‹ Histore de la conquête de la LombardieChapitre 209 sur 380 · LIVRE IV. — CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV. — CHAPITRE IV

moins par la pitié ^ dit Mura tori ^ que par la crainte de iH>ir sa propre maison devenir la proie des flammes , une fois que l'incendie aurait déiforé la maisonde son voisin, Marino fit introduire des vivres dans la place assiégée. Le moral des habitans fut retrempé par ce premier secours et par l'annonce que de nouvelles instances allaient être adressées à l'empereur Louis.

En effet, TévéqueLandolfe, seigneur deCapoue, que nous avons vu il y a peu d'années mécontenter l'empereur par sa douteuse fidélité , Landolfe osa se présenter à la cour de Pavie où était retourné Louis IL Son langage fut humble et suppliant; des paroles de repentir se mélèrenl au sombre tableau des calamités qui pesaienl sur une partie de la Péninsule ; l'éloquence du prélat se ressentit de la grandeur du péril. L'empereur se laissa fléchir au récit de tant de désastres ; pour lui j la voix de la pitié esl plus /><iîssante que le ressentiment d'une injure ; il ''<6prend les armes et part de Pavie à la tête d'une «ombreuse armée.

^n corps de dix mille Sarrasins était retranché loin de Capoue. Quand l'armée lombarde près de ce repaire, le comte Gontardj âgé quinze ans à peine et neveu de l'empereur, iplie le monarque de lui confier le soin de

déloger et d'exierminer ces brigands. Louis II lui accorde cette faveur, et le bouillant j^ne homme , à la tête d'un détachement des troapes impériales que secondent les Capouans, cette fois vaillans autant qu'ils s'étaient montrés perfides naguère y attaquent les barbares avec cette impétuosité qui ne connaît point d'obstacle : les Maures lâchent pied de toutes parts ; on les poursuit à outrance, et neuf mille de leurs cadavres, selon l'assertion probablement exagérée de l'anonyme salernitain , jonchent le terrain, théâtre de ce glorieux triomphe. Les Loiiibards et les Capouans eurent à regretter quelques uns de leurs braves; toute l'armée poussa un long cri de douleur quand elle apprit, dans l'ivresse de ce beau succès, que le jeune comte Gontari avait payé de sa vie ce brillant éclair de gloire. Ce fait d'armes avait été précédé d'une journée non moins glorieuse pour les troupes de la chrétienté et presque aussi funeste pour les Maures ^— Une troupe de Sarrasins, à peu près de la foi de celle qui menaçait les environs de Capoai avait envahi la principauté de Bénévent. Adel chis, vaillamment secondé par Lambert et 1M< bert , que nous avons vus chercher un reful H sa cour contro la colère de Louis II , s'éi porté à lour rencontre, les avait attaqués et

Page 1