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UNE Q^UESTION UE BORNAGE

— Non, c'est pour le mien.

Puis il continua, d'une voix moins dure, un peu railleuse :

— J'ai cherché, comme c'était mon devoir, à vous ouvrir les yeux. Vous n'avez rien voulu entendre. Vous vous révoltez, vous n'écoutez que les mauvais conseils de votre entêtement... Je me vois forcé, ma tille, à mon grand regret, de vous refuser l'absolution.

Un bruit sec ponctua sa phrase. Derrière le g-rillage du confessionnal, la petite planchette s'était refermée, au nez de Madame Rabot.

Tout interloquée d'abord, furieuse ensuite, la Directrice des Postes se leva, et, à grandes enjambées, sortit de l'église.

— Ah! par exemple! Eh bien! le curé n'aura pas le dernier mot ! Il serait trop content ! Nous verrons bien qui rira le dernier.

La gare était à deux pas. Elle y courut et prit le train pour Mortagne, dont la sépa-

raient à peine vingt minutes de chemin de fer. Deux heures après elle était de retour, dûment munie de l'absolution.

La Sainte-Virginie tombait un jeudi , jour de catéchisme. L'abbé Ogier était précisément en train de commenter la vénialité du « mensonge joyeux », lorsque, comme tintait la messe de neuf heures. Madame Rabot pénétra dans l'église. Elle s'arrêta une seconde, le doigt dans le bénitier, avec le manifeste désir d'être vue, à considérer le curé d'un regard triomphant, puis, remontant l'église par la basse nef de gauche, à petits pas respectueusement étouffés, elle entra dans une chapelle latérale.

Le curé s'arrêta net dans sa glose savante.

— - Elle n'aurait pas l'audace de communier, songea-t-il.

Mais, bien vite, il repoussa celte pensée. Personne n'avait pu, puisqu'il n'avait

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