu l’attirer dans ce piège? Elle la regarda : tous les traits de la malheureuse enfant étaient bouleversés. Quiconque l’eût vue alors n’eût pas balancé à nommer la coupable ; mais personne ne songeait à elle; Marguerite en détourna les yeux avec un dégoût mêlé de pitié.
— Persistez-vous dans votre première déclaration? demanda madame Dupré.
— Oui, madame, dit Marguerite.
— Ainsi vous ignoriez que ce livre fût dans votre boite?
— Oui.
— Qui donc a pu l’y mettre?
— Je n’en sais rien.
— Avez-vous confié votre clef à quelqu’un?
Marguerite se recueillit, chercha à rassembler ses souvenirs, et répondit enfin : — Non. En effet, la clef était encore attachée au petit cordon passé à son cou.
Madame Dupré appela mademoiselle Justine : elle venait de sortir. Lorsqu’elle rentra, elle l’interpella tout haut : Mademoiselle, vous êtes chargée de l’inspection des classes après le travail. Avez-vous veillé hier à ce que chaque
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élève fermât sa boîte et en emportât la clef?
— Oui, madame. Toutes ces demoiselles peuvent le dire.
— Oui, oui, oui, répétèrent à la fois plusieurs voix.
— Vous ôtes sûre qu’aucune boîte n’est restée ouverte?
— Très-sûre.
— Avez-vous examiné particulièrement celle-ci ?
— Particulièrement. J’ai même rappelé mademoiselle Marguerite pour qu’elle s’assurât qu’elle l’avait bien fermée.
Madame Dupré se tourna vers Marguerite comme pour en appeler à son témoignage.
— C’est vrai, dit Marguerite.
— Alors comment expliquer la présence de ce livre si bien enveloppé, si bien caché, et la hâte avec laquelle vous fermiez votre boîte lorsque je vous ai arrêtée?
— Je puis avoir l’air coupable, dit Marguerite, mais je ne le suis pas.
— Prétendez-vous dire que vous ignoriez que ce livre fût dans la maison? que vous n’en aviez jamais entendu parler?
Marguerite ne répondit rien.
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— Comme il importe surtout, reprit madame Dupré, que ce dangereux exemple ne soit pas suivi par vos compagnes, et que le mensonge, ce vice si bas et si honteux, ne se propage pas parmi elles, vous aurez dès aujourd’hui une place à part dans les classes ; vous mangerez, aux heures des repas, sur une table à part, et ce soir même vous quitterez le dortoir pour
venir habiter une chambre près de la mienne. Puisse cet isolement hâter votre repentir et vous faire comprendre à temps tout ce que le
mensonge inspire de dégoût aux cœurs droits!
Marguerite baissa la tête en signe de résignation.