‹ Histore de la conquête de la LombardieChapitre 217 sur 380 · LIVRE IV. — CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE IV. — CHAPITRE V

les rois. Pour combattre les conséquences for* cées qu'on voulut plus tard en tirer à Rome, les rois de la troisième race ont adopté , dans la suite, cette fameuse formule si décriée par notre époque, qui dénature et blàine toutes les choses du passé. Nos monarques se dirent dans leurs ordonnances^ rois par la grâce de Dieu, non seulement par piété , mais encore , comme le dit le président de Hénault, pour marquer leur indépendance des papes , qui s'arrogeaient alors le droit de disposer des couronnes (1). Ainsi, les esprits forts de nos jours n'ont fait qu'im. grossier contre-sens dans l'interprétation de cette noble formule. Pépin et Charlemagne ne se disaient-ils pas, eux aussi^ rois par la clémence de Djeu/ Or, on doit se rappeler que^ loi*squ'en 813 l associa latné de ses fils à Uempire , Charletiagne s'étant agenouillé avec Louis au pied du mctuaire , et ayant déposé la couronne impéde sur l'autel, ordonna au jeune prince de la eiidre et de se la poser lui-même sur la tête. . . el put être le but du grand homme , si ce )t de bien expliquer aux seigneurs de son we, aux évêques et aux pontifes de Rome^

Hist. de France, par le président HÉNAri/r, T. T' ; c, Charles-le-Cihaiivo.

les-le-Chauve y avait acquis après la mort de Lothaire, leur neveu,

Gharles-le-Gros n'eut que la Suabe.

Aveuglé y par son insatiable ambition, sur la situation des peuples soumis à sa puissance; oubliant que la France est incessamment dévastée par les Normands ; sourd à l'appel de Jean YIII qui, lui rappelant l'exemple de Louis H, invoque son secours, comme empereur, contre de nouveaux désastres qui fondent sur l'Italie, Gharles'le-Chauve marche imprudemment à la tête d'une armée contre les fils de son frèrCi

Louis est le premier en campagne pour repous?ser cette injuste agression. Les deux armées se rencontrent près de la ville d^Andenare [i). Une déroute complète punit"Charles-le-Chauve de sa coupable témérité. i. Le vainqueur n'a pas le temps de jouir des fruits de son triomphe : la mort vient le surprendre au milieu des joies de la victoire. Les deux frères de Louis , Charles de Suabe et Garloman , arrivent pour porter le dernier coup à l'armée impériale, si leur oncle ose vouloir prolonger les hostilités. Mais, honteux de sa défaite , hors d'état de soutenir le choc des troupes coalisées , pressé d'ailleurs par les nou-

(1) PUKFEND., Emp. d'AUein,, T. v, liv. \, chap. il, ann. 876.

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