LIVKE IV. — CHAPITRE IV
Pendant que Louis se dirigeait vers la capitale de la chrétienté^ Timpératrice traversait les Alpes pour aller, auprès de Charles-le-Chauve et de Louis -le- Germanique , revendiquer au nom de son époux une partie de l'héritage de Lothaire. Charles reçut fort mal sa nièce; Louis, qui avait tenu Angîlberge s\ir les fonts baptismaux y raccueillit avec plus de bonté ; mais, auprès de l'un et de l'autre, la mission, quant au fond i eut le même résultat : aucun de ces monarques ne se dessaisit de sa part des dépouilles de Lothaire» On ne prend pas frauduleusement ce qui revient à autrui pour s'en dessaisir aussitôt après, sur un simple appel au droit et à l'équité.
L'empereur, croyant imposer à ses oncles el donner plus de force à ses prétentions, no s'était rendu à Rome que pour se faire couronner roi de Lorraine par le pape Adrien. Cette démarche n'aboiltit qu'à irriter l'orgueil de ses rivaux. Adrien, subjugué par la présence de Louis II, n'osa lui refuser ce qu'il demandait;
faites en 871 et 872 par rempereur, dont l*un porte tw /oro qui dicùur Causaria^ et l^autre insuLa quœ vocatur Casaurea. Ce monastère est situé dans «ne île du fleuve de Pùcara, qui faisait alors partie du duché de Spoletti , el ((ui ressort aujourd'hui de l'évêque de Chietti.
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mais il s'abstint de fulminer «ôntre les rois de France et de Germanie , tant les lettres impérieuses et menaçantes de Gharles-le-Chame avaient intimidé le Saint^iégB. D'ailleurs la santé de l'empereur allait s'affidblissant , il n'avait point d'enfant mâle : comment oser menacer des foudres du Vatican un front qui bientôt peut-^tre viendrait à Rome ceindre la couronne impériale.
Adrien fît mieux que de ne plus menacer; voici ce que ce pontife écrivait à Charles-le- Ghauve^ au moment où il couronnait son rival comme roi de Lorraine., . G'est le cardinal 6aronius qui nous fait connaître cette curieuse épttre dont nous ne donnons qu'un fragment (i) : « 11 importe que nos paroles restent dans le plus » grand secret^ et que nos lettres ne soient » communiquées à personne, si ce n'est à vos » plus intimes confîdens. Nous vous disons , en » vous le promettant, et nous vous notifions , en » le confirmant, que, sauf la fidélité due à nolT^ » empereur, si Votre Majesté lui survit , que^'' » que monceau d'or que tout autre puisse no^*^^ » offrir, nous ne reconnaîtrons, nous n'ap] » lerons ou nous ne recevrons de plein gré
(1) EpisL 36. Hadrun., ti, t. viii, concil.