‹ Histore de la conquête de la LombardieChapitre 9 sur 380 · LIVRE I*'. — CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE I*'. — CHAPITRE III

prendre pour résidence une capitale italienne , il résolut de placer sur le front d'un de ses fils la couronne arrachée aux successeurs d'Alboin. Dans ce but, Charles conduit à Rome son fils Carloman, le fait tenir sur les fonts baptismaux par le pape Adrien , qui le sacre et le proclame roi d'Italie {rexinltaliâ)y sous le nom de Pépin (1).

Louis y autre fils du monarque , l'avait suivi à Rome : Charles le fait couronner par le souverain pontife comme rot d'Aquitaine. Il retourne ensuite à Milan, où, pour flatter cette ville et , sans doute aussi, pour lui faire oublier Tinterdit dont il avait voulu frapper le rit ambroisien , il fait baptiser, selon ce même rit , sa fille Ghisla (2) , et lui donne pour parrain Thomas, archevêque métropolitain de Milan.

Charles, après avoir installé le jeune Pépin à Pavie, retourne en France, où il ramène, comme trophée de sa pacifique expédition à Rome , des maîtres de grammaire, de mathématiques et de plusieurs autres sciences , plus fier et plus heureux d'un tel cortège que d'une fastueuse escorte

(1) Pépin , comme le fait remarquer Giulini , parait être le premier prince qui ait reçu du pape la couronne du royaume de Lorobardie.

(2) Ou GiseUe.

de dépouilles opimes et de guerriers vaincui Ce fut à cette époque que Charles j qui poss^ dait à un rare degré l'art de connaître les hom mes et d'apprécier le mérite , fit, à Rome, I rencontre d'Alcuin (1).

Alcuin était un des plus savans hommes d l'Angleterre ; né d'une famille illustre et c^v lente j il s'était formé aux sciences dans le me nastère de la cathédrale d'York : remarquabi par sa vaste érudition, mais plus encore par s modestie et son humilité , il n'aspirait qu'à ei sevelir son génie dans la solitude; le roi df Francs le retint quelque temps auprès de lui il voulut qu'à son exemple, les grands seigneui de sa suite se fissent un honneur d'être k disciples d'Âlcuin, et il établit une école dai soi\ palais même d'Aquisgrana. Sous cet habil mai^e, le roi fit un, cours de rhétorique, de dis lectique Qt d'astronomie ; mais Alcuin , que tai d'honoeur ne pouvait éblouir, ne perdait rie de son goi]it pour la retraite. Vaincu par ses in staiices, Charles Uû, pern^ enfin de se dérdic aux pompes de la cour , et lui fit accepter Fat baye du monastère de Tours qui devint, sous 1

(1) Quelques historiens pensent que cette première rei contre eut lieu à Pavie , d'autres à Parme. {Histoire de t Civilisation, GuizoT, T. il , leçon xxii , page 18/i. )

Page 1