‹ Histore de la conquête de la LombardieChapitre 216 sur 380 · LIVRE IV. — CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE IV. — CHAPITRE V

lardie à cette grande perte, que son roi, quand [ lui fut ravi , n'était âgé que de cinquante-trois ns !

Une diète fut réunie à Pavie en septembre ,

lois qui suivit la mort de Louis II : l'impéra--

rice, veuve Angilberge, y assista. Là, fut prise,

it Giulini , la désastreuse détermination d'offrir

imultanément le royaume de Lombardie à Char-

î8-le-Chauve et à Louis-le-Germanique. Ces

eux princes , ignorant ce qui se passait à Pavie,

'étaient mis en mesure , chacun de son côté ,

our s'assurer la possession de ce nouvel héritage.

Le roi de France traverse les Alpes en toute

iâte, à la tête d'une armée nombreuse. De son

Mé Louis fait passer en Italie avec un corps de

Hipes, son Gis Charles, appelé Carletto (1)

ries Italiens, sans doute pour le distinguer

Charles-le-Chauve, son oncle. Bérenger, duc

Frioul, qui va devenir si célèbre, réunit ses

ipes à celles du jeune prince ; mais Charles-

hauve avait pris les devans , s'était emparé

àvie et y agissait en maître.

îette nouvelle, l'armée de Germanie se li-

IX plus graves désordres dans les environs

rgame. La voix , les menaces des chefs no

ULIM. Petit Charles. Plus lard on Tappela Charles-

peuvent ramener à Tordre ces furieux gorgés de 8ang et de pillage : les habitans des contrées dévastées abandonnent leurs foyers et se retirent dans les montagnes. Charles-le-Ghauve, voyant son neveu et son allié débordés par Tindiscipline et le désordre toujours croissans de leur armée , marche droit sur la Bavière.

Louis envoie à sa rencontre un autre de ses fils avec de nouvelles troupes ; les deux princes, au moment d'en venir aux mains, concluent une trêve de trois mois. Les Germains reprennent le chemin delà Bavière etCharles-le^aave retourne en Italie (1).

Louis avait incontestablement plus de droits que son frère à la couronne impériale et au royaume de Lombardie. Il était l'aîné de Charles-le-Chauve , et le testament du défunt empereur l'instituait son héritier. Jean VIII, mieux que personne , avait dû connaître dans les coaférences de Vérone les intentions de Louis II "=* sans doute il les avait approuvées ; mais la pD^ litique de Charles-le-Chauve s'était aisémei^ rendu favorable l'esprit fougueux du pontife^ Aux droits qu'eût pu faire valoir Louis de Ger-^ manie , le roi de France opposa de ces raisons^

l) C^ituiNi, lib. VI.

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d'Ëtat devant lesquelles le droit trop souvent fléchit.

Louis de Germanie , dit Charles , est menacé d'une mort prochaine; ses trois fils vont ailiEdblir son royaume en le partageant entreux; tandis que moi , je n'ai qu'un fils , toute ma puissance passera à cet héritier; et , avec ma puissance , je lui léguerai mon amour et mon dévouement pour le Saint-Siège dont il sera le plus ferme appui.

Ces raisons, ce langage, furent appuyés par la présence d'une armée française ; mais la menace était superflue : Jean VIII opposa d'autant moins de résistance , que Charles déclara hautement recevoir l'empire comme un présent du pontife (1)... Le pape le proclama solennellement empereur, le 25 décembre , jour de Noël.

(1) « Les continuateurs d*Eutrope, dit le président Hé^

* Qault , et non Ëutrope , comme le prétend le père Daniel,

*^ sont les seuls de tous les écrivains qui avancent que ce

*^ iHÎnce, pour prix de son couronnement, renonça, en fa-

^ ^eur du pape, aux droits qu'il avait sur la partie de Tlta-

^ lie dépendante de l'empire d'Occident , telle que les dn-

^ ^cbés de Bénévent et de ^xiletti, ainâ qu'au droit de

^ présidence aux élections des papes. Il est vrai, ajoute le

^ |>résident Hénault, qu'il consentit à ne compter les années

"^ ^ie son empire que du jour de sou couroaneiiient par les

** papes.

» Concession dont les papes ont depuis tiré un grand *^ avantage. »

Charles profite de la première disposition des esprits : sans s'inquiéter d'une invasion deLiOuisle-<jermanique en France y et des ravages qnj commet l'armée de son rival j il songe d'abord à consolider sa nouvelle puissance en Italie^ et à la cimenter le plus solidement possible. H convoque (1), à Pavie, une diète que préside Ansperto y archevêque de Milan , les évéques et abbés du royaume d'Italie, dix-huit vicomtes , dix comtes, et le fameux Bosorty frère de RichUde, femme de Charles-le-Chauve , assistent à cette assemblée.

On voit, dans l'acte rédigé par la diète de Pavie , que le clergé sut immédiatement constater et mettre à profit les concessions qu'avait faites aux prérogatives des pontifes romains et des évéques, l'impatiente ambition de Charlesie-Chauve. « Puisque la bonté dmne , » est-il dit dans cet acte , a par les mérites des saints » apôtres et par leur vicaire , le seigneur Jean, » vous a ÉLEVÉ à l'empire , nous vous élisons ^^ pour notre protecteur et seigtieur. » Ces paroles sont significatives ; elles énoncent clairement et tendent à établir le double droit, pour Romo, de donner l'empire , et, pour les diètes, d'élite

(i) Gli'LUNi, février, 876.

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