LIVRE IV. — CHAPITRE V
son orgueil. Il témoigna donc à Louis de Germanie le désir de le voir; ces deux monarques se rendirent à Vérone et y tinrent un congrès dont Jean VIII fit également partie (1).
Gomme le pense Giulini , il dut être question dans cette conférence des prétentions de l'empereur sur la Lorraine , et des aiMrangemens durent être pris pour régler cette affisiire selon les vcBux de Louis II , dans le cas où sa santé se Irétablirait. Les deux princes firent alliance con*^ tre Gharles-le-Chauve , dans le but de dépouiller ce roi des possessions usurpées par lui au détriment de Tempereur; enfin tout indique que dans cette entrevue furent arrêtées les bases du testament par lequel Tempereur Louis II (2) désigna j pour son successeur au royaume d'Italie et à l'empire ^ son oncle Louis-le-Germanique.
Les peuples d'Italie voyaient, avec plus d'inquiétude encore que l'empereur lui-même, s'apjMrocher le terme d'une vie glorieuse et toute eonsacrée au soin de leur défense et de la prospérité ccmimune.
L'apparition d'une comète , au mois de juin %75 , vint fortifier, dit Giulini, ce pressentiment
(1) Giulini, lib. vi, ami. 876.
(2) PUFTENDORFF, Itttrod. à Chist. de L'Univ,, T, v, ^iv. V, chap. II. Emp. (tAllem., ijonis II, ann. 875.
général. L'empereur Louis mourut le 12 août de cette année, à Bre8cia(l). Antoine, évèquede cette ville , le fit inhumer avec pompe dans Véglise de Santa-Maria.
A cette nouvelle j Ansperto j archevêque de MHan, se hâta d'expédier son archidiacre auprès de l'évèque de Brescia , avec ordre de lui demander la rémise des dépouilles mortelles de TempereuT. Sur le refus d'obtempérer à cette injonction, Ansperto écrivit aux évêques de Bergame et de Crémone , de se porter à Brescia avec tout leur clergé , ainsi qu'il allait le faire lui-même à la tête du clergé milanais (2). Ce dut être un singulier spectacle que l'apparition aux portes de Brescia de ces trois pieuses troupes, sorties instantanément de Milan, de Crémone et de Bergame , revêtues de chasubles , armées de croix, de cierges et de banderoles sacrées, chantant des cantiques et marchant processionnellement à la conquête pacifique des restes mortels d'un empereur. L'émotion fut grande dans Brescia, à la vue de cette imposante procession : force fut à l'évèque Antoine d'ouvrir les
(1) GfiiLiNi, lib. MI. Et non à Milan, comme l'oDl dit Voltaire, le président Hènault, la plupart des hislorieos français et Puffendorff.
(2) Vfrry, t. I-, p. 107. — GUiLiNi, T. v\ lib. VI, p. 356.