LIVRE I". — CHAPITRE III
direction d'Alcuin, une des plus célèbres écoles deTEuiope (1).
D'autres écoles se formèrent dans l'empire, sur le modèle de celle de Tours.
La Lombardie ne tarda pas à recevoir aussi une heureuse înqnilsion des efforts résnis de Charles, d'Alcuin et de son jeune roi.
Le Hiona^tère du Mont-Cassin, déjà si céièl^re, acquit um nouvel éclat par les hommes de science d<mt le dota la munificence du roi des Francs , qu'Alcuin édairail dans ses choix ; et un moine irlanda», d'une érudition profonde, fîit nommé aUié du monastère de Saint- Augustin , à Pavie , pour servir de guide et de maître aux jeunes Lombards' jaloux d'aopiérîr de l'instruction. Aingi Pavie joignit à l'honneur d'être la capitale des rois, l'honneur non moins grand de devenir l'émule du Nont-Cassin , comme centre et foyer des sciences en Lombardie.
Trop souvent la conquête apporte une mort anticipée aux nations vaincues et eflace leur nom du livre des peuples ; on voit qu'elle n'est pas
(1) L«8 plus renommées de ces écoles furent celles de Corbie, de Prom, de Lyon, de Fulde, de Saint-Gai, do Saint-Denis, de Saint-Germain , de Paris. d'Auxeire, d'Orléans, de Ferrières et d*Aniane.
On y enseignait la théologie , la grammaire , la rhétorique , la dialectique , Tarithmétiiiue , la géométrie , la niiiâque et l'astronomie.
toujours meurtrière, que quelquefois elle les vivifie et leur ouvre la voie à de nouvelles prospérités.
Le soin que Charles mit dans le choix des ministres de son fils Pépin j ne fut pas le moindre des bienfaits dont lui fut redevable sa nouvelle conquête.
Deux élèves d' Aicuin , hommes éclairés et sages j d'une fermeté inébranlable et d'une incorruptible justice y Angilbert (1), abbé de Riquier, et Âdelhard (2), abbé de Corbie, furent envoyés comme conseillers au jeune monarque. Pépin était fait pour comprendre son père et de tels ministres. Aidé par les inspirations du génie de Tun, et par la haute expérience des deux autres , ce prince seconda puissamment, au delà des Alpes,
(1) Angilbert était encore jeune et tenait à une famiDe illustre. Il avait reçu , à la cour de France , pour les grâces et rétendue de son érudition , le surnom à* Homère,
(2) Adelhard était ûls d*un prince Bernard, frère de Pépin , père de Charlemagne. Il avait été élevé à la cour avec les enfans du roi , son oncle. Mécontent de la conduite de Charles , à Tégard des fils de Garloman et du divorce de ce prince avec la fille de Desiderio , Adelhard s*était retiré, dès l'âge de vingt ans, dans le monastère de Corbie. Le rm, qui avait apprécié ses hautes vertus et ses lumières, Farracha à sa retraite pour lui confier la tutelle de son fils Pépin. On rappelait saint Augustin pour son éloquence, et saint Antoine pour son éminente vertu. {Hist, aeCEgÙse, T. iv. ) Sa réputation de sagesse passa jusqu'en Orient , et Ton disait de lui que c'était un apge descendu du ciel poor le bonheur des hommes. ( Muratori. )