‹ Histore de la conquête de la LombardieChapitre 226 sur 380 · LIVRE I". — CHAPITEE l · texte numérisé non relu

LIVRE I". — CHAPITEE l

quer la couro&ne impériale y enhardissent Gar-^ loman <laiis iSes vues ambitieuses. Le pape lui ayant refusé le serment de fidélité parce qu'il n'est pas empereur, les envoyés de Germanie demandent à lean VIII de proclamer leur maître empereur d'Occident. Carloaian était loin de Rome; la déconvenue qui avait suivi sa première apparition en Italie; sa fuite honteuse avec toute son armée devant des troupes saisies d'une même terreur panique, le triste état de sa santé qui ne lui promettait pas de longs jours ^ et pms un reste de oette habitude que s'était &iie Rome de s'étayer^ depuis un siècle j sur la puissance des rois et des princes francs ; tous ces motife réunis donnaient pour Le moment peu de chances de succès à la cause germaine abandonnée à de simples émissaires. En l'absâice de deux rais y dont Tun, fils de Louis-le-6er*

ou'iï annonça , en partant de Pavie , son prochain retour dans la féOinsule pour s*y faire couronner roi.

AiAsi Carioman , en publiant de» chartes comoie roi d'Italie , a usé du seul droit du plus fort , sans avoir fait sanctionner le droit de la victoire par le vote des grands 4« i^ple et des évêques. Il ne f«t /oouroiiné ni à Pàvie ni à Rome ; mais il ne s'en arrogea pas moins l'autorité des rois de Lonfbardie. *

* On peut citer, entre autres actes qui éiabHsseut le règne de Carloman en Lombardie, un testament d*Ansperto, archevêque de Iflllan , où ou lit : Karlomauus diviiià proviaentiA ordinante^ rvx MéOngohardorum in ftaliâ, anno regnicjunerHMdo* (Mobatori, Antic. ftmUi, Olisert. M. )

manique, convoitait si impatiemment Fempic^, dont l'antre , fils de Gharles-le-Chanve j taàTdait tant à se prononcer, mais pouvait pins Vmrd punir le Saint-Siège de trop de hâte s'il se laissait intimider par la parole menaçante des envoyés de Carloman , Jean YIII crut prudent et sage de temporiser. Sur son refus d'obtempérer aux vœux impérieux et pressans de Carloman, les émissaires de ce prince perdent toute mesure à l'égard du pontife. Aux menaces succèdent les effets : secondés par les ducs de Toscane et de Spoletti , ils s'assurent de la personne de Jean YIII , et le tiennent sous bonne garde et comme en une étroite prison (1). Ils espèrent y par ces mauvais traitemens, lasser sa constance et arriver à leur but ; mais leur colère s'use en vains efforts : le 'pape résiste ; Rome et ritalie sont bientôt instruites de la brutale violence dont est victime le chef de la chrétienté; un cri unanime de menace et (rindignation s'élève partout où en parvient la nouvelle ; enfin Rome éclate, elle s'arme : on marche contre les geôliers du pontife, qui n'ont cpie le temps de se soustraire , par une prompte fuite , à de dures représailles.

(1) UlliLlNl.— iMURATOni.

LIVRR I*'. — CHÀHTRE l•^ 69

liais à peine sorti de ce péril^ le pape en vit surgir un plus imminent, plus redoutable encore. Les Sarrasins reparurent aux portes de Rome. Â la veille d'une ruine inévitable , Jean YIII , qui n'avait ni le génie ni les ressourees de Léon lY, fit , mais avec moins de honte qu'un roi de France, ce qu'avait fait naguère Gharles-le^hauve : il traita avec le$ infidèles pour arracher aux dernières horreurs la ville de Rome , qu'il n'était ni dans sa puissance , ni dans sa mission de défendre par les armes ; et il convint de payer aux bandée musulmanes vingt-cinq mille marcs d'argent chaque année. Cette convention n'était qu'une trêve dont les conditions devaient toujours augmenter de rigueur à mesure que le Saint-Siège verrait s'affaiblir et se retirer l'appui que lui avaient créé l'épée et la politique de Charlemagne.

Jean YIll comprit toute la portée critique d'une telle situation. Déjà on était loin du temps où y sur un simple appel des populations enva^ hies y un roi de Lombardie y Pépin , Bernard ou Louis 11, marchait en toute hâte contre les barbares ; un monarque portait bien encore ce titre, mais il habitait une contrée lointaine ; d'ailleurs ce prince qui vivait au fond d'une cour de Germanie, c'était Garloman, el Ton sait les d^oi^^

70 DBUXIÈME ÉPOQUE.

récens qu'avait acquis Jeaii VIII à sa laites.

Depuis long*temps on s'était déshabitué Rome de tourner les regards vers le dans un moment de péril ; il ne restait donc a pape^ en ces graves conjonctures ^ qu'à s'ad ser à la cour de France. Sentant le besoûi d s'aisiifer par lui-même des dispositHms du fiC de Charles^ie-Chauve et de ce qu'il peut en tendre de secours , Jean YIII part inopinéme pour ce royaume ^ annonçant à Lonia-le-Bèg». et aux évéques de France y d'Allemagne et d'K talie j que son dessein est d'y tenir un conciM universel^ pour remédier aux maux extrêmes d l'Église.

D'abord le pontife se rend à Arles (1). son l'y reçoit avec la plus grande pompe et ^ prépare, par ses flatteries, le succès d'une p^^' tiedes ambitieuses vues qu'il nourrit en secret-

De cette ville, le pape se dirige vers Troy0«^ en Champagne, où le roi de France est retem^^ par une maladie. . . . C'est là que Jean VIII coca'^ voque son concile. Le faible fils de Charles-1&^ Chauve n'avait été reconnu roi de France qu*a^' près avoir promis aux évéques de faire jouir

(1) Ann. 878.

Page 1