‹ Histore de la conquête de la LombardieChapitre 171 sur 380 · LIVRE IV. : — CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE IV. : — CHAPITRE II

» de déposition donnée canon iquement contre » moi par le pape Nicolas. »

Nicolas, devenu plus impérieux après avoir

apaisé l'empereur et l'avoir fait adhérer à ses

actes, excommunie la seconde femme de Lothai re

et ordonne à ce prince de reprendre Theutberge

qui s'est rendue à Rome pour plaider elle-même

^ cause. Vainement Lothaire s'humilie jusqu'à

offrir de venir se justifier en personne ; le pape

^eui avant tout que Waldrade soit chassée. Le

^i de Lorraine hésite : un légat de Rome le me-

'ta^e d'une prompte excommunication s'il per-

'i^ le dans la désobéissance. Le prince, intimidé,

» soumet ; il rappelle Theutberge et consent à

^ que le légat emmène Waldrade à Rome pour

^lorer lé pardon du saint père. Mais arrivée

^avie et réclamée avec instances par son royal

ant, Waldrade ne se sent pas la force de

F^^irsuivre la route, elle échappe au légat et

irt reprendre à la cour de Lothaire la place

reine et de maîtresse (1).

Theutberge , accablée par ce nouveau mal-

^^iir, et sous le poids de la persécution , de-

^^nda elle-même la permission de se séparer

^^ Lothaire: prétextant une infirmité, ellesup-

ii) GlULINl.

plia le pape de prononcer la nollité de son ma riage et la légitimité de celui de Waldrade. L« pape fut inflexible : Rome devait plus tard sortS victorieuse de cet étrange conflit.

Ce désordre n'était pas le seul dont la co de Lorraine donnât en ce moment le triste tade... Beaudoin, depuis comte de Flandre avait outragé la royale famille de France en e levant Judith , fille de Charles-le-Ghauve. L thaire , comme pour étayer les désordres de propre vie , sur le scandale de la vie des a très, offrit au ravisseur et à sa complice un fuge auprès de lui , contre le trop juste resse timent du roi de France.

Mais voici un autre scandale encore :

Boson j comte d'une partie de la Bourgogn Boson y père de Theutberge y avait épousé en s condes noces Engeltrude j fille de Malfrid comte italien. Cette jeune femme quitte époux et s'enfuit avec un amant. Où son libe tinage effronté trouve-t-il un asile? en LorraiiB à cette même cour d'où la fille de son mari e^^^' outrageusement exilée , et où règne en souv raine la rivale de Theutberge.

Le comte Boson y après avoir vainement U> tenté pour rappeler auprès de lui son épom — fugitive, a recours à l'autorité du pape. Nîcol» -

UVRE IV. — CHàPITRE 11. 469

•sûnsi que ce pontife le raconte lui-même dans sa cinquante-huitième lettre, ordonne qu'un sysMKle 80 rassemble à Milan et que Tépouse coupable y soit citée. Tadon était à cette époque archevêque de Milan ; les évêques ses suffragans se réunissent sous sa présidence , mais Ëngel- 4Yude ne comparaît pas devant cette redoutable assemblée, et une sentence d'excommunication prononcée contre elle.

Le pape présidait , dans le même temps , le de Rome qui cassait les conciles de Metz d'Âix-la-Chapelle. La sentence du synode de BAilan est solennellement approuvée par le con- <^ile de Rome qui loue la conduite de l'arche- ^v^que Tadon (1).

Engeltrude y qu'encouragent dans ses dépor- ^emens les conseils et Texempte de Judith et de ^^aldrade, brave l'excommunication fulminée Ciontre elle.

Arsène (2), évêque d'Orta, était alors légat 4e pape auprès de Lothaire. Le pieux prélat met œuvre toutes les inspirations de son zèle

(1) Giulini trouve dans cette circonstance une nouvelle (Preuve de la fausseté de Tassertion de quelques écrivains , ^ui prétendent qu'à cotte époque, un schisme scandaleux séparait la métropole de Milan de T (église de Rome.

(2) GiULiNi , lib. V.

apostolique pour ramener au bercail la égarée qu'il trouve moins intraitaMe que ses deux compagnes y et obtient enfin de la pauvre pécheresse, à force de prières et de paternelles exhortations , la promesse d'un retour dans la bonne voie. Comme Waldrade y Ëngeltrude s achemine toute repentante vers Rome ; mais bientôt aussi , comme Waldrade y trop faible pour un tel sacrifice , elle revient sur ses pas et tombe dans sa faute plus passionnée que jamais (1).

Ëngeltrude ne pouvait rencontrer de protecteur plus indulgent que Lothaire ; c'est auprè de ce prince qu'elle vient chercher un nouvi asile. Le père de Theutberge, l'époux d'Engel trude y porte encore ses doléances à Rcmie ; mal les voix menaçantes du Vatican se perdent ^

travers les bruyantes orgies de la cour de Loi raine.

Boson, confus^ désespéré, implore l'intervei tion de l'empereur Louis... Des pensées d'ui trop grave importance préoccupaient alors l'e prit de ce monarque... Force fut donc au pèn à l'époux désolé, de <lévorer ce double outra] impuni.

(1) Gll LIM. — Ml RAIOIU , aiin. 865.

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